Le match Marine Le Pen - Gollnisch fait rage sur le net
Jeudi 3 Juin 2010 à 17:01 | Lu 12730 fois I 25 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
Ca y est : le Bureau politique du Front National a arrêté les règles de la bataille qui va opposer Bruno Gollnisch et Marine Le Pen. Sur le Net, la lutte fait rage depuis longtemps.
L’opération « Congrès démocratique » du Front national est en marche. Le bureau politique réuni lundi en a arrêté les dernières modalités entre les deux concurrents, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch. Marine Le Pen a dû forcer sa nature, qu’elle veut volontaire et déterminée et concéder à son concurrent l’exigence d’anonymat des secrétaires départementaux parrainant chaque candidat. Bruno Gollnisch appuyait sa demande sur le parallèle avec le dispositif de parrainage du Président de la République, pour lequel le FN réclame de longue date l'anonymat des élus signataires. Mais cette exigence ne pouvait paraitre que quelque peu suspicieuse surtout quand, par ailleurs, certains « Gollnischiens »dénoncent les tentatives de verrouillage du parti. Elle a également renoncé - sans doute à cause de l'opposition de son père - à changer le nom du Front national. Elle donne à ce changement de pied une explication plausible : on ne peut changer de nom qu'en haut de la vague, comme Marine Le Pen l'avait proposé à son père (en vain) en 2003 après le succès de 2002.
Pour le reste un calendrier a été arrêté, d’ici à janvier 2011 – sur ce point Marine le Pen a dû aussi céder à son père alors qu’elle aurait préféré un congrès en novembre 2010. L’organisation du débat sera minimaliste. Il y aura des déjeuners-débats en province, mais aucun budget. « Comme on n’a pas de pognon, on fera sans. », explique Marine Le Pen.
Pour cette dernière, l’enjeu du congrès est surtout médiatico-politique. Il s’agit de montrer que le Front National est un parti qui change, et d’offrir aux Français l’image d’une concurrence loyale entre deux challengers qui se respectent. Marine Le Pen affirme à qui veut l’entendre que les Gollnischiens auront toute leur place dans le parti si elle est finalement élue.
En fait, Bruno Gollnisch comme Marine Le Pen ont intérêt à montrer que l'élection n'est pas jouée d'avance. Chacun fera donc miroiter devant les journalistes ses avantages concurrentiels. A Marine Le Pen « la dimension médiatique et génétique », comme le présente de façon perverse Marc Georges, ancien porte parole de Dieudonné dans Rivarol et sur le Web. Marine Le Pen se voit, elle d'autres atoûts qu'elle tente de mettre en valeur : le travail pour rénover le programme, la volonté de faire du FN un grand parti populaire capable d'exercer le pouvoir, bref, regarder l'avenir en face quand son concurrent voudrait surtout rassembler les forces d'extrême droite.
Voilà pour l’affiche médiatique. Mais la vraie bataille, elle se déroule sur le Net. Marine Le Pen dénonce la prolifération de « sites anti-Marine » plus que virulents. On y retrouve beaucoup de partisans des dissidents du FN, le PDF de Carl Lang, le MNR de Brunot Mégret et la Nouvelle droite populaire de Robert Spieler et Roland Hélie, qui rassemble des anciens du parti des forces nouvelles.
Cette mouvance fâchée avec Le Pen soutient, de l'extérieur, Bruno Gollnisch. Marine Le Pen s'efforce de souligner certains de ses aspects « nauséabonds », comme on dit à gauche ou dans les médias. Un exemple parmi d'autres, pêché sur le site les intransigeants.fr (et dont nous ne garantissons nullement l'athenticité, cela va de soi)
Pour le reste un calendrier a été arrêté, d’ici à janvier 2011 – sur ce point Marine le Pen a dû aussi céder à son père alors qu’elle aurait préféré un congrès en novembre 2010. L’organisation du débat sera minimaliste. Il y aura des déjeuners-débats en province, mais aucun budget. « Comme on n’a pas de pognon, on fera sans. », explique Marine Le Pen.
Pour cette dernière, l’enjeu du congrès est surtout médiatico-politique. Il s’agit de montrer que le Front National est un parti qui change, et d’offrir aux Français l’image d’une concurrence loyale entre deux challengers qui se respectent. Marine Le Pen affirme à qui veut l’entendre que les Gollnischiens auront toute leur place dans le parti si elle est finalement élue.
En fait, Bruno Gollnisch comme Marine Le Pen ont intérêt à montrer que l'élection n'est pas jouée d'avance. Chacun fera donc miroiter devant les journalistes ses avantages concurrentiels. A Marine Le Pen « la dimension médiatique et génétique », comme le présente de façon perverse Marc Georges, ancien porte parole de Dieudonné dans Rivarol et sur le Web. Marine Le Pen se voit, elle d'autres atoûts qu'elle tente de mettre en valeur : le travail pour rénover le programme, la volonté de faire du FN un grand parti populaire capable d'exercer le pouvoir, bref, regarder l'avenir en face quand son concurrent voudrait surtout rassembler les forces d'extrême droite.
Voilà pour l’affiche médiatique. Mais la vraie bataille, elle se déroule sur le Net. Marine Le Pen dénonce la prolifération de « sites anti-Marine » plus que virulents. On y retrouve beaucoup de partisans des dissidents du FN, le PDF de Carl Lang, le MNR de Brunot Mégret et la Nouvelle droite populaire de Robert Spieler et Roland Hélie, qui rassemble des anciens du parti des forces nouvelles.
Cette mouvance fâchée avec Le Pen soutient, de l'extérieur, Bruno Gollnisch. Marine Le Pen s'efforce de souligner certains de ses aspects « nauséabonds », comme on dit à gauche ou dans les médias. Un exemple parmi d'autres, pêché sur le site les intransigeants.fr (et dont nous ne garantissons nullement l'athenticité, cela va de soi)
Confidentiel Marine Israël
«
Certains se demandent le pourquoi de la bienveillance du lobby envers la fille de Le Pen. En réalité cela ne date pas d’hier. A l’époque où Alain Soral était au FN, inquiet pour sa sécurité, il avait sollicité son appui et celle-ci avait appelé en sa présence Mickaël Carlisle, chef de la LDJ (interdite aux USA et en Israël…). Reconnaissant, Soral avait du coup fait rencontrer à Marine son ami Goldnadel, qui travaille directement pour l’ambassade. On est jamais trop prudent… »
Certains se demandent le pourquoi de la bienveillance du lobby envers la fille de Le Pen. En réalité cela ne date pas d’hier. A l’époque où Alain Soral était au FN, inquiet pour sa sécurité, il avait sollicité son appui et celle-ci avait appelé en sa présence Mickaël Carlisle, chef de la LDJ (interdite aux USA et en Israël…). Reconnaissant, Soral avait du coup fait rencontrer à Marine son ami Goldnadel, qui travaille directement pour l’ambassade. On est jamais trop prudent… »
Un genre de diatribe qui aide énormément Marine Le Pen à mettre les journalistes de son côté et à peaufiner son profil d'éradicatrice de l'extrême droite de grand-papa.
Quelle est, de son côté la stratégie de Gollnisch ? L'homme cherche à rassembler ce qu'il reste de l'appareil militant d'un Front national bien affaibli ces dernières années. Ses arguments ? Il est fidèle aux fondamentaux du Front, dont il a rédigé le programme. Quand Marine « divise », il se dit prêt à rassembler une extrême droite aujourd'hui passablement éclatée : aux petits groupes évoqués plus haut (PDF, PNF, MNR) s'ajoutent des hommes comme Bompart retiré en son fief orangeois, les « catho tradi, » les « identitaires », les séparatistes alsaciens, etc. Un paysage qui, en apparence au moins, ressemble à celui qu'a trouvé Jean-Marie Le Pen, qui fut, à la fin des années 1970, le grand rassembleurs d'une extrême droite divisée en mille chapelles. Mezzo vocce, les amis de Gollnisch ajoutent un peu perfidement qu'il n'est pas favorable à l'avortement, même si lui-même clame haut et fort « qu'il n'est pas un professeur de morale ».
Il ajoute à ce tableau ce qu'il appelle sans fausse modestie ses « aptitudes ». Une vaste culture internationale : Gollnisch est un professeur de civilisation japonaise qui connait intimement l'Asie; une expérience parlementaire : il cite volontiers l'éloge qu'aurait fait de sa personne - « redoutable juriste et orateur » - Raymond Barre peu avant sa mort; une « imperméabilité absolue » au politiquement correct, ce qui peut se lire comme une critique voilée de sa concurrente, accusée, sur le Net, de prôner l'avortement et d'avoir de coupables sympathies pour la Gay Pride.
Mais attention, ne confondons pas tout. Bruno Gollnisch tient à souligner qu'il n'a rien à voir ... avec ceux qui le soutiennent sur la Toile, et notamment l'initiateur de Gollnischprésident. com, qui hurle à la chasse aux sorcières contre les Gollnischiens au sein du Front, ou avec les blogueurs assimilant Marine Le Pen à une otage du sionisme. Il avoue son impuissance devant cette blogosphère dont il est si peu familier et parfois la victime (« On y écrit que j'ai le charisme d'un poisson rouge! ») et où peuvent fourmiller les provocateurs de tous poils : « On ne va quand même pas me demander de faire la police sur la Toile, ce que même les gouvernements ne parviennent pas à faire ! »
Quel sera l'impact de cette bataille parmi les militants et des sympathisants pour lesquels le dernier scrutin régional a été une divine surprise ? Il n'est pas facile d'anticiper la réaction de militants habitués à être dirigés sans trop de discutailleries. La mémoire des frontistes est encore emprunte des combats homériques entre Le Pen et Mégret, qui avaient, dans les années 1990, ravivée la longue histoire querelleuse de l'extrême droite française. Cette fois-ci, la bataille est dûment encadrée et les deux candidats semblent d'accord pour ne pas franchir une certaine ligne jaune. A la différence de la lutte pour le leadership au PS, celle qui va désormais agiter le Front se déroulera sans doute à l'abri des sondeurs. Mais pas des médias : Marine Le Pen comme Buno Gollnisch nous ont dit qu'ils étaient prêts à débattre sur une radio ou une télévision. Ce qui serait un comble si, comme cela se confirmait, aucun débat interne cntradictoire n'était organisé.
Enfin, les deux héritiers putatifs de la maison FN verront leur combat arbitré par « le vieux lion », qui semble manifester un malin plaisir à montrer qu'il restera toujours libre, et se montre capable de s'opposer à sa fille. Celle-ci dispose évidemment d'un avantage médiatique que même Gollnisch lui reconnait. Quant à l'avantage génétique, il faudra voir...
Quelle est, de son côté la stratégie de Gollnisch ? L'homme cherche à rassembler ce qu'il reste de l'appareil militant d'un Front national bien affaibli ces dernières années. Ses arguments ? Il est fidèle aux fondamentaux du Front, dont il a rédigé le programme. Quand Marine « divise », il se dit prêt à rassembler une extrême droite aujourd'hui passablement éclatée : aux petits groupes évoqués plus haut (PDF, PNF, MNR) s'ajoutent des hommes comme Bompart retiré en son fief orangeois, les « catho tradi, » les « identitaires », les séparatistes alsaciens, etc. Un paysage qui, en apparence au moins, ressemble à celui qu'a trouvé Jean-Marie Le Pen, qui fut, à la fin des années 1970, le grand rassembleurs d'une extrême droite divisée en mille chapelles. Mezzo vocce, les amis de Gollnisch ajoutent un peu perfidement qu'il n'est pas favorable à l'avortement, même si lui-même clame haut et fort « qu'il n'est pas un professeur de morale ».
Il ajoute à ce tableau ce qu'il appelle sans fausse modestie ses « aptitudes ». Une vaste culture internationale : Gollnisch est un professeur de civilisation japonaise qui connait intimement l'Asie; une expérience parlementaire : il cite volontiers l'éloge qu'aurait fait de sa personne - « redoutable juriste et orateur » - Raymond Barre peu avant sa mort; une « imperméabilité absolue » au politiquement correct, ce qui peut se lire comme une critique voilée de sa concurrente, accusée, sur le Net, de prôner l'avortement et d'avoir de coupables sympathies pour la Gay Pride.
Mais attention, ne confondons pas tout. Bruno Gollnisch tient à souligner qu'il n'a rien à voir ... avec ceux qui le soutiennent sur la Toile, et notamment l'initiateur de Gollnischprésident. com, qui hurle à la chasse aux sorcières contre les Gollnischiens au sein du Front, ou avec les blogueurs assimilant Marine Le Pen à une otage du sionisme. Il avoue son impuissance devant cette blogosphère dont il est si peu familier et parfois la victime (« On y écrit que j'ai le charisme d'un poisson rouge! ») et où peuvent fourmiller les provocateurs de tous poils : « On ne va quand même pas me demander de faire la police sur la Toile, ce que même les gouvernements ne parviennent pas à faire ! »
Quel sera l'impact de cette bataille parmi les militants et des sympathisants pour lesquels le dernier scrutin régional a été une divine surprise ? Il n'est pas facile d'anticiper la réaction de militants habitués à être dirigés sans trop de discutailleries. La mémoire des frontistes est encore emprunte des combats homériques entre Le Pen et Mégret, qui avaient, dans les années 1990, ravivée la longue histoire querelleuse de l'extrême droite française. Cette fois-ci, la bataille est dûment encadrée et les deux candidats semblent d'accord pour ne pas franchir une certaine ligne jaune. A la différence de la lutte pour le leadership au PS, celle qui va désormais agiter le Front se déroulera sans doute à l'abri des sondeurs. Mais pas des médias : Marine Le Pen comme Buno Gollnisch nous ont dit qu'ils étaient prêts à débattre sur une radio ou une télévision. Ce qui serait un comble si, comme cela se confirmait, aucun débat interne cntradictoire n'était organisé.
Enfin, les deux héritiers putatifs de la maison FN verront leur combat arbitré par « le vieux lion », qui semble manifester un malin plaisir à montrer qu'il restera toujours libre, et se montre capable de s'opposer à sa fille. Celle-ci dispose évidemment d'un avantage médiatique que même Gollnisch lui reconnait. Quant à l'avantage génétique, il faudra voir...
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