Le «Front Républicain», c’est par où ?
Mardi 14 Septembre 2010 à 14:01 | Lu 15395 fois I 181 commentaire(s)
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur
«Quel Front Républicain contre Sarkozy?»: c'est le thème de la soirée organisée hier par Marianne. Si tous les intervenant étaient d'accord sur la nécessité d'un tel Front, ils ne l'envisagent pas tous sous le même angle, loin s'en faut. Mais il faut un début à tout. Et là, c'est quand même un bon début.
Par l’un de ces hasards de l’actualité dont l’histoire est si friande, la soirée de Marianne sur le thème « Quel Front Républicain contre Sarkozy ? » a eu lieu le jour même où l’on apprenait que les services de renseignement avaient enquêté sur les sources du journaliste du Monde qui suivait l’affaire Woerth-Bettencourt. Comme devait le rappeler Maurice Szafran, directeur de Marianne, lors de l’inauguration de cette soirée, au Théâtre de la Porte St Martin, à Paris (Xème), devant une salle comble, on ne pouvait imaginer pire exemple des dérives illustrant l’abandon programmé des règles communes de la République.
Pour réfléchir au sujet, Marianne avait invité Benjamin Stora (historien), Pierre Moscovici (PS), Cécile Duflot (Verts), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Edwy Plenel (Mediapart), Corinne Lepage (député européenne ex-Modem), et Jean-François Kahn (qu’on ne présente plus). Manuel Valls et Ségolène Royal s’étaient décommandés à la dernière minute.
A des nuances près, tous les orateurs se sont retrouvés pour établir un bilan (très) critique du Sarkozysme. Au-delà de leurs sensibilités propres, tous ont évoqué les « menaces » que fait peser l’Elysée sur l’ordre public, évoquant une République « abîmée », une nation « tachée », une « stratégie de la tension », un « pouvoir inféodé », « une histoire fondamentale ébranlée chaque jour ».
Mais les différences, voire les divergences, sont apparues dès lors qu’il a fallu envisager les ripostes nécessaires et l’hypothèse d’un Front Républicain rassemblant très largement, à l’image du Conseil National de la Résistance (CNR), qui rassembla des hommes allant des communistes aux gaullistes pour libérer le pays et construire le modèle social tant décrié aujourd’hui à l’Elysée comme au Medef.
Ainsi, Pierre Moscovici considère que l’on peut battre Sarkozy « ensemble » mais que « nous ne pouvons diriger le pays ensemble ». Pour le responsable socialiste (tendance DSK), il importe de renforcer le socle de la gauche traditionnelle, élargie aux écologistes, afin d’éviter toute « confusion » et de gagner aux présidentielles de 2012. A ses yeux, débattre avec un Dupont-Aignan est le maximum syndical.
Ce dernier lui rendra la monnaie de sa pièce en évoquant toutes les illusions semées par la gauche (sur la sécurité, l’immigration, l’Europe) et qui ont permis la victoire de Sarkozy en alimentant la désespérance populaire. Lui, au moins, ne s’interdit pas l’hypothèse d’un « front républicain », à condition d’aller « aux causes du mal ».
Cécile Duflot est plus dubitative. Discuter, confronter les points de vue, échanger ? Oui, à condition de prendre l’enjeu environnemental à sa juste mesure. Aller au-delà ? La responsable écolo en doute, car le Front Républicain est une manière de se rassurer à bon compte.
On sent moins de scepticisme chez Corinne Lepage, et surtout chez Edwy Plenel et JFK. Le directeur de Mediapart a longuement invité au débat créatif, à la confrontation, pour refonder un « socle commun » destiné à créer « une autre dynamique ». De son côté, le co-fondateur de Marianne a lancé un vibrant appel au dépassement du sectarisme et du dogmatisme, afin de transcender les étiquettes partisanes pour battre Sarkozy en 2012, hypothèse qui ne lui semble en rien acquise.
Pour JFK, « le combat de 2012 n’est pas un combat ordinaire et classique ». D’où la nécessité de réunir des gens venant d’horizons divers, comme ce fut le cas avec l’expérience du CNR. Peu importe d’où viennent les uns et les autres, l’important est de savoir ce que l’on veut et peut faire ensemble en dépassant les clivages traditionnels. « Front Républicain » ? JFK préfère parler de « convergence républicaine dynamique ». Mais peu importe le mot pourvu qu’on ait la chose.
Au terme d’une telle soirée, on serait tenté de recycler un slogan en vogue à une autre époque : ce n’est qu’un début, poursuivons le débat.
Pour réfléchir au sujet, Marianne avait invité Benjamin Stora (historien), Pierre Moscovici (PS), Cécile Duflot (Verts), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Edwy Plenel (Mediapart), Corinne Lepage (député européenne ex-Modem), et Jean-François Kahn (qu’on ne présente plus). Manuel Valls et Ségolène Royal s’étaient décommandés à la dernière minute.
A des nuances près, tous les orateurs se sont retrouvés pour établir un bilan (très) critique du Sarkozysme. Au-delà de leurs sensibilités propres, tous ont évoqué les « menaces » que fait peser l’Elysée sur l’ordre public, évoquant une République « abîmée », une nation « tachée », une « stratégie de la tension », un « pouvoir inféodé », « une histoire fondamentale ébranlée chaque jour ».
Mais les différences, voire les divergences, sont apparues dès lors qu’il a fallu envisager les ripostes nécessaires et l’hypothèse d’un Front Républicain rassemblant très largement, à l’image du Conseil National de la Résistance (CNR), qui rassembla des hommes allant des communistes aux gaullistes pour libérer le pays et construire le modèle social tant décrié aujourd’hui à l’Elysée comme au Medef.
Ainsi, Pierre Moscovici considère que l’on peut battre Sarkozy « ensemble » mais que « nous ne pouvons diriger le pays ensemble ». Pour le responsable socialiste (tendance DSK), il importe de renforcer le socle de la gauche traditionnelle, élargie aux écologistes, afin d’éviter toute « confusion » et de gagner aux présidentielles de 2012. A ses yeux, débattre avec un Dupont-Aignan est le maximum syndical.
Ce dernier lui rendra la monnaie de sa pièce en évoquant toutes les illusions semées par la gauche (sur la sécurité, l’immigration, l’Europe) et qui ont permis la victoire de Sarkozy en alimentant la désespérance populaire. Lui, au moins, ne s’interdit pas l’hypothèse d’un « front républicain », à condition d’aller « aux causes du mal ».
Cécile Duflot est plus dubitative. Discuter, confronter les points de vue, échanger ? Oui, à condition de prendre l’enjeu environnemental à sa juste mesure. Aller au-delà ? La responsable écolo en doute, car le Front Républicain est une manière de se rassurer à bon compte.
On sent moins de scepticisme chez Corinne Lepage, et surtout chez Edwy Plenel et JFK. Le directeur de Mediapart a longuement invité au débat créatif, à la confrontation, pour refonder un « socle commun » destiné à créer « une autre dynamique ». De son côté, le co-fondateur de Marianne a lancé un vibrant appel au dépassement du sectarisme et du dogmatisme, afin de transcender les étiquettes partisanes pour battre Sarkozy en 2012, hypothèse qui ne lui semble en rien acquise.
Pour JFK, « le combat de 2012 n’est pas un combat ordinaire et classique ». D’où la nécessité de réunir des gens venant d’horizons divers, comme ce fut le cas avec l’expérience du CNR. Peu importe d’où viennent les uns et les autres, l’important est de savoir ce que l’on veut et peut faire ensemble en dépassant les clivages traditionnels. « Front Républicain » ? JFK préfère parler de « convergence républicaine dynamique ». Mais peu importe le mot pourvu qu’on ait la chose.
Au terme d’une telle soirée, on serait tenté de recycler un slogan en vogue à une autre époque : ce n’est qu’un début, poursuivons le débat.
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