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La mondialisation favorise-t-elle la diffusion des virus ?Bernard Maris | Lundi 4 Mai 2009 Ã 07:00 | Lu 4397 fois
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Nous sommes en 1720 à Marseille, le Grand Saint Antoine bateau chargé des soiries arrive de Smyrne. Visiblement il porte la peste à bord. Le capitaine Château, qui commande le navire, est aussi un des commanditaires de l’expédition. Que faire ? Il a bien envie de récupérer sa mise. Les marchands de Marseille, veulent qu’on débarque la soie, car bientôt il y a la foire de Baucaire où ils la vendront. Et la Foire de Baucaire crée des emplois. Les marins, eux, veulent débarquer, ils en ont marre de la haute mer, et puis ils veulent apporter de jolis foulards de soie à leus belles ou aux prostituées du port. Ils font pression sur le capitaine Château. Que faire? 50 000 morts pour le business Les médecins de Marseille pensent qu’il s’agit bien de la peste. Mais les marchands font venir des experts d’ailleurs, de Montpellier notamment qui, grassement payés, disent : ce n’est pas la peste. Bref on débarque, 50 000 morts, la ville de Marseille est décimée. Le profit a triomphé de la santé – et le profit est mort, les marchands, la ville, le capitaine Château tout le monde est ruiné. La mondialisation avait apporté la peste. Mais ce sera la dernière, les hommes apprennent : et le système de décontamination et de quarantaine deviendra terriblement efficace. On joue au foot devant des stades vides, et on ne laisse plus passer les marchandises douteuses comme autrefois. Mais il est incontestable que la mondialisation, et son corrolaire, la production industrielle de viande, la division internationale du travail, la recherche effrénée de la productivité ont des conséquences sur la transmission des virus. L’une des conséquences de la mondialisation est la perte de la diversité en matière animale et végétale, et il est probable que la perte de diversité n’est pas très bonne en matière de défense immunitaire. Même si le progrès de la médecine, et notamment les antibiotiques parviennent à juguler les pandémies... Dubos, Flemming. L’homme lutte efficacement contre la maladie et la mort. Mais les vecteurs du progrès sont aussi les vecteurs des maux futurs : les antibiotiques donnés massivement aux humains et aux animaux ont détruit leur efficacité. On a l’impression que l’homme est plus le jouet de la mondialisation qu’il n’en est le maître. L’utilisation à gogo des antibiotiques dans les élevages sélectionne une armée de microbes résistants. Le livre du jour : Vive la malbouffe ! de Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet et Olivia Recasens, illustrations de Wozniak, éditions hoêbeke.
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