Le journal des mariannautes : la phobie des religions
Dimanche 11 Décembre 2011 à 16:01 | Lu 14116 fois I 352 commentaire(s)
Journaliste à Marianne chargé de l'animation de la communauté des Mariannautes En savoir plus sur cet auteur
Les internautes athées expriment leur ras-le-bol des dérives d'ordre religieux qui sont rapportées quotidiennement dans les médias, et rappellent avec vigueur qu'en France, la laïcité doit être notre seul guide. Mais à trop amalgamer religions et dérives de certains pratiquants, n'y a-t-il pas un risque de radicalisation du non-croyant ?
La laïcité menacée
« C'est un sujet qui doit être abordé par notre société, plus qu'une autre, à mon avis: notre idée et vécu de la laïcité nous donne cette responsabilité, d'autant que celle-ci et la liberté de conscience sont sévèrement menacées dans notre pays pour ne pas dire partout ailleurs alors qu'elle a fait ses preuves », explique Virginie ALBA-SIMM. « Après les guerres et les affrontements religieux, elle nous a permis de vivre ensemble autour d'un consensus qui a laissé à chacun une relative liberté.»
« Vivre en société, ce qui est hélas notre destin car nous sommes incapables de survivre seuls aujourd'hui plus qu'hier tant la matrice sociale humaine étant devenue complexe et omniprésente, implique une relative renonciation à la liberté de chacun. Aujourd'hui, il semble qu'un regard critique sur l'histoire des religions soit de plus en plus difficiles à tenir, y compris dans notre vie quotidienne. » Et de nous renvoyer aux récentes affaires de « Charia Hebdo » et « Golgota Picnic ».
« Vivre en société, ce qui est hélas notre destin car nous sommes incapables de survivre seuls aujourd'hui plus qu'hier tant la matrice sociale humaine étant devenue complexe et omniprésente, implique une relative renonciation à la liberté de chacun. Aujourd'hui, il semble qu'un regard critique sur l'histoire des religions soit de plus en plus difficiles à tenir, y compris dans notre vie quotidienne. » Et de nous renvoyer aux récentes affaires de « Charia Hebdo » et « Golgota Picnic ».
Guerres et religions
Le débat se poursuit sur l'implication des religions dans les grands conflits de ce monde, et tous les commentateurs n'ont pas le même regard historique sur la question.
« Quand on entend et qu'on lit sans arrêt, jusqu'à l'article d'un philosophe dans Le Monde diplomatique, que les religions ont toujours été dans l'histoire la cause des conflits, et que, parce que vous êtes un historien, vous savez que c'est une énorme stupidité, comment est-ce que vous pouvez appeler ça ? », interroge Albert GUADET. « Il y a trente ans dominait chez les intellectuels la vision marxiste de l'histoire qui voulait que tous les conflits aient une origine économique. Les historiens ont prouvé que ce n'était pas si simple, mais ils n'imaginaient pas qu'on allait en venir à une vision infiniment moins intelligente et tellement plus éloignée de la réalité ! »
To TO réfute : « Ceux qui croient que les religions ne sont pas causes de conflits, je les invite à lire des chansons de geste, reflet de la mentalité guerrière des XI-XIIIe siècles. Qu'y trouve-t-on ? Des chrétiens heureux d'aller massacrer du Sarrasin ; du chrétien jouissant de piller des villages, et l'évocation des atrocités commises ne nous est pas toujours épargnée. Les grands héros chrétiens de la légende de Guillaume aiment tuer femmes et enfants... En fait, la littérature de l'époque est pleine de violences religieuses... »
Pour Gérard DUFFOURG, « Les guerres sont presque toujours faites pour de "bonnes raisons", église ou état. La république en ses valeurs humanistes supérieures n'est pas coupable des imposteurs. Le message de maitres comme Lao Tseu, Bouddha, Jésus (ordre chronologique) n'y est pour rien dans les folies furieuses des gens venus après et qui auraient tout aussi "bien" massacré pour d'autres raisons. »
« Quand on entend et qu'on lit sans arrêt, jusqu'à l'article d'un philosophe dans Le Monde diplomatique, que les religions ont toujours été dans l'histoire la cause des conflits, et que, parce que vous êtes un historien, vous savez que c'est une énorme stupidité, comment est-ce que vous pouvez appeler ça ? », interroge Albert GUADET. « Il y a trente ans dominait chez les intellectuels la vision marxiste de l'histoire qui voulait que tous les conflits aient une origine économique. Les historiens ont prouvé que ce n'était pas si simple, mais ils n'imaginaient pas qu'on allait en venir à une vision infiniment moins intelligente et tellement plus éloignée de la réalité ! »
To TO réfute : « Ceux qui croient que les religions ne sont pas causes de conflits, je les invite à lire des chansons de geste, reflet de la mentalité guerrière des XI-XIIIe siècles. Qu'y trouve-t-on ? Des chrétiens heureux d'aller massacrer du Sarrasin ; du chrétien jouissant de piller des villages, et l'évocation des atrocités commises ne nous est pas toujours épargnée. Les grands héros chrétiens de la légende de Guillaume aiment tuer femmes et enfants... En fait, la littérature de l'époque est pleine de violences religieuses... »
Pour Gérard DUFFOURG, « Les guerres sont presque toujours faites pour de "bonnes raisons", église ou état. La république en ses valeurs humanistes supérieures n'est pas coupable des imposteurs. Le message de maitres comme Lao Tseu, Bouddha, Jésus (ordre chronologique) n'y est pour rien dans les folies furieuses des gens venus après et qui auraient tout aussi "bien" massacré pour d'autres raisons. »
« Dès qu'il est reconnu qu'une croyance, et peu importe laquelle, est importante pour toute autre raison que d'être vraie, alors on s'expose aux pires abus. »
Sylvie ARCHAMBAULT rappelle donc le message originel des Evangiles : « Ce que professe Jésus, c'est comment vivre, ici et maintenant sur cette terre. Que l'on croie ou non à la réalité divine de Jésus (sa réalité historique est admise par tous), il reste que les Evangiles sont un guide spirituel de vie, peut-être le plus abouti de tous les temps, que n'importe qui devrait lire et méditer pour son usage personnel. »
« Si vous réduisez Jésus à un philosophe », conclut ...KIOSK, « à un prédicateur ou à un sage, alors à la limite on se fiche bien de savoir s'il a existé ou pas, seul le message compte. Ensuite, on est d'accord ou pas, ou bien on en prend, on en laisse. Il ne reste plus qu'à expurger les évangiles de la bimbeloterie religieuse et cet homme-là, réel ou pas, peut éventuellement servir de directeur de conscience à quelques-uns qui ne croient en aucun dieu. Ou pas. »
« Si vous réduisez Jésus à un philosophe », conclut ...KIOSK, « à un prédicateur ou à un sage, alors à la limite on se fiche bien de savoir s'il a existé ou pas, seul le message compte. Ensuite, on est d'accord ou pas, ou bien on en prend, on en laisse. Il ne reste plus qu'à expurger les évangiles de la bimbeloterie religieuse et cet homme-là, réel ou pas, peut éventuellement servir de directeur de conscience à quelques-uns qui ne croient en aucun dieu. Ou pas. »
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