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Le Grand Journal: faussement impertinent, vraiment politiquement correct

Antidote - blogueur associé | Vendredi 4 Décembre 2009 à 14:01 | Lu 27433 fois

Le Grand Journal de Denisot suit toutes les tendances, les bonnes comme les mauvaises. Quelles que soient les tendances politiques, on n'y trouve que le plus branchouille, le plus clinquant, et le plus fade. Antidote s'insurge.



Lundi soir, Le Grand Journal de Michel Denisot avait laissé place à un « Green Journal Â». Il s’agissait, avec des invités de marque, de faire le point sur l’ouverture du sommet de Copenhague sur le climat. « Green Â» parce qu’en anglais, ça fait plus cool, plus « village planétaire Â», et tout ça. Et puis, imaginez s’ils avaient osé appeler ça « Journal Vert Â» : Daniel Cohn-Bendit, l’un des invités en question, aurait protesté : c’est « Europe Ecologie Journal, cher Michel ! Â»

Avec Dany le Vert, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, avait été convié ainsi que la journaliste spécialiste des questions d’environnement de Libé. Dès l’ouverture de l’émission, Michel Denisot annonce la couleur (verte) :« L’avenir de l’Humanité dépend de la XVe conférence des Nations-Unies sur le réchauffement climatique qui va avoir lieu à Copenhague dans sept jours. Certains n’hésitent pas à dire qu’il s’agit d’un sommet plus important que Yalta Â». Mazette !

Le catéchisme sur le climat a donc été récité par tous les protagonistes, invités et journalistes. Catéchisme ? C’est bien le mot adéquat puisque quiconque commence le début d’un questionnement sur le réchauffement climatique est très vite taxé d’hérésie, quand ce n’est pas de négationnisme (1). Claude Allègre a longtemps été seul à contester les théories du GIEC. En fait, il était le seul de ceux qui les contestent à bénéficier de temps à autre d’une tribune médiatique. On peut même se demander légitimement si l’impopularité du personnage et sa réputation de provocateur n’ont pas été instrumentalisées pour davantage encore discréditer toute velléité de scepticisme en la matière (2).
Pourtant, il n’y a guère qu’en France que les médias, pour la quasi-unanimité d’entre eux, passent sous silence le Climatgate (3) Régis Soubrouillard a consacré un article fort intéressant hier sur Marianne2 à ce sujet. A la télévision, seul Eric Zemmour a abordé la question du Climatgate en interrogeant, le hasard faisant bien les choses, Dominique Voynet (4). Sur le plateau de Ruquier, le malaise était palpable ; l’ex-ministre était déstabilisée. C’est finalement un chanteur, Christophe Willem, qui s’est fâché tout rouge contre le chroniqueur et s’est lancé dans une longue diatribe que je résume en ces termes : « c’est pas bien de dire des choses comme ça Â».

Chez Denisot, pas de Zemmour ! Pourtant, on devrait être rassuré car il y a le Grand, l’Immense, le Rebelle entre tous, Jean-Michel Aphatie. Celui que je n’ose surnommer l’éditorialiste-cassoulet comme l’avait fait Elisabeth Lévy, ce qui le vexa (5), allait bien faire allusion à ce scandale qui défraye la chronique partout sauf en France. Pensez donc ! Il aime bien faire la leçon aux consoeurs et confrères, le Fouquier-Tinville de RTL et Canal, notamment à Pujadas et à Ferrari lorsqu’ils interrogent le Président. Il allait bien la poser, cette foutue question, au ministre de l’Ecologie et au Grand Prêtre Dany ! Et bien, pas du tout. J’aurais dû me méfier. Ce n’est pas la première fois qu’Aphatie reste muet. Qu’on se rappelle l’émission où fut invité le Président géorgien.

Alain Finkielkraut a bien raison de qualifier cette émission de « rendez-vous de l’élite bling-bling Â». D’ailleurs, Carla est très souvent invitée. Elle y a fait aussi merveille la dernière fois, avec son « pas vu, pas pris Â» qualifiant la main de Henry, sans que personne sur le plateau ne s’en émeuve. Pourtant, il faut continuer à la regarder, cette émission. Parce que toute personne qui se pique de politique doit connaître les grandes tendances, savoir qui est bien vu et qui ne l’est pas. Une morsure d’Aphatie et vous savez qu’un personnage n’a pas bonne réputation dans les dîners parisiens. Une risette de Denisot, un regard énamouré d’Ariane Massenet et vous savez que l’invité est « dans le vent Â». Le Grand Journal, c’est le baromètre du politiquement correct.

1.    Droits réservés : Madame Cécile Duflot ↑
2.    En ce qui me concerne, j’étais plutôt enclin à croire la théorie officielle. Le côté repoussoir d’Allègre y a aidé, je dois bien l’avouer ↑
3.    Des hackers ont récupéré des courriels, dix ans de conversations entre scientifiques récupérées dans les ordinateurs d’un centre de recherche anglais.  Certains courriels laissent supposer que des scientifiques se seraient entendus pour ne pas diffuser certaines informations qui allaient à l’encontre des thèses du réchauffement climatique ↑
4.    Samedi soir, dans « On n’est pas couché Â» ↑
5.    Que Elisabeth Lévy sache qu’elle peut me surnommer blogueur-cancoillotte tant qu’elle veut. Je ne me vexerai pas.
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