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Les Mariannautes mobilisés contre la loi Hadopi

Sylvain Lapoix | Dimanche 8 Mars 2009 à 13:51 | Lu 15077 fois

Programmée à l'Assemblée nationale pour le mardi 10 mars, la loi Création et Internet, alias Hadopi, excite la colère des Mariannautes: pour la plupart d'entre vous, cette décision sarkozyste de légiférer sur le web est un pas de plus vers la réduction des espaces d'expression libre.



(photo : shym0n - Flickr - cc / http://www.flickr.com/photos/simonrobic)
(photo : shym0n - Flickr - cc / http://www.flickr.com/photos/simonrobic)

« David Pujadas n'en a rien dit Â», note Lancien dans un commentaire citant une article sur la loi Hadopi : voilà qui mesure l'étendue de l'omerta médiatique ! Depuis plusieurs semaines, le reproche revient régulièrement dans les commentaires : pourquoi Marianne2.fr ne parle pas de la loi Hadopi ? « Elle joue avec notre libertée et personne n'en parle ? Même vous ! Â», s'inquiète Sam à la suite d'un article sur la réforme Pécresse. Le texte devant être débattu cette semaine à l'Assemblée nationale, les esprits s'échauffent sur le sujet... à juste titre !

Morano qui communique sur le web ? Un avant-goût de la censure

Sam énumère avec l'impitoyable liste des conséquences de cette loi : responsabilité des abonnés, système de surveillance obligatoire et payant sur les machines, filtrage... le tout se traduisant par des frais dont il donne une estimation mirobolante : « 10 000 emails mitraillés chaque jour, 3000 lettres recommandées envoyées chaque jour et 1000 décisions chaque jour Â»... le tout sans recul et, dans une certaine mesure, automatisé, au détriment de l'internaute et du contribuable qui paiera la facture évaluée à 31 millions d'euros par an par le site d'information Numerama.


Pour Robin, les déclarations anti-web du gouvernement, et notamment de Nadine Morano, ministre de la Famille, vont dans la même direction liberticide : « cette danse du ventre des puissants ne sert qu'à préparer le musellement du dernier espace de diffusion libre des opinions. Â» Charlie Elbow décrypte la stratégie : « obtenir un niveau de phobie suffisant pour justifier les mesures qu'ils imposeront à terme pour acquérir enfin la maîtrise de l'Internet. Â» En un mot : la France a peur... du web !

Pas encore votée, la loi révèle déjà ses limites techniques

Ironie du sort, les outils invoqués pour « filtrer Â» et « contrôler Â» l'usage du web sont déjà jugés inefficaces et dépassés : un citoyenne 57 raconte ainsi avoir désactivé le « contrôle parental Â» d'un opérateur après avoir réalisé qu'il l'empêchait d'accéder à des sites d'info alternative (comme le polémique Reopen911 ) ! Si les thèses présentées sur ce site participatif peuvent être jugées douteuses, il y a de la marge avant de les considérer pornographiques.

Le concept même de « liste noire Â», qui recenserait les sites jugés « dangereux Â» vous paraît techniquement irréalisable à grande échelle et facile à contourner... raison pour laquelle beaucoup imaginent que l'alternative des « listes blanches Â» pourrait s'y substituer. Lancien imagine déjà les sites web choisis : « elysee.fr, suivi de tous les .gouv.fr, , lefigaro.fr, etc... Â» Pour ce Mariannaute, l'étape suivante coule de source : « Permettre à Sarkozy de nommer et de révoquer les site WEB comme il a la possibilité de le faire avec les dirigeants de France Télé. Â»


Sur le plan même de la justice, la loi Hadopi pose un grave problème : basant son évaluation sur des critères purement technique, elle fait fi de la plus élémentaire vérification des motivations de l'Internaute. Comme le rappelle l'argumentaire de Numerama repris par Robin : « la Haute Autorité ne pourra s'en remettre qu'à une seule présomption : le fait que l'accès a été en fait utilisé pour pirater. Â» Ce qui reviendrait à condamner pour un délit une personne ayant porté les vêtements d'un autre pour le commettre. Autrement dit : la loi ne vise pas les pirates !

Il faut être compréhensif : comment le Président est-il censé faire croire qu'il « prend un problème en main Â», quand il n'y connaît rien ? Par une jolie mesure avec un nom charmant (Création et Internet, par exemple), brandit comme un outil contre ces voyous du web qui effraient la ménagère. Avec 50% des classes moyennes sans accès à domicile à Internet selon une étude du Credoc, reste à convaincre les inquiets et le tour est joué. Sans savoir ce qu'elle contient, 74% des personnes interrogés sont favorables à cette répression des pirates. Encore un petit effort et les Français dénonceront leurs propres enfants pour téléchargement illégal.




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