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Le RSA ou la pauvreté durable!

Cédric Omet | Samedi 4 Avril 2009 à 07:00 | Lu 12378 fois

Brice et Martin, les apôtres de la solidarité au sein du gouvernement, s'invitent chez les r'mistes. Forcément, c'est pour apporter une bonne nouvelle. On n'expédie pas 1,2 millions de lettres pour raconter des bobards! Quoique...



(photo : psd - Flickr - cc)
(photo : psd - Flickr - cc)
A la manière du loto de la Française des jeux, Martin Hirsh fait sa com sur le RSA. Depuis le 1er avril (non, ce n'est pas une blague), tout le monde peut tenter sa chance pour savoir s'il peut en bénéficier. Pour cela, rendez-vous sur le site du haut commissaire. Le RSA, c'est peut-être pour vous ! Une nouvelle roue de la fortune pour les pauvres ?

Le RSA ou la pauvreté durable!

Un dispositif qui facilite le retour à l'emploi précaire.  

Selon les premiers bilans qualifiés de « flatteurs » par le haut commissaire aux solidarités actives, le RSA augmenterait de 30% le nombre de reprises d'emploi par rapport au RMI. C'est vrai, mais ce qu'il oublie de préciser, c'est que les trois quarts de ces reprises d'emploi sont à temps partiel. Un mensonge par omission assurément ! Loin de nous l'idée de remettre en cause la bonne foi de M. Hisrh. Mais si on ajoute à cela le fait que 28% de ces nouveaux emplois ne sont pas durables parce qu'inférieurs à six mois, on tombe dans le délit d'oubli caractérisé. N'en déplaise à la mémoire sélective du haut commissaire, le RSA est une machine à créer du travail précaire.  


Selon un rapport de l'Insee,  « il est ainsi frappant de constater que la perception d’une allocation ne semble affecter significativement et négativement le retour à l’emploi qu’au sein des familles monoparentales ». Des familles dont on peut supposer qu'elles utilisent l'allocation comme un revenu de subsistance, compte tenu des difficultés particulières auxquelles elles sont confrontées. Là encore, le RSA n'y pourra rien. D'autant que les modalités d'application ont été déléguées au conseils généraux, ce qui entraîne des disparités entre départements...


Des victimes jusqu'au bout ?
Rappelons que le dispositif RSA n'invente rien quant au maintien d'une allocation complémentaire. Les bénéficiaires du RMI avaient déjà une partie de leur indemnité maintenue en cas de reprise du travail. Le « plus » du RSA, est de pérenniser l'indemnité. Un « plus » lourd de conséquences puisqu'il ouvre la voix à l'institutionnalisation du recours au travail précaire subventionné par l'État. Il sera donc possible de cumuler un travail au rabais avec l'allocation RSA sans limitation de durée. Un constat d'autant plus troublant qu'il est attesté par le dossier de presse disponible sur le site du Premier Ministre

Enfin, le RSA va supprimer la prime de retour à l'emploi de 1 000 euros, accordée à ceux qui décrochaient « un emploi durable », probablement une façon subreptice de motiver les r'mistes qui devront désormais se contenter du complément mensuel. Selon Le Figaro, le nombre de r'mistes va augmenter en 2009, un dommage collatéral des hausses faramineuses du chômage pendant l'hiver ; le nombre de chômeurs en fin de droit et donc potentiellement bénéficiaires du r'mi augmentant de facto. Tous ces changements valaient bien un courrier pour annoncer l'imminence de cette mesure. Un courrier accompagné de l'annonce du versement d'une prime exceptionnelle de 200 euros au mois d'avril. Une prime dont les r'mistes ne seront pas les seuls bénéficiaires puisqu'elle sera versée à 3,8 millions de personnes. Parce que les r'mistes ne sont pas les seuls à être pauvres. Il fallait au moins ça pour acheter la paix!




MOT-CLÉS : hirsh, r'miste, rsa
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