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Le journal des mariannautes: les hommes aussi victimes de violence conjugale

Dimanche 4 Décembre 2011 à 16:01 | Lu 7417 fois I 59 commentaire(s)

Alexandre Coste
Journaliste à Marianne chargé de l'animation de la communauté des Mariannautes En savoir plus sur cet auteur

Dans le sillon tracé par le billet de David Desgouilles, traitant de la violence conjugale que peuvent subir certains hommes, les mariannautes se sont emparés du sujet en apportant témoignages et opinions sur la question.


« L'homme n'est-il pas lui aussi l'égal de la femme ? »

Le journal des mariannautes: les hommes aussi victimes de violence conjugale

« Attablé à dîner au retour du travail, une prise à partie anodine, un grand coup de casserole derrière la tête par surprise, des étoiles, une grosse bosse », rapporte Patrice SAINZELLE. « C'est mieux que le couteau qu'elle m'a mis sous la gorge il y a quelques jours. J'envoie une claque magistrale, par réflexe... Convoquée au Commissariat le lendemain pour coup et blessure (non visible, mal à la mâchoire dit-elle...), je reconnais la gifle bien sûr. Les suites ? 15 jours de prison avec sursis et 500f francs d'amende). Je demande le divorce et le perd évidemment ... Je n'ai jamais réussi à faire croire qu'elle tapait ! »

Ce témoignage, l’un parmi ceux que nous avons reçus, braque le feu des projecteurs sur une facette méconnue car taboue de la violence conjugale : celle de la violence subie par les hommes.  Dans une société encore indéniablement dirigée par ces messieurs, il est facile d’oublier que les demandes de parité ne sont pas systématiquement revendiquées par les femmes.

« D'une part, il est exact que la violence faite aux hommes (on parlera juste de la violence conjugale) existe et est très largement sous-estimée », explique Laurent EPAILLY. « L'expérience prouve que les femmes, sont aussi agressives, avec des violences à caractère verbal ou des "agaceries" telles que griffures, pincements, morsures, coups de ciseaux... »



« Souvent »,
poursuit le mariannaute,  « elles vont être dans la provocation et la relance, même si l'homme tente de se soustraire (c'est le retrait dans la grotte, bien connu des spécialistes). Et cette violence n'est quasiment jamais prise en compte parce que, d'autre part, les femmes sont bien celles qui paient le plus lourd tribut. Et que ce bilan effroyable ne laisse que peu de place à une prise en compte d'une violence féminine beaucoup moins meurtrière. »

« Certes, il y a eu des avancées significatives dans la lutte contre la violence que je qualifie de conjugale mais il serait bon qu'elles s'appliquent aussi aux hommes. Malheureusement, par honte (que je comprends puisque je l'ai vécue aussi, cette honte) nous n'avons aucune statistique. De plus, il semblerait que les dépôts de plainte faits par un homme ne soient pas pris au sérieux par les forces de l'ordre », déplore Babeth GOUOT « Je fais pourtant partie des statistiques de femmes battues avec procédure au tribunal.... »

« C'est plus qu'un tabou, c'est un déni par la justice... »

« Il faut avoir l'honnêteté de reconnaître que dans les 28 hommes qui meurent, vous en avez un nombre certains qui sont victimes d'un coup fatal porté par une femme battue qui se défend ou se libère », reprend Laurent EPAILLY. « Pour autant, le déni d'une violence réelle faite aux hommes, souvent dans une relation pathologique faite de violences réciproques mais où seul l'homme est jugé et condamné, ne peut être satisfaisant. »

En conclusion, Yann MARGUS invite à poursuivre le débat en creusant les interrrogations : « Qu'est-ce qui peut provoquer l'agressivité dans un couple ; qu'est-ce qui nous met en rogne ? La source de l'agressivité est-elle différente chez un homme et chez une femme ? Pourquoi ce recours à l'institution pour régler une incompatibilité entre deux personnes que rien n'oblige à vivre ensemble ? »








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