Le pire rival d'Hamon, c'est MélenchonGérald Andrieu - Marianne | Jeudi 28 Mai 2009 à 15:01 | Lu 7007 fois
En troisième position sur la liste socialiste en Île-de-France, Benoît Hamon pourrait ne pas être réélu. Du coup, il dirige ses critiques contre celui qu’il considère être son plus dangereux rival : le dirigeant du Parti de gauche.
(photo : Pierre Morel pour Marianne)
Deux mille cinq cents militants d’un côté, dix fois moins de l’autre. Une nuée de journalistes à Rezé et tout au plus deux malheureux scribouillards — dont votre serviteur — à La Bellevilloise. Hier soir, pendant que Martine Aubry et Ségolène Royal s’échinaient à jouer Embrassons-nous Folleville devant la famille socialiste tout entière « réunie », il en est un qui devait se sentir bien seul : le fils cadet, Benoît Hamon. Lui n’était pas du voyage pour Nantes. Lui tenait meeting dans l’Est parisien. C’est que notre homme risque gros : en troisième position (derrière Harlem Désir et Pervenche Berès) sur la liste présentée par Solférino en Île-de-France, il pourrait passer à la trappe et, par ricochet, perdre son poste de porte-parole du parti. Le seuil fatal sous lequel il ne faudrait pas descendre est estimé aux alentours de 15% à 17%. Du coup, à la tribune, l’ancien signataire de la motion « Un monde d’avance » a repris du mordant. Pas autant qu’au moment du congrès de Reims certes, mais bien plus qu’en début de campagne. Et quand Benoit Hamon sort les dents, elles viennent se planter sur une étrange proie. Nicolas Sarkozy ? Bien entendu, le responsable socialiste ne peut s’empêcher de moquer le chef de l’Etat dont l’« influence, explique-t-il, s’arrête aux portes du duché du Luxembourg, 250 000 habitants ! ». Mais le locataire de l’Elysée est assez vite oublié. Bayrou et Besancenot épargnésFrançois Bayrou alors ? Non, pas un mot ne sera prononcé sur le patron du MoDem, pas plus que sur le chef de file du NPA, Olivier Besancenot. En fait, la bête à abattre pour Benoît Hamon est une hydre à deux têtes : elle se nomme Mélenchon-Buffet. Mais c’est surtout contre «Méluche» (qui, il le rappelle un brin vicieux, a été élu avec les voix socialistes) que les critiques se concentrent. Des critiques qui sonnent étrangement tant les deux hommes ont partagé de combats (du « non » au TCE en passant par le dernier congrès du parti). Des critiques que Benoît Hamon maquille en arguments prêts à l’emploi et qu'il voudrait voir repris par l’auditoire — à haute concentration en membres du MJS — une fois sur le terrain. Première salve : puisque le sénateur de l’Essonne se plaît à répéter que le PSE et le PPE votent « ensemble 97% des décisions qui sont prises au PE » , Benoît Hamon dit s’être penché sur les derniers votes du GUE, le groupe « Gauche unitaire européen » dans lequel vont siéger les élus du Front de gauche. Et d’expliquer, pas peu fier de sa trouvaille, que « 90% des rapports du GUE sont votés par le PSE, les écologistes, les libéraux et… le PPE ! » La deuxième salve contre « ceux qui font du traité de Lisbonne, l’alpha et l’oméga de cette élection » ne tarde pas à venir. Pour lui, cette position est purement et simplement « une imposture politique » puisque, explique-t-il, le traité entrera en vigueur, que l’Irlande ratifie ou non ce texte. « Demandez-leur ce qu’ils veulent ? Que la France quitte l’Europe ? » Sans doute qu’après ça, c’est surtout Benoît Hamon que les membres du Front de gauche espèreront voir quitter l’Europe…
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