Le buzz emporte Hortefeux et… Marianne2!Gérald Andrieu - Marianne | Dimanche 13 Septembre 2009 à 07:01 | Lu 10419 fois
La vidéo de Brice Hortefeux au Campus des Jeunes Pop a provoqué un « malaise » chez les Mariannautes. Mais un des quatre articles que Marianne2 a consacré à cette vidéo l’a encore plus renforcé.
Un buzz. La vidéo montrant Brice Hortefeux au Campus des Jeunes populaires a créé un buzz sur la Toile. Mais sur Marianne2, le buzz a pris de l’ampleur pour se transformer en un tsunami de commentaires emportant avec lui Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, et… Philippe Cohen, le rédacteur en chef de Marianne2.
Le premier article publié sur le site se « contentait » de relater l’existence de cette vidéo sur le Web. Il a suscité chez les Mariannautes des réactions entendues, voire attendues. Car, dans un même élan, ils sont des dizaines d’internautes à avoir appelé à la démission de l’ancien ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale. Un second article permettait à Gilbert Collard, l'avocat du préfet sanctionné par Brice Hortefeux pour racisme d'exiger, à son tour, la démission du ministre. Mais un troisième éclairage a suscité le trouble et provoqué même de la colère chez les Mariannautes. Un article signé Philippe Cohen dans lequel ce dernier faisait part de son double « malaise ». Si les propos du Ministre ont choqué à juste titre des millions de Français, la chasse à Brice déclenchée sur le Net était « assez gênante » pour un « humaniste ». Bref, il se demandait si hurler avec la meute n’était pas une nouvelle figure imposée de notre monde ultra-médiatique. Mal lui en a pris. D’autant plus qu’il confiait, aussi, au passage, ne pas « croire » au racisme de Brice Hortefeux. Dès lors, pour certains Mariannautes, il n’était plus question de demander la « démission » de Brice Hortefeux mais de celle du rédacteur en chef de Marianne2. Les arguments des Marianautes sont cependant assez divers. Essayons de les restituer :
2) D'autres Mariannautes ont pris Philippe Cohen « en flagrant délit de désinformation » : il a évoqué une vidéo volée alors que les images ont été prises par des équipes de professionnels de la télévision. Critique tout à fait recevable si l'on ignore qu'au moment de la parution de l'article, personne ne connaissait leur origine. Dès que la rédaction de Marianne2 en a pris connaissance, le site a publié un article de Régis Soubrouillard très détaillé sur le sujet. Reste à répondre à la question : les propos de Brice Hortefeux diffusés par la vidéo étaient-ils publics, privés ou semi-publics ? Si le Ministre n'était pas dans l'intimité, il ne s'agissait pas non plus d'une déclaration publique. En réponse, Dédé, lui, cite astucieusement les propos de Brice Hortefeux, lors de son déplacement à Sartrouville, le 9 septembre 2009 : « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé. Lorsque vous faites vos courses au supermarché, lorsque vous retirez de l’argent au guichet ou que vous utilisez les transports en commun, vous êtes déjà filmés. Qui cela dérange-t-il ? » 3) Un autre groupe de Mariannautes critique la mise en cause d'Internet, canal par lequel ont été villipendés de nombreuses personnalités. Comme Gilles Jacob : « Cohen critique Internet en le jugeant malsain, mettant mal à l'aise... C'est normal en tant qu'instrument lobotomisé et asservi du système, il se méfie d'Internet : attendez, honnêteté, transparence, vérité, instantanéité, rapidité, impartialité... Tout ce que ne sont plus les jouets à Dassault, Lagardère, Bouygues et Rothschild... Il y en a trop je trouve, pas vous... des Auvergnats bien sûr ! Cohen, si le journalisme était un trottoir aucun client ne s'arrêterait chez vous. » De façon plus posée, Fred écrit : « Internet serait “une vraie liberté qui porte en elle la pire des tyrannies”. La pire ? Est-ce bien sûr ? La pire des tyrannies ne serait-elle pas celle qui consiste à supprimer la démocratie au profit de la technocratie, ou celle encore qui consiste à livrer la démocratie aux puissances de l’argent qui, seules, peuvent, ont les moyens de s’offrir journaux et télés pour diffuser le poison de leur propagande ? » Cet angle d'attaque est sans doute le plus légitime et mérite peut-être une autocritique : Internet n'a pas à être mis en cause de façon si « essentialiste », et le jugement porté sur ce point était quelque peu lapidaire, même s'il est vrai que la diffusion massive de vidéos n'est pas sans poser quelques questions sur les fatwas qu'elles déclenchent. 4) Enfin, un dernier groupe de Mariannautes met en cause l'origine de l'auteur de l'article, qu'expliquerait son indulgence envers le Ministre. C'est le cas de « Je n'aime pas les élus » qui l'écrit d'ailleurs sans détour : « C’est très grave M. Philipe Cohen, vous êtes en train d'insulter les Arabes. Mais vous vous prenez pour qui ? Si on remplaçait Arabe par Juif, votre réaction serait tout autre. » Doudou va plus loin et espère carrément le licenciement de Philippe Cohen : « Je viens de jeter le Marianne acheté ce matin... M. Cohen, vous méritez une promotion à l'Elysée. Vous êtes la honte de votre métier, comme ces journalistes qui ont caché l'information (les télés du Sénat et de l'Assemblée...). Avec des gens comme vous, le racisme (sauf peut être anti-Juif...) peut prospérer. Je n'achèterai plus jamais Marianne et j'espére que le manque à gagner du journal provoquera votre licenciement... » Il va sans dire que si tous les journalistes de Marianne et de Marianne2 ne partagent pas nécessairement toutes ses analyses — notamment sur le fait de savoir si Brice Hortefeux est ou n'est pas raciste — établir un lien entre ses origines et le point de vue de Philippe Cohen — souvent d'ailleurs peu indulgent à l'égard des institutions juives ou des juifs communautaristes — relève de préjugés qui ressemblent beaucoup à ceux imputés à Brice Hortefeux !
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