Marianne2 2012

Le voile? Elisabeth Badinter préfère parler de couches-culotte

Jeudi 11 Février 2010 à 11:12 | Lu 58872 fois I 327 commentaire(s)

Tefy Andriamanana - Marianne

La philosophe sort un nouveau livre où elle dénonce l'allaitement obligatoire. Elle est en revanche plus discrète sur la question du voile. Elle avait d'ailleurs refusé de répondre aux questions de Marianne2 sur le sujet. Elle était l'invité spéciale de France Inter le jeudi 11 février.


Capture d'écran - France Inter
Capture d'écran - France Inter
Il fut un temps où les féministes se battaient pour le droit de vote des femmes, la contraception, l'avortement ou même le droit de mettre un pantalon. Puis elles ferraillèrent pour l'égalité des salaires hommes-femmes, contre les violences conjugales, et contre tout ce qui contribue à diminuer la femme.

Il semblerait que les féministes d'aujourd'hui considèrent que tous ces combats ont été couronnés de succès, que les femmes sont désormais aussi bien payées que les hommes, qu'elles ne se prennent jamais de gnon à la maison, qu'elles ne sont pas obligées de se voiler sous la pression de leur entourage. Sinon, comment expliquer que les plus engagées d'entre elles se consacrent à des causes comme l'allaitement maternel ou les couches-culottes?

Ainsi d'Elisabeth Badinter, qui estime avoir trouvé le nouveau fléau machiste : l'allaitement. Pour elle, tout est dû à un « nouveau naturalisme » qui veut « culpabiliser » les femmes et les enfermer dans leur rôle de mère. Une thèse qu'elle développe dans son dernier ouvrage Le conflit, la femme et la mère (Flammarrion) et qu'elle a longuement expliquée sur France Inter le 11 février.

« Il s'est développé ces 30 dernières années un modèle de mère idéale avec de nouvelles obligations de plus en plus lourdes pour se conformer à la nature », dit-elle. Et de dénoncer une « décision de l'OMS et de l'Unicef à la suite de pressions très fortes fortes d'association d'origines américaine en particulier lié au mouvement chrétien traditionaliste ».

Duflot et les brocolis bio

Et Badinter a trouvé le nouveau symbole des droits de la femme : la couche jetable. Après Moulinex, c'est Pampers qui libère la femme. Elle dénonce d'ailleurs le projet de taxe sur les couches jetables lancé en septembre 2008  par Nathalie Kosciusko-Morizet, du temps où elle était secrétaire d'Etat à l'Ecologie. « On fait passer nature avant les libertés féminines (…) ces couches jetables ont été un des aspects de la libération des mères », s'insurge la philosophe.

Les écolos en prennent pour leur grade et notamment Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts . « La bonne mère écologique pour Mme Duflot, c'est une femme qui allaite, lave elle-même ses couches, fait des brocolis bio pour ses enfants » lance-t-elle.

Fille de pub

Si elle mène un respectable combat contre les diktats bobos, Badinter est en revanche un peu plus discrète sur un thème qui devrait pourtant l'inspirer : la candidate voilée présentée par le NPA dans le Vaucluse pour les Régionales. Certes, elle s'est dite « accablée » par cette affaire. Mais la question méritait un peu plus que ce service minimum.

Récemment, Marianne2 a voulu recueillir sa réaction sur ce sujet. Réponse de son attachée de presse: Madame Badinter ne souhaite pas perturber la promotion de son livre en évoquant la question du voile. Il est vrai que le terrain des couches et des petits pots est moins brûlant.








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