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Les fossoyeurs de l'emploi: l’exonération sur les heures sup

Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 23 Décembre 2009 à 07:01 | Lu 12720 fois

Marianne2 fait le bilan des réformes qui contribuent à fragiliser l'emploi en France. Après les auto-entrepreneurs et le cumul emploi-retraite, le dispositif d’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires. Une réforme phare de Nicolas Sarkozy répondant au fameux slogan « travailler plus pour gagner plus ». Mais une réforme qui coûte très cher à l’Etat et… à l’emploi.



«Travailler plus pour gagner plus Â», c’est l’arnaque originelle de Nicolas Sarkozy. Et l’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires est la traduction concrète de ce piège à gogos. Le coût annuel de cette mesure est exorbitant pour l’Etat : 4 milliards d’euros. Soit quatre fois plus que le déjà très détestable bouclier fiscal en 2008 !

Mais pire que tout, cette exonération sur les heures sup ne crée pas d’emplois. Et pour cause : le dispositif encourage les employeurs à ne surtout pas embaucher (voire les incite à débaucher) puisqu’ils ont tout intérêt à faire peser la charge de travail sur les employés déjà en poste dans leurs entreprises, le tout payé en heures supplémentaires en version allégée ! Pour les patrons, l’addition est moins salée. Tandis que ceux qui ne « travaillaient pas Â», grâce à Nicolas Sarkozy, peuvent se « brosser plus Â»â€¦

En mars dernier, le magazine Alternatives économiques , soutenu par Marianne, lançait une pétition appelant à « arrêter les frais Â» des « heures supplémentaires Â». Dans ce texte, le préjudice causé par ce très malin dispositif était évalué à « 90 000 emplois à plein temps ». La pétition a recueilli pas moins de 34 000 signatures et a été adressée à plusieurs responsables politiques. Certains se sont fendus d’une réponse.

Le fidèle et inusable François Fillon, par exemple, estime dans son courrier qu’il n’y a pas d’« interaction Â» entre la réforme menée par son gouvernement et l’évolution du chômage. Nicolas Sarkozy fait de même. La réponse apportée par la ministre de l’Economie adorée des médias Christine Lagarde est plus « intéressante Â». Elle aussi estime « erronée Â» l’idée que la mise en pratique du « travailler plus pour gagner plus Â» ait pu influer sur l’emploi : « Confrontées à un choc économique, écrit-elle, les entreprises peuvent ajuster leur masse salariale en modifiant le temps de travail moyen ou les effectifs. Les exonérations sur les heures supplémentaires (…) introduisent un élément de flexibilité sur le temps de travail qui permet en conséquence de limiter l’ajustement sur l’emploi en période de ralentissement. Â» En clair, si l’on suit le raisonnement de Christine Lagarde, cela permet aux entreprises de ne pas avoir à licencier en cas de « ralentissement Â» de leur activité et de jouer sur le volume des heures travaillées. Une logique que l’on peut inverser : en cas de hausse de l’activité, ça ne les pousse pas plus à embaucher !





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