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Le jour où Hirsch fera école...

Trudi Kohl - Causeur | Samedi 10 Octobre 2009 à 14:01 | Lu 6324 fois

Il est des générations pauvres en «granzhommes». Avec Martin Hirsch, le très haut-commissaire aux solidarités actives nous voilà bien pourvus. Après le RSA, le rantanplan du gouvernement nous a pondu un nouveau projet pas piqué des vers: payer les élèves qui vont en classe. Journaliste pour Causeur, Trudi Kohl imagine les déclinaisons possible de cette riche idée: payer les contribuables qui payent leurs impôts, ou instaurer un système pas pollueur-payé.



Le jour où Hirsch fera école...
Martin Hirsch est un homme exceptionnel. Son nom restera gravé dans l’histoire et, si la France n’est pas ingrate, elle le transférera, le jour venu, au Panthéon. Car, au fond, il n’y a rien eu, au long des âges, qui égale les réformes du haut commissaire qui vient de créer l’école que t’es payé quand t’y vas sinon tu touches rien. Ce n’est pas de l’Abbé Pierre que Martin Hirsch a été le bras droit, mais du Père Noël !
L’école que t’es payé quand t’y vas sinon tu touches rien, ça a quand même un peu plus d’allure que la tristounette école “laïque, gratuite et obligatoire” de Jules Ferry. Avec ses instituteurs et les blouses grises dont elle revêtait chacun de ses écoliers, elle a enfanté des générations de névrosés. Allez donc porter une blouse sur la burqa !

Qui se souvient, d’ailleurs, de Jules Ferry ? Absolument personne ! Et c’est tant mieux : les plus belles rouflaquettes de la IIIe République étaient peut-être progressistes, elles n’en restaient pas moins colonialistes. Martin Hirsch, lui, n’a jamais trempé dans de sordides aventures coloniales. Il est blanc comme neige.

L'école gratuite, ça paye !

Le jour où Hirsch fera école...
Enfin, je veux dire qu’il n’a rien à se reprocher. Je vous le dis comme je le pense : on parlera encore de Martin Hirsch dans cent ou deux cents ans, quand on aura oublié les personnages subsidiaires de l’histoire de France1 et que les petits Français fréquenteront tous l’école que t’es payé quand t’y vas sinon tu touches rien.

Pour l’heure, tout le monde se paie la bille du haut commissaire et de son « expérimentation ». Les gens sont mauvaises langues et, pour tout dire, un peu jaloux. L’idée est tellement belle qu’ils grognent de ne l’avoir pas eue : au lieu de punir les élèves qui regimbent à prendre régulièrement le chemin de l’école, on file du fric à ceux qui y vont. L’école gratuite, c’est payant ! Il ne faut plus accomplir une bonne action pour être récompensé : il suffit d’agir. Le système est révolutionnaire. Il mériterait d’être généralisé.

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