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Le PS s'achète un désir d'avenir....

Sylvain Lapoix - Marianne | Mardi 1 Septembre 2009 à 07:01 | Lu 6779 fois

Annoncé par la première secrétaire elle-même, la CooPol, nouveau réseau social du PS, ambitionne de numériser l'organisation militante du parti, s'inspirant du succès de Barack Obama, pour affûter une arme de pointe en vue 2012.



Aux universités d'été de La Rochelle (photo : SL)
Aux universités d'été de La Rochelle (photo : SL)
Bien qu'annoncé en grande pompe durant le discours de la première secrétaire du Parti socialiste vendredi 28 août, le nouveau réseau social du parti a bien vite disparu dans l'ombre du «C de cumul et du P de primaires.» Mais si les consignes sur le non-cumul attendront l'après-régionales et que les primaires ne verront pas le jour avant 2011, c'est dès l'automne que la CooPol (pour coopérative politique) sera mise en place, sous la supervision du cabinet de Martine Aubry.

«Une entrée fracassante», pour un membre de la section Temps réels, club des technophiles du PS resté dans l'expectative après la mise en sommeil des outils de démocratie participative développés pour la campagne de Ségolène Royal. C'est justement la même agence Internet, la Netscouade, qui a mobilisé depuis le printemps dernier une dizaine de développeurs, travaillant en parallèle avec autant de permanents de Solférino, pour monter ce réseau social qui ambitionne rien moins que la numérisation des outils militants.

Du participatif au coopératif

La CooPol n'a cependant plus grand chose à voir avec le site Désir d'avenir : son but n'est pas spécifiquement programmatique mais vise à simplifier le quotidien des militants. «Nous avons eu plus de 80% de retour sur le questionnaire que nous avons envoyé aux fédérations : malgré les doutes, le réseau militant est encore très fort et très demandeur, analyse Benoît Thieulin, chef de projet à la Netscouade et membre de la section Temps réel. De façon général, il y a un gros déficit de communication et d'organisation : les sections sont en attente d'une aide du parti.»

S'inspirant de l'expérience Barack Obama, les responsables de Netscouade invoquent plus encore Howard Dean et son site : le «party builder», véritable boîte à outils en ligne pour militants.  En pratique, le réseau se décompose en plusieurs niveaux : un premier cercle réduit pour la section, un cercle plus large englobant tous les militants et un espace ouvert où se retrouvent socialistes et sympathisants. Comme sur Facebook, chacun peut «devenir ami» avec un autre membre du réseau, créer des événements, des groupes thématiques, inviter ses contacts à le rejoindre...

Le tout dans une optique fonctionnelle : derrière les événements, CooPol offrira des outils pour élaborer les tracts, les groupes thématiques permettront de faciliter le recrutement des militants pour étaler une action thématique. «Des militants qui vont sur un marché et qui voient qu'un tract ne fonctionne pas ou qui entendent que tel déclaration d'un cadre du parti est mal reçue pourront faire remonter l'information, détaille Thieulin. La grande force de Barack Obama a été d'utiliser le web comme système d'organisation pour envoyer les militants sur le terrain, que ce soit pour faire du porte-à-porte ou appeler des électeurs indécis au téléphone.»

Risque de fracture numérique

Passé un test sur une cinquantaine de sections pilotes, la CooPol devrait être opérationnelle à la mi-octobre pour les militants et fin novembre pour les sympathisants. Quelques inquiétudes demeurent à la marge autour de l'outil : «pour les Français de l'étranger, ça peut être délicat : l'aspect «tout Internet» peut se révéler problématique pour les militants basés au Gabon, de même que les incompatibilités de claviers vont poser un problème pour les expatriés en Asie», note un permanent du PS.

Mais le vrai doute, ce sont les quinquagénaires : au siège, on craint de bousculer cette frange non négligeable, habituée à militer «à l'ancienne». Pour prévenir tout risque de fracture numérique, un référent web est déjà prévu pour chaque fédération et les responsables du projet CooPol ont un joker : «le porte-à-porte est tombé en désuétude mais, eux, c'est une pratique qu'ils connaissent bien !», relève un des responsables du projet au parti.

La direction accorderait «une très grande importance» à cet outil : réseau d'organisation du parti, il intègre la dimension d'ouverture aux sympathisants également présente dans le principe des primaires ouvertes, annoncées au même moment, et pourrait être un lieu de recrutement en vue des prochaines échéances. L'UMP a déjà lancé la recherche sur son futur réseau social et Cohn-Bendit annoncé qu'une plate-forme web constituerait le lieu de structuration du réseau Europe écologie... Faute de bases programmatiques lisibles, trois des quatre grands partis montrent déjà les muscles de leurs outils web pour gagner en 2012. La victoire en surfant ?




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