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Lefebvre veut généraliser la jurisprudence DatiSylvain Lapoix - Marianne | Mardi 26 Mai 2009 à 10:54 | Lu 10748 fois
Rejeté par la commission des affaires sociales, le texte de Frédéric Lefebvre, permettant de travailler pendant maladies et grossesses, préfigure la suite funeste du travailler plus pour gagner plus : la fin des congés.Comme pour les heures supplémentaires défiscalisées et le travail le dimanche, le projet d'amendement de Frédéric Lefebvre était entouré de jolies promesses : une meilleure rémunération des périodes de congés, le rattrapage du retard de la France en matière de télétravail, des réductions de charges sociales... Dans les faits, il ne ferait que faire progresser un peu plus le démantèlement du droit du travail en faisant des jours de congés des jours de travail comme les autres (comme Richard Mallié tente de le faire à minima avec le dimanche) et en délestant l'assurance maladie du paiement de ces jours. Rejeté par la commission des affaires sociales, Frédéric Lefebvre l'a assuré sur RTL, l'amendement reviendra car « [il a] des convictions ». Le salarié malade, un salarié moins cher
Extrait de l'amendement 55 à l'article 9 du projet de loi n°1664 / Emploi : faciliter le maintien et la création d'emplois
«Quand vous diminuez les coups fixes d'une entreprise, vous avez moins de bureau, donc vous pouvez faire plus d'embauches, soutenait le député des Hauts-de-Seine. Il faut se poser ces questions ! » Il s'agit surtout de poser toutes les questions qui fâchent en même temps : le projet de loi « faciliter le maintien et la création d'emploi » de Jean-Frédéric Poisson au sein duquel l'amendement Lefebvre avait été glissé, faisait déjà polémique en proposant, entre autres, d'assouplir le prêt de main d'oeuvre. « Le texte de Poisson ne va pas assez loin », déclarait Lefebvre sur RTL. C'est vrai que si demain, tout le monde travaill tout le temps chez, il n'y aura plus besoin de bureaux, ni de métro, ni de bagnoles. Bref, plein de problèmes réglés en même temps ! Et aller plus loin, pour le porte-parole de l'UMP, c'est appliquer bêtement le « travailler plus pour gagner plus » aux congés maternités et congés maladies. Le texte de l'amendement (voir ci-dessus notre extrait) le formule de façon transparente : « L'intérêt de la poursuite du contrat de travail est évident pour le salarié à qui elle permettrait, au minimum, de maintenir sa rémunération, à nombre d'heures de travail effectuées équivalent. » Pauvres salariés qui « subissent » les congés maladies, les dimanches chômés et autres oripeaux de traditions sociales antiques ! Mais surtout gentil patron qui peut faire bosser à moins cher son employé malade : comme le précise l'amendement, c'est l'employeur qui s'acquitte du paiement des heures travaillées mais qui pourrait, grâce aux économies réalisées par la caisse d'assurance maladie, se voir offrir des réductions de charges sociales ! Une nouvelle liberté (à l'américaine)
(Photo : Môsieur J - flickr - cc / http://www.flickr.com/photos/jblndl )
Présenté comme ça, le projet ne passerait jamais... C'est pour cette raison que, en bons américanophiles, les grands chefs de la tribu présidentielle entoure ce blasphème social du joli mot de « liberté ». « Liberté des heures supplémentaires », « liberté de choisir de travailler le dimanche »... « C'est une nouvelle liberté que nous offrons aux Français », renchérissait Dominique Paillé au point presse de l'UMP lundi 25 mai, évoquant l'amendement de son collègue. Autant tenter le coup maintenant : alors que les « signes de relance » se profilent dans tous les discours ministériels, la peur de la crise et de la perte d'emploi est dans toutes les têtes. Assouplir le marché du travail quand le chômage augmente ? Permettre de grappiller pendant ses congés maladies alors que certains sont obligés de baisser leur salaire ? L'angoisse sur la tempe, certains salariés diraient bien oui à tout pour sortir de la crise... mais une fois la tempête passée, et la loi avec, plus moyen de faire machine arrière et le Medef aura gagné la partie. Lefebvre leur ayant offert d'aimables salariés prêts à bosser, dimanches, congés et fêtes, pour gagner des clopinettes.
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