Libye: il est possible de sortir de «l'enlisement»
Vendredi 22 Avril 2011 à 12:01 | Lu 9046 fois I 158 commentaire(s)
Etienne de Durand sur Ultima Ratio - Vent des Blogs
Alors qu'au bout de quelques semaines d'intervention, on parle déjà d' « enlisement » en Libye, Etienne de Durand critique l'immobilisme et l'indécision de l'Otan. Selon l'auteur, la France ne devrait pas hésiter à armer les insurgés plutôt que de se défendre de toute intervention terrestre.
La stagnation sur le front libyen, et les débats grandissants qui s’en suivent, appelaient naturellement un commentaire, sans exclure d’ailleurs quelques digressions à prétention didactique. Sur le fond, pourtant, pas grand-chose à ajouter à l’analyse proposée il y a 15 jours sur ce blog.
Emballement et enlisements
Tel le chœur antique, des voix de plus en plus nombreuses nous mettent en garde contre le spectre d’un enlisement. Techniquement, c’est inexact : on voit mal comment une opération vieille d’à peine trois semaines pourrait s’embourber à la manière du Vietnam ou de l’Afghanistan – même dans ces deux derniers cas, le « bourbier » a commodément désigné et donc recouvert des phases très différentes. Dans le monde d’urgence permanente où nous vivons, il faut toujours aller vite : c’est le rythme économique, celui de la décision politique et bien sûr celui des media. Mais la guerre, elle, a toujours une certaine épaisseur : les campagnes éclair de quelques semaines sont l’exception, les conflits sur plusieurs années la règle. Aujourd’hui, c’est le plus souvent la sphère médiatique qui s’embourbe car le rythme du conflit ne s’adapte pas à celui des chaînes d’info en continu : difficile de refaire le coup de CNN en 91, et de parler dans le vide, sans image, pendant des semaines.
Emballement et enlisements
Tel le chœur antique, des voix de plus en plus nombreuses nous mettent en garde contre le spectre d’un enlisement. Techniquement, c’est inexact : on voit mal comment une opération vieille d’à peine trois semaines pourrait s’embourber à la manière du Vietnam ou de l’Afghanistan – même dans ces deux derniers cas, le « bourbier » a commodément désigné et donc recouvert des phases très différentes. Dans le monde d’urgence permanente où nous vivons, il faut toujours aller vite : c’est le rythme économique, celui de la décision politique et bien sûr celui des media. Mais la guerre, elle, a toujours une certaine épaisseur : les campagnes éclair de quelques semaines sont l’exception, les conflits sur plusieurs années la règle. Aujourd’hui, c’est le plus souvent la sphère médiatique qui s’embourbe car le rythme du conflit ne s’adapte pas à celui des chaînes d’info en continu : difficile de refaire le coup de CNN en 91, et de parler dans le vide, sans image, pendant des semaines.
Ici, pourtant, l’apparition du terme dénote une inquiétude bien réelle, et pas entièrement dénuée de fondement. Non que l’emballement médiatique soit absent : il n’a pas fallu un mois pour qu’on assiste à des dissensions très parisiennes, certains préférant quand même les certitudes de la critique anti-impérialiste aux fondements friables du droit d’ingérence armée. Ces querelles témoignent d’un début d’effritement de l’opinion (ou de ses faiseurs) en France même. Si même le camp des belles âmes ne peut s’entendre sur une intervention humanitaire, cela augure mal des réactions en cas de vrai bourbier (...)
Lire la suite de cet article d'Etienne de Durand sur Ultima Ratio.
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