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Les pionniers du logiciel libre dénoncent les brevets industriels

Bernard Maris | Mercredi 24 Septembre 2008 à 15:14 | Lu 8214 fois

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. La Journée mondiale contre les brevets logiciels remet sur le tapis cette question récurrente : faut-il ou non généraliser les brevets ? Un débat qui divise même la Commission européenne et le Parlement européen.



Les pionniers du logiciel libre dénoncent les brevets industriels
La Journée mondiale contre les brevets logiciels, mercredi 24 septembre, est soutenue en France par les pionniers du logiciel libre et notamment l’April (Association pour la promotion et la défense du logiciel libre). Qu’est-ce qu’un logiciel libre ou ouvert ? C’est un logiciel dont le code source est du domaine public, que l’on peut utiliser, copier ou transformer à son gré, à condition de signaler à la communauté des développeurs et des programmeurs les transformations que l’on a apportées à ces logiciels.

Pour cette raison, par cet effet de réseau, parce que de nombreux programmeurs travaillent à améliorer un bien commun, les logiciels libres (dont Linux est évidemment l’emblème) sont très efficaces et très recherchés aujourd’hui. Ils permettent des adaptations faciles, ce que l’on appelle une grande « interopérabilité ». Ainsi, des entreprises peuvent facilement se brancher sur eux et les modifier à leur gré. En clair, le logiciel libre c’est comme une recette de cuisine dont les ingrédients sont connus. Vous pouvez la modifier, mais il faut le dire.

A l’opposé d’autres logiciels sont fermés, secrets. Leur code source n’est pas ouvert au public. La recette de cuisine est secrète et seuls les cuisiniers de la maison – Microsoft pour ne pas la nommer – concoctent la sauce. Ces logiciels sont protégés.

Le brevet, ennemi du progrès ?
Faut-il ou non généraliser les brevets ? Oui, disent les grosses firmes. Non, disent les développeurs de logiciels libres car vous allez tuer la recherche. Réponse : sans brevets, pas de recherche. Si tout le monde peut piller tout le monde, pourquoi chercherait-on ?

Que répondre à cela ? Trois choses. 1) Les logiciels sont déjà protégés par le droit d’auteur, une garantie importante pour l’inventeur. L’auteur décide des modalités d’utilisation et de diffusion de son œuvre. 2) Comment travailler en matière de logiciel sans intervenir sur des logiciels déjà existants ? La recherche en ce domaine est cumulative, c’est du savoir qui s’ajoute au savoir. Le brevet, lui, coupe en rondelles le savoir et ne permet pas de progresser. 3) Enfin, le brevet relève de l’industrie, de la technique. Le logiciel, lui, dépend des formules logiques et mathématiques, des algorithmes qui existent indépendamment de l’ordinateur (machine) qui les met en œuvre.

Qui a raison ? La Commission et les conseils de ministres européens sont favorables aux brevets, le Parlement européen a voté contre en 2005. Difficile de dire qui gagnera...


La phrase du jour : Michel Rocard, qui s’est prononcé contre les brevets logiciels : « Un théorème n’est pas brevetable. »


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  • Par VIGO HECTOR le 31/07/2010 à 14:57

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  • Par Z B le 31/07/2010 à 14:52

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