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Le CAC 40, premier évadé fiscal de FranceBernard Maris | Mercredi 20 Février 2008 à 07:10 | Lu 9777 fois
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Les fleurons de l'industrie française, aux profits ahurissants, se mettent en quatre pour éviter que ces bénéfices profitent à la société.
A quoi servent les super profits du CAC 40, autrement dit à qui profite la richesse de nos entreprises ? Il y a quelques jours, un très bon article, signé Jean-Pierre Robin dans Le Figaro évoquait « la richesse des entreprises et la pauvreté des nations ». Comment expliquer ce paradoxe : des entreprises énormes et très riches, et une nation dont le pouvoir d'achat ne bouge pas ou peu ?
Explication très simple, ces entreprises aux profits mirobolants (12 milliards d'euros pour Total, 8 pour BNP Paribas, 7 pour Sanofi Aventis) ne travaillent pas en France, elles travaillent à l'extérieur. Elles ont (les entreprises du CAC 40) 31 000 filiales dans le monde, qui emploient 6 millions de personnes. Quel argent font-elles rentrer en France ? L'argent qu'elles distribuent à leurs actionnaires français. 60% des actionnaires du CAC 40 sont des Français. En 2006, ils ont perçu, d'après L'Expansion, quelques 24 milliards d'euros. Ensuite, il y a les salaires versé à leurs états-majors, centres de recherche et sièges sociaux, dans la mesure où ils sont situés en France. La Suisse, paradis du CAC 40 Et puis, il y a les impôts versés à l'Etat français... Certes, mais comme elles travaillent à l'étranger, elles versent une grosse part de leur impôt à l'étranger. Une entreprise comme Lafarge, par exemple, verse plus d'impôt au Trésor américain qu'au Trésor français. De même, Total verse de grosses royalties aux pays producteurs de pétrole. Mais surtout, les entreprises du CAC 40 cherchent à échapper à l'impôt. Comment ?Par exemple, certaines bénéficient du système dit du « bénéfice mondial consolidé ». La multinationale additionne les gains et les pertes de toutes ses filiales, et paye l'impôt sur le solde. Total, Areva, Vivendi profitent de ce système. D'autres pratiquent la délocalisation virtuelle. On loge les actifs immatériels, les marques, aux Pays-Bas, où l'on a le droit de les amortir ! Autant de bénéfices à déclarer en moins. D'autres techniques ? La plus simple. On fait migrer des holdings ou des filiales en Suisse. Classique. Alstom, Axa, l'Oréal sont inscrites au registre du commerce de Lausanne. Impôt sur les bénéfices, 10% seulement. Au total, les entreprises du CAC 40 qui devraient payer 34,9% d'impôt sur leurs bénéfices, n'en payent que 26,6%. En toute légalité. La phrase du jour : « Faire de l'argent où l'on veut, quand on veut, avec qui l'on veut », la devise de la multinationale. Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49]url:http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/journaldeleconomie/. Dans la même rubrique :
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