Le monarque, la princesse et les pharaons
Lundi 31 Décembre 2007 à 00:44 | Lu 13055 fois I 0 commentaire(s)
Pierre-Edouard Laurent
Le journal espagnol El Mundo vient de décerner à Sarkozy le titre d'homme de l'année. Un hommage qui devrait ravir « l'action man » en villégiature à Charm el-Cheikh.
Houspillé dernièrement en matière de relations internationales, il termine l'année 2007 par une visite officielle en Egypte, ou ses prédécesseurs (Mitterrand et Chirac) avaient conquis une aura certaine auprès de la communauté arabe. Car le ténor de la droite décomplexée, fervent partisan de la rupture, est en fait un envieux, parfois complexé à l'égard de ses ancêtres politiques. Mais c'est par la surenchère que Nicolas Sarkozy s'efforce d'évincer la politique d'hier.
Décrédibilisé le 15 octobre par son divorce avec Cécilia, le premier homme de France ne pouvait supporter pareille gifle à son image de winner, fut-elle indépendante de son personnage politique. Deux mois plus tard, tout souriant, il présentait alors Carla Bruni, l'élue de son cœur, à la nation. Comme tout prétendant habile, la semaine suivante il se met dans la poche l'hypothétique future ex-belle mère en la présentant au Pape. Une débauche de moyens à l'efficacité redoutable. Balayé les problèmes de pouvoir d'achat ou de l'encombrant Kadhafi. Prestigitateur es politique, Nicolas sort de sa manche un joli conte de Noel avec une magnifique princesse pour faire rêver la France, médias compris.
Admirateur des Etats-Unis, on compare le couple médiatico-politique Nicolas-Carla à John Fitzerald Kennedy et Marylin Monroe. En réalité, il s'assimile davantage aux strass de la principauté de Monaco. Loin du glamour de Grimaldi avec Grace Kelly, le couple bling-bling pourrait plutôt s'accaparer aux frasques des enfants du prince Rainier.
Les traditionnelles vacances présidentielles deviennent en effet une chasse de paparazzi pour débusquer les tourtereaux. Pauvre presse ! Mais à qui la faute ? A force d'user de son image privée, de sa famille, le président de la République est devenu un vulgaire people, amusant le peuple par son hyperactivité et sa vie sentimentale. Revendiquant l'héritage gaullien (visites à Colombey-les-deux-Eglises), Nicolas Sarkozy n'a gardé que la rigidité politique ; pour ce qui est de l'éthique ou de l'image de la France, il fait plutôt pâle figure. Bush ou Blair n'en faisaient pas tant. Truculence des coïncidences, ce même Tony Blair prend quelques jours sous le soleil égyptien, dans le même hôtel que Nicolas.
Apres Bonaparte, Nicolas fait sa campagne d'Egypte. Il sort le grand jeu à sa Joséphine : jet privé de son ami Bolloré, suite dans un palace hanté par d'illustres personnages, promenade nocturne au bord du Nil… La belle est conquise. On avance mêmes des dates de mariage… Le buzz fonctionne bien. Le secrétaire général du SNJ-CGT de France 3 ose dénoncer "un mélange des genres que […] les téléspectateurs comprennent de moins en moins" (sur France Inter puis repris dans Le Monde). L'opposition se borne à jouer les roquets sur les rapports complexes de cette droite décomplexée avec le milieu des affaires.
Sans tomber dans la naïveté primaire, le président de la république est constitutionnellement «garant de l'indépendance nationale» (Titre II, article 5), cette proximité avec quelques pouvoirs que ce soit s'assimile donc à des relations incestueuses. Prétexter la mission impérieuse de «VRP français» ou de «réformateur ami des patrons» pour finalement dévaloriser la fonction présidentielle et assouvir ses desiderata personnels en devient ridicule voir navrant.
Si les sondages semblent démontrer pour l'instant que les Français distinguent homme public et homme privé, la France n'en sort pas grandie. A multiplier les mélanges aux allures de compromissions, à vouloir jouer sur tous les tableaux pour montrer son dynamisme, la politique se résume à de l'esbroufe médiatique. Toute la classe politique en sort vaincue. En cette période de trêve des confiseurs, les Français ont de plus en plus de mal à avaler ce bonbon empoissonné.
Décrédibilisé le 15 octobre par son divorce avec Cécilia, le premier homme de France ne pouvait supporter pareille gifle à son image de winner, fut-elle indépendante de son personnage politique. Deux mois plus tard, tout souriant, il présentait alors Carla Bruni, l'élue de son cœur, à la nation. Comme tout prétendant habile, la semaine suivante il se met dans la poche l'hypothétique future ex-belle mère en la présentant au Pape. Une débauche de moyens à l'efficacité redoutable. Balayé les problèmes de pouvoir d'achat ou de l'encombrant Kadhafi. Prestigitateur es politique, Nicolas sort de sa manche un joli conte de Noel avec une magnifique princesse pour faire rêver la France, médias compris.
Admirateur des Etats-Unis, on compare le couple médiatico-politique Nicolas-Carla à John Fitzerald Kennedy et Marylin Monroe. En réalité, il s'assimile davantage aux strass de la principauté de Monaco. Loin du glamour de Grimaldi avec Grace Kelly, le couple bling-bling pourrait plutôt s'accaparer aux frasques des enfants du prince Rainier.
Les traditionnelles vacances présidentielles deviennent en effet une chasse de paparazzi pour débusquer les tourtereaux. Pauvre presse ! Mais à qui la faute ? A force d'user de son image privée, de sa famille, le président de la République est devenu un vulgaire people, amusant le peuple par son hyperactivité et sa vie sentimentale. Revendiquant l'héritage gaullien (visites à Colombey-les-deux-Eglises), Nicolas Sarkozy n'a gardé que la rigidité politique ; pour ce qui est de l'éthique ou de l'image de la France, il fait plutôt pâle figure. Bush ou Blair n'en faisaient pas tant. Truculence des coïncidences, ce même Tony Blair prend quelques jours sous le soleil égyptien, dans le même hôtel que Nicolas.
Apres Bonaparte, Nicolas fait sa campagne d'Egypte. Il sort le grand jeu à sa Joséphine : jet privé de son ami Bolloré, suite dans un palace hanté par d'illustres personnages, promenade nocturne au bord du Nil… La belle est conquise. On avance mêmes des dates de mariage… Le buzz fonctionne bien. Le secrétaire général du SNJ-CGT de France 3 ose dénoncer "un mélange des genres que […] les téléspectateurs comprennent de moins en moins" (sur France Inter puis repris dans Le Monde). L'opposition se borne à jouer les roquets sur les rapports complexes de cette droite décomplexée avec le milieu des affaires.
Sans tomber dans la naïveté primaire, le président de la république est constitutionnellement «garant de l'indépendance nationale» (Titre II, article 5), cette proximité avec quelques pouvoirs que ce soit s'assimile donc à des relations incestueuses. Prétexter la mission impérieuse de «VRP français» ou de «réformateur ami des patrons» pour finalement dévaloriser la fonction présidentielle et assouvir ses desiderata personnels en devient ridicule voir navrant.
Si les sondages semblent démontrer pour l'instant que les Français distinguent homme public et homme privé, la France n'en sort pas grandie. A multiplier les mélanges aux allures de compromissions, à vouloir jouer sur tous les tableaux pour montrer son dynamisme, la politique se résume à de l'esbroufe médiatique. Toute la classe politique en sort vaincue. En cette période de trêve des confiseurs, les Français ont de plus en plus de mal à avaler ce bonbon empoissonné.
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