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Le Figaro ségoliste ?Philippe Cohen - Marianne | Mardi 17 Novembre 2009 à 14:01 | Lu 10324 fois
Le quotidien conservateur a choisi ce matin de faire la une sur Ségolène Royal, en zappant la fronde des maires contre le projet de suppression de taxe professionnelle.
A lire la une du quotidien conservateur, on s'y tromperait! « Royal ne lâche rien »: on sent l'empathie sous la plume du titreur du Figaro (Etienne Mougeotte ?). L'article, signé de Nicolas Barotte, nous délivre un véritable scoop : Ségolène va mettre les mains dans le cambouis socialiste « pour la première fois de ma vie ». A l'heure où la sarkophonie éclate en mille réformes contestées - j'ai la taxe qui dérape, la justice qui dévisse, et les maires en colère...- la zizanie au sein de la gauche est du pain béni pour le Figaro. Le quotidien consacre une demi-page en format vertical à exposer, sous forme d'infographie, la récap compliquée des ralliés, des alliés, et des divorcés de la planète Royal :
Un pain béni qui lui permet d'éviter d'évoquer en une le sujet du jour qui a mobilisé toutes les radios ce matin : la fronde des maires contre le projet de suppression de la taxe professionnelle, au nom de laquelle le sacrifice public du Premier ministre François Fillon est organisé aujourd'hui. Bien sûr, Etienne Mougeotte est un grand pro : ce sujet est traité sur une pleine page à l'intérieur du journal, avec le titre qui convient : « Gogne des élus locaux : Hortefeux organise la riposte ». Mais on le sait bien : nos hommes politiques ne passent pas leur matinée à décortiquer le journal du jour devant un café et une tartine. Ça c'est ce que faisaient leurs aînés. Un ministre ne doit pas passer plus d'un quart de seconde à regarder le Figaro. En général, il jette un coup d'oeil à la une et c'est marre. Et il en va de même pour tous ceux qui comptent dans notre société. Bref, pas grand monde n'ira jusqu'au bout du très bon papier de Jean-Baptiste Garat ; ««Quand il y a des choses qui ne vont pas dans une famille, il faut le dire. La fidélité politique, ce n'est pas l'inféodation», s'exclame Gérard Roche, son homologue de Haute-Loire. À l'appui de ces critiques, l'ADF a présenté un sondage Ipsos qui montre que les Français jugent la réforme «électoraliste» (54 %), inefficace en matière d'économies (53 %) et pas «prioritaire» (66 %). Créée lundi place Beauvau, la task force de Brice Hortefeux a connu devant les présidents de conseils généraux sa première défaite». Pas vu pas pris, Mougeotte est parti dîner hier soir la conscience pure : il n'a pas lâché Sarkoland dans la tempête....
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