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Le G20 plie devant la rigueur européenne

Lundi 28 Juin 2010 à 05:01 | Lu 5094 fois I 14 commentaire(s)

Emmanuel Lévy- Marianne

Le G20 de Toronto s’achève et une chose est claire, c’est que rien ne l’est. Deux positions quasi irréconciliables se faisaient face. Celle portée par le président américain, soutenue du bout des lèvres par les pays émergents, appelant à maintenir les politiques de relance. De l’autre la quasi totalité des pays occidentaux tous occupés à se comparer la grosseur de leur plan de rigueur. Dernier en date, celui du nouveau premier ministre britannique.


(1suisse-flickr-cc)
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A lire le traditionnel communiqué final qui clôt les grandes messes internationales, celui que publie le G20, ce dimanche 27 juin, se classe dans la catégorie schizophrènique, ou, au moins paradoxale. «Nous devons laisser agir jusqu'au bout nos plans de relance budgétaires pour consolider la reprise», indique le G20.
Pourtant un peu plus loin on peut lire :  «Des ajustements simultanés dans les plus grands pays risquent de compromettre la reprise», sans doute à la demande des grands pays émergents. Brésil, Chine, Inde, Russie voient d’un mauvais œil leurs débouchés européens en passe de se réduire comme peau de chagrin.

Mais les tenants de la rigueur, Allemagne en tête ont fini par obtenir ce qu’ils voulaient, une référence explicite à la priorité de l'austérité :  «Des finances publiques solides sont essentielles pour soutenir la reprise, donner des marges de manœuvre en cas de nouveau choc, et éviter de laisser aux générations futures un héritage de déficit et de dettes». Alors que leur équipés de foot s’affrontaient, Allemands et Britanniques ont joué de conserve. Résultat : le G20 valide les objectifs de déficits et de dette publique, réplique exacte du pacte de stabilité européen.

Ces objectifs chiffrés sont en phase avec les plans de rigueurs avancés par la France et la Grande-Bretagne, à la suite de l’Allemagne. Nicolas Sarkozy a beau essayer de se faire passer pour un promoteur de la relance, le plan présenté par David Cameron le nouveau premier ministre britannique ne tranche pas vraiment avec celui présenté par son homologue français. Outre-manche, on a pas cette pudeur vis-à-vis du mot rigueur. « Budget britannique : une austérité inédite », titrait les Echos le lendemain de l’annonce du plan. Pourtant a regarder de plus prêt, la rigueur française est du même acabit, sans que cela n’appelle un titre aussi parlant à la une du quotidien de référence en économie. Cameron promet de réduire de 110 milliards  les déficits publics sur 5 ans, 22 milliards par an. Pas de quoi faire rougir François Fillon qui lui mise sur une réduction de 100 milliards d’euros en 3 ans… Même si seulement 50 milliards ont été réellement détaillés par le premier ministre français, ce qui fait 17 milliards par an…très proche de la potion anglaise.

Bien sur, il y a la taxe sur les banques, 2 milliards d’euros par an. Mais côté britannique on a repris la technique allemande : hausse de la TVA, elle passera de 17,5 % à 20 %, et baisse de la fiscalité sur les sociétés. Quand les Allemands ont baissé les charges sociales, les libéraux britanniques eux misent tout sur la baisse de l’impôt sur les sociétés. Gel du salaire des fonctionnaires. Autant de recettes qui visent à rétablir la sacrosainte compétitivité de l’économie. Mais qu’on ne s’y trompe pas, en adoptant les recettes allemandes, la Grande-Bretagne compte elle aussi se refaire la cerise sur le dos de ses partenaires européens, comme l’Allemagne le fit notamment sur la France et de l’Italie en leur grignotant des parts de marché à l’export. Albion, vise, elle, la localisation des entreprises sur son territoire en baissant l’impôt sur les sociétés.

Le plan de rigueur anglais dispose cependant de deux autres levier de politique économique dont la France se prive. Hors de l’euro, elle pourra encore accompagner sa politique de compétitivité relative par la baisse de la livre, et pourquoi pas un peu d’inflation.

Pour l’heure, de ce côté-ci de la Manche, la surenchère britannique n’a pas donné lieu à une réponse. Même si déjà, on envisage de geler les traitements des fonctionnaires. Quant à une hausse de la TVA, elle est dans les têtes mais encore dans les tiroirs. François Baroin, le ministre du budget, a ainsi évoqué la mise en place d’un taux de TVA intermédiaire. Avec évidemment à la clé, une hausse du produit du principal impôt français.








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