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Le président américain pourra-t-il financer son programme?Bernard Maris | Lundi 3 Novembre 2008 à 07:00 | Lu 8280 fois
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain, qui a posé ses valises à New York à l'occasion des élections américaines. Aujourd'hui, il s'intéresse plus particulièrement aux promesses des deux candidats en matière d'impôts… donc de déficit.
Quel sera le déficit américain que trouvera le prochain président des Etats-Unis ? Personne ne le sait vraiment. Ne le savent surtout pas les deux candidats, Barack Obama et John McCain. Pour l’instant on sait que le déficit actuel est de l’ordre de 500 milliards de dollars soit un peu plus de 3.2% du PIB américain. Ce qui, après tout, est du même ordre de grandeur que le déficit français. Mais ce chiffre ne prend pas en compte le plan de sauvetage des banques dont une large partie sera financée par de l’endettement à très court terme. Grosso modo, à quelques dizaines de milliards de dollars près, on devrait être autour de 1000 milliards. Mais ici, à New York, même si tout le monde parle d’elle, la crise n’existe pas. Quant au déficit, c’est un mot qui n’existe pour personne.
Pourtant derrière le déficit se trouve la question de l’impôt. Et ça, c’est autre chose. C’est l’une des questions majeures de l’élection. Ce qui est totalement nouveau, d’après le Wall Street Journal, c’est que les républicains ne sont plus les patrons sur le terrain de l’impôt, terrain qu’ils occupaient depuis Reagan et la famille Bush. Les républicains qui passent dans le camp démocrate le font en chantant : « Il n’est plus possible de baisser les impôts si nous voulons sortir de la tempête ». Mieux : un dernier sondage, toujours publié par le Wall Street Journal, indique qu’Obama est mieux avisé que McCain en matière d’impôt pour une majorité d’électeurs. Obama a promis de baisser les impôts de la classe moyenne. 2900 milliards de dollars en 10 ans, ce qui est considérable. Il n’augmentera les impôts que de ceux qui gagnent individuellement plus de 200000 dollars ; ou 250000 dollars par famille. Dans le but de financer un programme de santé pour tous.
Pour McCain, plus les riches sont riches, moins les pauvres sont pauvres McCain, lui, propose de baisser les impôts de 4200 milliards de dollars sur 10 ans, en espérant voir jouer le « trickle down effect ». Mot à mot, le « ruissellement vers le bas » de la richesse. Sous-entendu, plus les riches s’enrichissent, plus les pauvres en profiteront : c’est la politique Reagan, qui a conduit à une explosion des inégalités. Dans les impôts visés par le candidat républicain, l’impôt sur les sociétés qu’il voudrait ramener à 25% en 2015. On le voit, on est encore dans la politique de l’offre. Mais le problème, c’est que la crise qui s’annonce va faire s’effondrer les recettes fiscales ! Le prix Nobel Edmund Phelps, connu pour des sympathies plutôt démocrates, prévoit une hausse du chômage pouvant aller jusqu’à 10%. Avec un tel recul de l’activité, comment le président pourra-t-il financer son programme ? Par la dette dira-t-on, les Etats-Unis ont l’habitude. Mais n’est-ce pas entrer à nouveau dans la spirale endettement-consommation qui avait conduit à la crise actuelle ? Les phrases : « Comment relancer l’économie sans baisser les impôts ? », John McCain. « Si chacun profite de la prospérité pour partager, chacun gagnera », Barak Obama. Retrouvez les chroniques de Bernard Maris sur France Inter.
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