Le « Made in China » écrasé par le « Made in Goldman Sachs »
Mercredi 26 Janvier 2011 à 15:01 | Lu 12923 fois I 6 commentaire(s)
Flore Vasseur - Blogueuse associée
Alors que la Chine s'affranchit peu à peu de son image d'Epinal d' « atelier du monde », la banque Goldman Sachs se taille la part du lion en investissant 500 millions de dollars dans le géant Facebook. C'est l'objet de ce regard croisé de la blogueuse associée Flore Vasseur.
Le Made in China n’existera peut être bientôt plus ! Finis, Tee Shirts à 5 euros et petites robes inutiles venus de Chine ! Le consommateur occidental se serait-il raisonné, constatant que bien souvent, sa quête pour le prix toujours plus bas font les emplois des autres et son chômage à lui ? Allons-nous vers un monde globalisé plus conscient de la conséquence de ses actes, plus apte, en somme, à la pensée systémique ?
Pas du tout !
C’est juste que la Chine n’est plus l’Eldorado qu’elle était. Pour certains en tous les cas.
Le journal Le Monde relate le désarroi des fabricants de textile occidentaux à la dernière Hong Kong Fashion Week, le grand salon de la mode. Comprenez leur déroute : finis les ateliers d’esclavagiste ! L’ouvrier chinois dispose maintenant d’une protection en cas de chômage - pas de quoi sortir le muguet mais quand même, un mois de salaire après un licenciement. Le salaire minimal - il est vrai que l’on partait de très loin - a été augmenté de 20% en juillet et encore de 20% en janvier. Ajoutez à cela une flambée du coton et produire en Chine devient inabordable. Miracle de la mondialisation : on est toujours le chinois de quelqu’un ! Le Bangladesh, le Pakistan, le Vietnam, la Tunisie peut être vont récupérer les commandes. Entre temps, Hu Jintao et ses banquiers continuent d’acheter les ports grecs, la dette espagnole, Marionnaud ou Choco BN. L’Occident s’effondre sur lui même. Alors vite, vite, une classe moyenne en Chine ! La croissance n’y sera bientôt plus tirée par les exportations mais par sa demande intérieure, un marché potentiel de 400 millions d’âmes. La Chine ne sera peut être plus l’Usine du monde, mais elle reste bien l’usine à fantasmes. D’ailleurs, les aspirations de la population sont bien là. D’après une étude de la Fondation pour l’innovation Politique, 64% des jeunes Chinois rêvent de s’enrichir vite. Et ils ne sont pas les seuls !
Goldman Sachs vient de boucler une opération digne des plus folles années de la bulle Internet. La firme vient d’investir 500 millions dans Facebook, son tout nouveau client. 500 millions, sa mise de fonds donc, c’est à peu près la somme que la firme a du débourser pour s’acquitter de ses amendes pour ses méfaits divers et variés de 2010. Pour Facebook, elle vient de contourner les règles de la SEC pour boucler une levée de fonds hallucinante : 1 milliard de dollars d’argent neuf valorisant le réseau social, le club des 500 millions d’amis, à près de 50 milliards. Soit 100 dollars l’ami ! Rappelons que Facebook réalise 2 milliards de chiffre d’affaires et jamais, au grand jamais, de bénéfices. Trop ringard les bénéfices ! On ne sait pas à quel prix Goldman est entré dans le capital mais mandatée par Facebook pour l’introduire en bourse, elle compte faire une culbute de 1 à 10.
Pas du tout !
C’est juste que la Chine n’est plus l’Eldorado qu’elle était. Pour certains en tous les cas.
Le journal Le Monde relate le désarroi des fabricants de textile occidentaux à la dernière Hong Kong Fashion Week, le grand salon de la mode. Comprenez leur déroute : finis les ateliers d’esclavagiste ! L’ouvrier chinois dispose maintenant d’une protection en cas de chômage - pas de quoi sortir le muguet mais quand même, un mois de salaire après un licenciement. Le salaire minimal - il est vrai que l’on partait de très loin - a été augmenté de 20% en juillet et encore de 20% en janvier. Ajoutez à cela une flambée du coton et produire en Chine devient inabordable. Miracle de la mondialisation : on est toujours le chinois de quelqu’un ! Le Bangladesh, le Pakistan, le Vietnam, la Tunisie peut être vont récupérer les commandes. Entre temps, Hu Jintao et ses banquiers continuent d’acheter les ports grecs, la dette espagnole, Marionnaud ou Choco BN. L’Occident s’effondre sur lui même. Alors vite, vite, une classe moyenne en Chine ! La croissance n’y sera bientôt plus tirée par les exportations mais par sa demande intérieure, un marché potentiel de 400 millions d’âmes. La Chine ne sera peut être plus l’Usine du monde, mais elle reste bien l’usine à fantasmes. D’ailleurs, les aspirations de la population sont bien là. D’après une étude de la Fondation pour l’innovation Politique, 64% des jeunes Chinois rêvent de s’enrichir vite. Et ils ne sont pas les seuls !
Goldman Sachs vient de boucler une opération digne des plus folles années de la bulle Internet. La firme vient d’investir 500 millions dans Facebook, son tout nouveau client. 500 millions, sa mise de fonds donc, c’est à peu près la somme que la firme a du débourser pour s’acquitter de ses amendes pour ses méfaits divers et variés de 2010. Pour Facebook, elle vient de contourner les règles de la SEC pour boucler une levée de fonds hallucinante : 1 milliard de dollars d’argent neuf valorisant le réseau social, le club des 500 millions d’amis, à près de 50 milliards. Soit 100 dollars l’ami ! Rappelons que Facebook réalise 2 milliards de chiffre d’affaires et jamais, au grand jamais, de bénéfices. Trop ringard les bénéfices ! On ne sait pas à quel prix Goldman est entré dans le capital mais mandatée par Facebook pour l’introduire en bourse, elle compte faire une culbute de 1 à 10.
C’est hallucinant et aussi certains diront, son métier. Mais cela devient juste grotesque quand on sait qu’au même moment, Goldman Sachs publie son « Report on the business standard comittee », sorte de liste ses bonnes résolutions pour 2011. En résumé, nous nous sommes mal compris, vous nous avez mal compris. Promis juré dorénavant, on ne spécule plus contre nos clients, on est transparents. Dans le rapport, il y a même cette phrase hallucinante : « Dorénavant, face à une opération, nous ne nous demanderons pas, "pouvons nous la faire" ? Mais "devons-nous la faire" ? » Accompagnant ce petit précis du banquier intègre publié sur Internet, Lloyd Blankfein le PDG se fend d’une présentation vidéo dans laquelle il fait son auto-critique et celle de l’entreprise.
La firme promet d’être raisonnable d’un côté, PDG à l’appui, pendant qu’elle gonfle les valorisations à l’hélium de l’autre pour empocher de grasses plus values quasiment auto créées. Résultat des courses: n’oubliez pas, la prochaine fois que vous mettrez à jour votre page sur facebook : c’est Goldman Sachs - qui a vendu votre profil pour 100 dollars - que vous enrichissez ! C’est ça, la pensée systémique à l’heure de la finance toute puissante. Le Made in China n’existe peut être plus. Mais le Made in Goldman Sachs a de belles années devant lui.
Lire d'autres articles de Flore Vasseur sur son blog.
La firme promet d’être raisonnable d’un côté, PDG à l’appui, pendant qu’elle gonfle les valorisations à l’hélium de l’autre pour empocher de grasses plus values quasiment auto créées. Résultat des courses: n’oubliez pas, la prochaine fois que vous mettrez à jour votre page sur facebook : c’est Goldman Sachs - qui a vendu votre profil pour 100 dollars - que vous enrichissez ! C’est ça, la pensée systémique à l’heure de la finance toute puissante. Le Made in China n’existe peut être plus. Mais le Made in Goldman Sachs a de belles années devant lui.
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