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« Lulu » à Paris, la nostalgie du Velvet de Lou Reed

Mardi 8 Novembre 2011 à 18:01 | Lu 3834 fois I 1 commentaire(s)

Anne Dastakian - Marianne

La « Lulu » de la troupe du Berliner Ensemble, mise en scène par Robert Wilson, présentée à Paris dans le cadre du Festival d’Automne, vaut surtout par la grâce de la musique de Lou Reed.


A l’heure où s’achevait, à l’Opéra Bastille, une passionnante production de l’Opéra éponyme d’Alban Berg, mise en scène par Willy Decker, nul doute que la dizaine de représentations parisiennes* au Théâtre de la Ville, fera salle comble et s’achèvera par une standing ovation. Mais ce succès est plus dû au formidable travail des acteurs et musiciens du Berliner Ensemble, et à la musique de Lou Reed, qu’au travail - un brin répétitif et ultraformaliste - de Bob Wilson.

On avait déjà pu admirer l’Opéra de quat’sous de Bertold Brecht et Kurt Weil, voici deux ans, né de la même collaboration. L’admirable Angela Winkler, en Jenny, et tous les comédiens, irradiaient la scène dans un repertoire qu’ils maîtrisent du bout des doigts.

Elle est tout aussi merveilleuse en Lulu, d’abord vêtue en Pierrot puis en poupée noire en gants verts. Mais Frank Wedekind, l’auteur de la pièce, ou un spectateur non averti, auraient sans doute du mal à y retrouver leurs petits. Plutôt que suivre l’intrigue, Bob Wilson découpe la pièce en plusieurs séquences, chaque fois baptisées « la mort de Lulu », suivies d’une lettre-A,B,C,D.

Comme toujours chez ce maître des lumières, se succèdent de superbes scènes (surtout dans la seconde partie du spectacle, où les effets de noir et blancs sont magiques) où l’on reconnaît vaguement quelques épisodes de Wedekind, grâce à quelques noms lâchés par les acteurs. Ceux-ci, affublés de coiffures dressées au défi de la gravité, et grimés à l’extrême, sont moins figés que dans les autres mises en scènes récentes de Bob Wilson. Les mêmes éclats sonores burlesques, généralement accompagnés d’effets de néons colorés, font parfois penser à Chaplin et éclater le public de rire – mais quel rapport avec Lulu ?

La véritable originalité de ce spectacle, est finalement la musique de Lou Reed, superbement interprétée par les musiciens du Berliner Ensemble. Pourtant, le rocker bientôt septuagnéaire ne s’est pas vraiment foulé pour son collègue et ami newyorkais. Il a signé un seul titre original pour cette Lulu, intitulé Brandeburg gate, où il cite Peter Lorre, Nosferatu, Klaus Kinsky.

Toutes les autres chansons sont anciennes : I remember, A gift, City lights, Vicious circle, et enfin Sunday morning, datant du Velvet Underground ! Chantées en anglais, avec un léger accent allemand, elles font du reste furieusement penser au Velvet à l’époque de Nico !

*Jusqu’au 13 novembre au Théâtre de la Ville En allemand surtitré. Réservations : 01.42.74.22.77








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