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Les banques peuvent-elles encore être sauvées?

Seb Musset - Blogueur associé | Lundi 30 Novembre 2009 à 17:01 | Lu 6228 fois

A l'occasion d'une nouvelle exonération fiscale votée par l'UMP pour les plus riches, Seb Musset s'interroge sur les bénéficiaires d'une telle mesure. Et si c'étaient les banques? En tant que principaux donateurs pour les établissements bancaires, les citoyens devraient peut-être se demander si cela vaut encore la peine de les aider.



Dans le domaine de l’évasion fiscale , il n’y a pas de petites exonérations, surtout lorsqu’elles restent en famille.
Exemple, cette petite triplette passée presque inaperçue dans les flots catastrophiques des épidémies de grippe A et de chômdu déversés hier.

Le principe de la triplette est simple. Il s’agit, avant un scrutin, de se servir de sa force de frappe législative pour satisfaire trois types de clientèle à la fois et faire d’une mauvaise journée pour la plupart, la promesse de meilleurs lendemains pour certains.
Les sénateurs ont décidé de relever à 80 ans l’âge limite des grands-parents donateurs pour une somme exonérée d’impôts plafonnée à 31.272 euros.
Personne. , chez ceux qui ont un peu de pognon, ne s’en plaindra. Ceux qui en ont vraiment beaucoup d’argent, eux, ont pris depuis longtemps leurs dispositions pour ne rien payer du tout, ni en impôt, ni en succession.

Cette proposition cible la classe choyée de l’électorat UMP : le vioque un peu thuné mais pas trop, un peu flippé mais beaucoup quand même, qui ne supporte pas de payer pour les autres ces aides sociales dont, vu son âge, il doit bien bénéficier (non, non : Vous ne me ferez pas écrire que c’est lui qui creuse les déficits...) et qui veut bien donner à sa descendance déclassée du moment que c’est défiscalisé.

Ah 31272 euros c’est une somme ! Oui et non. Car le Seb Musset qui renifle le mal partout et dispose d’une bonne connaissance des ambitions de sa classe d’âge, régulièrement sujette à des délires patrimonialistiques aigus, croit deviner qui sont les vrais destinataires du petit pactole non soumis à l’impôt qui va faire un tabac sous le sapin. Des petits gars dans le besoin :
•    Les banques (rechignant à prêter)
•    Le secteur immobilier* (en pénurie d’acheteurs pour cause de crédits durs à amorcer)


Ah 31272 euros... Pas assez pour dire merde à la société mais, pour peu qu’ils soient cumulés avec le don parental défiscalisé, assez pour constituer un petit apport sympathique pour couples à revenus insuffisants. Se paluchant depuis des années devant M6déco avec l’autre main sur le PEL, ils vont enfin pouvoir décrocher le prêt immobilier tant espéré.

Et voila une petite évasion fiscale interne revigorant les troupes électorales, stimulant le secteur de la pierre, le tout au profit du grand corps malade : la banque.
Bien sur dans un contexte économique plus pourri que jamais, entre les salaires de misère, les destructions massives d’emploi et l’explosion prévisible des charges foncières, le reste du remboursement des jeunes ménages concernés est de l’ordre du pari**.

Permettre d’acheter des maisons à des gens qui n’ont pas les moyens d’en acheter : Ça ne vous rappelle rien ? Non, ce n’est pas possible, je n’ose y croire... l’état ne favoriserait pas ça !
Certes, c’est une piètre aumône pour les banques. Mais bon, quand tout part en couilles c’est toujours ça dans les fouilles.

Sparadrap sur le déclassement, voué à craquer : Que c’est beau la solidarité façon UMP !
Vous aurez compris que ces arrangements fiscaux de classe moyenne supérieure du passé léguant un peu de pognon à sa descendance fauchée ne concernent qu’une modeste partie de la société.

Pourtant, ce sera l’intégralité des français qui, une fois de plus, paiera le manque à gagner fiscal (plusieurs centaines de millions d’euros) de ce qui aurait pu aller, par exemple, au financement de logements sociaux mais qui subventionnera les banques.
C’est l‘inconvénient de la triplette : A la fin, l’argent va à l’argent.

•    marche aussi avec un monospace ou un 4X4 pour ceux déjà propriétaires.

** mais comme on dit dans les salles de marché : « plus c’est risqué, plus c’est gagné ! »

Retrouvez les articles de Seb Musser sur son blog

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