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La presse américaine, une espèce en danger ?

Régis Soubrouillard | Lundi 15 Décembre 2008 à 08:17 | Lu 7356 fois

Plus de 15.000 emplois supprimés depuis le début de l'année, des journaux parmi les plus prestigieux menacés de faillite, la presse américaine traverse la pire crise de son histoire. Certaines agences financières estiment même que des grandes villes pourraient être privées de journaux à dès 2010.



La presse américaine, une espèce en danger ?
La presse américaine traverse une crise sans précédent. Tous les voyants sont au rouge : diffusion, petites annonces, publicité locale et nationale. Conséquence de ce marasme, c’est désormais une véritable crise sociale qui frappe le secteur.

Eric Scherer le note sur Mediawatch : « On frôle déjà 15.000 jobs supprimés depuis janvier (contre un peu plus de 2.000 sur les six derniers mois de 2007). Le dernier guichet départ chez Gannett, 1er groupe de journaux US, concerne environ …2.000 postes. Il s’agit probablement du plus grand plan social de l’histoire de la presse américaine ».

Newsweek réduit son tirage, le New-York Times hypothèque son siège
Une carte des licenciements réalisée par Erica Smith, journaliste au St-Louis Post Dispatch montre l’étendue des dégâts. Au moins 15.153 emplois de journalistes auraient été supprimés. Aucun état n’est épargné. Les journaux les plus prestigieux n’y échappent pas non plus : le Wall Street Journal a supprimé 50 postes et a annoncé la fermeture d’une imprimerie à Chicago, le New-York Times a sabré une centaine de postes en début d’année et hypothéqué son siège de Manhattan, le San Francisco Chronicle a licencié 125 personnes. Même le magazine Newsweek va diminuer ses effectifs et réduire son tirage pour faire face à la baisse de son lectorat, selon des informations du Wall Street Journal. L’hebdomadaire aurait vu ses volumes de publicité diminuer de 21%.

Enfin, le Los Angeles Times, qui a déjà supprimé des centaines de postes depuis le début de l’année, serait au bord de a faillite. En octobre le groupe Tribune Co, propriétaire du journal –mais aussi de chaines de télé, du Chicago Tribune, et d’un club de baseball- avait annoncé une perte trimestrielle de 124 millions de dollars. Le PDG Sam Zell avait fait état « d'un climat financier et économiquement exceptionnellement difficile », et d'un recul de 2% des ventes des journaux.

Des grandes villes américaines privées de journaux
Le mois suivant, l'agence de notation financière Standard and Poor's se montrait très pessimiste à l’égard du groupe estimant que « Tribune pourrait ne pas générer assez de liquidités en vendant des actifs pour rembourser sa dette à un niveau suffisant »

Et le pire est à venir. Pour s’en sortir des grands groupes envisagent des fusions de titres. Une vraie menace pour le pluralisme de la presse. L’agence de notation financière Fitch annonce ainsi que de grands journaux et groupes de journaux feront faillite en 2009, privant ainsi « plusieurs grandes villes » américaines de leurs quotidiens dès 2010.



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