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Les bourrelets de Sarkozy, la bague de Dati: pas vus mais connusRégis Soubrouillard | Vendredi 21 Novembre 2008 à 19:01 | Lu 24637 fois
Après les bourrelets et le garde du corps du président effacés par Paris-Match, c'est Rachida Dati qui a fait l'objet d'une attention prévenante de la part du Figaro. Le journal a fait disparaître de la main de la garde des Sceaux une bague d'une valeur de 15.000 euros.
En son temps, le Président Mao exigeait d’apparaître flamboyant dans chacune des représentations que l’on faisait de lui: rajeuni, amaigri, dents blanchies etc.
En démocratie, la pratique qui consiste à retoucher l’image des représentants du pouvoir est devenue, elle aussi, obligatoire. A ceci près, que, circonstance aggravante, nos médias dits « libres » ne répondent pas directement à une injonction du pouvoir suprême. Ils anticipent, le plus souvent, ses exigences présumées animés par la crainte de froisser l'ego de l'un ou de l'autre. Sarko débarrassé de ses bourrelets Déjà l’Express avait dévoilé en août 2007 comment Paris Match avait « gommé » les bourrelets du président à peine élu, devançant ainsi les desiderata du souverain. A l’époque, Le Parisien avait révélé que cette « opération de retouche esthétique » avait été effectuée « sous l’autorité du directeur de la rédaction de Paris-Match, Olivier Royant ».
La troisième jambe de Sarkozy
Depuis, l’hebdomadaire d’Arnaud Lagardère s’est fait une spécialité de la retouche de l’image présidentielle. En septembre 2008, c’est le site purepeople.com qui dévoilait qu’un garde du corps présidentiel avait été effacé d’une photo. Manque de chance, l’infographiste avait oublié de gommer une jambe du bodyguard affublant ainsi Sarkozy d’un troisième membre. A l’époque, la société des journalistes de Paris Match s’était offusquée de ces méthodes : « l'altération des photos déforme la réalité et doit être, en ce sens, strictement interdite. Seules les techniques traditionnelles de cadrage, de réajustement des contrastes, des échelles de couleurs, sont tolérées». Le photographe « officiel » du couple présidentiel, auteur dudit cliché, s’était défendu en expliquant que « depuis l'avènement du numérique, les photos (...) sont évidemment retouchées, on rend nos photos plus esthétiques».
Du retour de l'autocensure
La dernière opération en date est encore d’une autre nature. Plus politique. Pointée du doigt par des magistrats et sommée dans une lettre de présenter des «excuses publiques», la garde des Sceaux a répondu aux critiques dans une interview au journal. Le service photo du Figaro n’a pas retouché le physique de Rachida Dati mais a fait disparaître d’une photo de la garde des Sceaux une bague d’une valeur de 15.000 euros. C’est L’Express qui a révélé jeudi l’information . «On assume », répond la rédactrice en chef du service photo du Figaro. « On ne voulait pas que la bague soit l’objet de la polémique ». Un succès retentissant. Le Figaro admettant, par là même, qu’en cas de conflits sociaux, le journal n’entend pas polluer la communication gouvernementale quitte à manipuler des images. Une forme d’autocensure qui échappe de moins en moins à l'oeil attentif des journalistes, blogueurs ou simples internautes.
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