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La gauche française s'endort dans les bras de l'Europe

Gaël Brustier - Essayiste | Dimanche 12 Juillet 2009 à 17:01 | Lu 5642 fois

La gauche française s'est-elle dissoute dans la social-démocratie européenne? Sans doute, selon Gaël Brustier, à moins qu'elle n'ait le courage de dépasser l'éternel clivage entre première et deuxième gauche.



(photo: smudie - Flickr - cc)
(photo: smudie - Flickr - cc)
La Gauche française est-elle perdue dans le triangle des Bermudes de la social-démocratie européenne finissante ? Avec frénésie elle s’est emparée des dernières croyances à la mode, avec passion elle rejoue sans cesse des débats du passé et dépassés, avec aveuglement elle s’est détournée des questions qui, pourtant, pourraient l’amener à devenir dominante dans le pays.

Dans la période actuelle, le pis-aller écolo-centré, qui voit se substituer dans le panthéon de la Gauche, un photographe héliporté et un animateur télé en ULM à Jean Jaurès ou Lucien Herr, laisse pantois. La dernière des religions – l’écologisme millénariste télégénique – est pourtant la négation du politique. Assénant une morale de missionnaires et d’Inquisiteurs, elle délaisse le terrain du concret pour s’en remettre à la contrition, aux indulgences et à la mortification. Idéologie a-conflictuelle, la religion verte peut pardonner au pécheur mais ne remet jamais en cause les fondations du système économique actuel. Evidemment, contester la nouvelle théologie verte n’exclue pas de se poser quelques bonnes questions relatives au mode de production et de consommation frénétique des sociétés du Nord et de discuter des éléments de décroissance qu’il devient urgent de mettre en place. La crise environnementale existe mais elle est aussi, dans le monde, la conséquence de formes de domination. On n’a jamais combattu l’injustice par l’établissement d’un ordre moral plus contraignant. Les listes « Europe Ecologie » ont eu ceci de particulier qu’elles ne s’en prenaient à personne : ni au lobby de la chimie, ni à un libre-échange destructeur ni enfin à la frénésie consumériste, apparemment légitime pour peu qu’elle soit verte… Pour la Gauche, l’enjeu n’est pas de participer à ce Te Deum cohn-bendiste mais à conflictualiser (enfin !) le combat environnemental et en faire un vecteur d’émancipation.

On ne peut cependant, confessons-le, reprocher au citoyen de préférer défendre les ours polaires que les éléphants de Solférino. D’autant que ces derniers rejouent à l’infini des saynètes déjà maintes fois produites dans ce théâtre d’ombres qu’est la vie politique française. Le clivage entre première et deuxième gauche est ainsi devenu complètement obsolète. A chaque Congrès du PS, on nous prédit une réédition du Congrès de Metz de 1979. Au fond, si la première gauche n’a pas réussi à véritablement supplanter la deuxième c’est parce qu’elle s’est interdit de penser la société, et si cette dernière ne s’est pas substituée à la première c’est parce qu’elle a refusé de penser la nation. Dans cet éternel match nul entre deux Gauches, on a gagné un jeu de postures, une concurrence effrénée des écuries présidentielles et perdu autant d’intelligence collective que d’électeurs. Presque consécutivement, l’Europe est devenue un mythe de substitution, alternativement palliatif ou sédatif…

L’Europe est en effet l’autre débat qu’il faut enfin dépasser. A l’instar d’Hubert Védrine, osons enfin affirmer que « les controverses générales sur l’Europe sont épuisées depuis le référendum de 2005 ». Il faudrait à la Gauche le courage d’accepter une évidence : la nation est le seul espace pleinement civique. Il lui faudrait aussi la témérité d’accepter que l’Europe soit ce qu’elle doit être : une forme de cosmopolitisme qui n’a aucunement vocation à se substituer aux nations ni non plus à devenir un ensemble fédéral. C’est un effort à faire pour tenants du « oui » à la Constitution européenne qui, dans leur ensemble, ne renoncent encore pas à s’en remettre à une vision idéalisée de l’Europe et justifient ainsi la seule Europe réellement ressentie, celle du droit de la concurrence et du libre-échange. Ceux du « non » quant à eux, en se remettant à une hypothétique « constituante » européenne ne rendent pas service non plus au débat public en avançant des hypothèses plus franco-françaises que véritablement réalistes.

Pour en sortir, la Gauche française doit savoir aborder quelques problèmes fondamentaux : quelle analyse commune de la géopolitique mondiale peut-elle dégager ? Quelle analyse de la mondialisation en découle ? Quel sort réserve-t-elle au libre-échange ? Comment entend-elle se préparer aux potentielles crises monétaires de demain (chute du dollar et/ou explosion de l’Euro) ? Sur cette base quel projet de société a-t-elle la volonté de bâtir : comment conçoit-elle l’égalité ? Veut-elle en faire le facteur de mobilisation des trente prochaines années ? A ces questions, il devient urgent de répondre.



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Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

111.Posté par PAPA le 15/07/2009 12:37

Elie Arié.
Et si il était présent!!Avec la direction de la CFDT de l'époque!

110.Posté par Elie Arié le 15/07/2009 10:58

@ 109 PAPA

Mitterrand n'était pas à Charléty, c'était Mendès-France (qui n'y a d'ailleurs pas pris la parole).

109.Posté par PAPA le 15/07/2009 10:41

@Jack 52
Pour ta gouverne mon Camarade de lutte!
Sache que l'on peut-être élu par ses Camarades secrétaire d'une UL et être aussi au boulot!
Fraiseur P3,je consacrais plusieurs soirées à l'activité syndicale!Il est vrai que j'étais célibataire!
Pour ta gouverne,nous savions que De gaulle,soit disant envolé,était en réalité en liaison avec son Général Massu.
Des troupes entouraient la Capitale,prêtes à nous rejouer la commune de Paris.
De plus,...

108.Posté par Elie Arié le 14/07/2009 23:39

@ 107 l'Omnivore Sobriquet


""Il faudrait à la Gauche le courage d’accepter une évidence : la nation est le seul espace pleinement civique. Il lui faudrait aussi la témérité d’accepter que l’Europe soit ce qu’elle doit être : une forme de cosmopolitisme qui n’a aucunement vocation à se substituer aux nations ni non plus à devenir un ensemble fédéral."

Tiens, un autre chevènementiste!

107.Posté par l'Omnivore Sobriquet le 14/07/2009 22:06

"Il faudrait à la Gauche le courage d’accepter une évidence : la nation est le seul espace pleinement civique. Il lui faudrait aussi la témérité d’accepter que l’Europe soit ce qu’elle doit être : une forme de cosmopolitisme qui n’a aucunement vocation à se substituer aux nationsni non plus à devenir un ensemble fédéral."

La nation est l'échelle idéale pour le directoire politique.
C'est son utilité naturelle. Au dessus de QUELQUES régions cha...
http://lomnivorepremieressai.blogspot.com/

106.Posté par jack52 le 14/07/2009 19:43

99. Posté par Valmy le 14/07/2009 14:30
C'est vrai que citer Lénine pour un soi-disant anti-communiste c'est assez drôle... mais alors quand c'est un Stal' qui défend l'honneur de Vladi, là ça devient carrément fendard !!!!

Surtout pour un frontiste......

105.Posté par patience le 14/07/2009 15:12

@elie arié "Il avait tout de même prévu, dès 1855, que le capitalisme était destiné à se mondialiser... "

Balzac aussi. Et alors?


104.Posté par Elie Arié le 14/07/2009 15:11

@ 103 Valmy

Il n'y a pas que Minc: Warren Buffett, première ou deuxième fortune mondiale (selon les années, en alternance avec Bill Gates) : "Bien sûr que la lutte des classes existe, et c'est la mienne qui est en train de la gagner".

103.Posté par Valmy le 14/07/2009 14:58

@ Elie Arié
Ah ce bon vieux Karl... à jamais indémodable c'est bien vrai. Même Minc se réclame comme étant le dernier marxiste, c'est vous dire.

102.Posté par Elie Arié le 14/07/2009 14:49

@99 Valmy

Je ne connais pas de meilleure grille de lecture du monde que celle de Marx, même si je n'en ai pas une approche religieuse: il n'a pas toujours raison sur tout, il s'est beaucoup trompé et ce n'est pas hérétique de le dire - mais ce qui est intéressant, c'est là où il ne s'est pas trompé.

Il avait tout de même prévu, dès 1855, que le capitalisme était destiné à se mondialiser...

101.Posté par Valmy le 14/07/2009 14:48

@Jack52
Tout à fait d'accord, surtout que là où y' pas de gêne...

100.Posté par jack52 le 14/07/2009 14:35

99. Posté par Valmy le 14/07/2009 14:30

Bonjour, on trouve son plaisir ou on peut tu es d'accord avec moi.

99.Posté par Valmy le 14/07/2009 14:30

C'est vrai que citer Lénine pour un soi-disant anti-communiste c'est assez drôle... mais alors quand c'est un Stal' qui défend l'honneur de Vladi, là ça devient carrément fendard !!!!

98.Posté par jack52 le 14/07/2009 14:26


92. Posté par Elie Arié le 14/07/2009 13:41
@ 90 Jack52


Pour les magouilles électorales de la droite aux élections de juin 68 (découpage des circonscriptions pour changer le résultat), petit rappel en nombre de voix:
Total majorité présidentielle: 12 875 134
(UDR 8 442 413 PDM 2 289 849 RI 1 225 119 Divers droite 917 753)

Total gauche 9 132 145
(PCF 4 434 832 FGDS 3 660 250 PSU 873 581)

Tu pourrais pas nous donné ce que ces résultats donnent e...

97.Posté par patience le 14/07/2009 14:22

@elie arié

Je n'ai pas écrit "revendications bourgeoises" mais "révolution" bourgeoise. Tous les signes typographiques ont un sens, en l'occurrence les guillemets que j'ai mis à "révolution" en ont un.
Cela étant, bien évidemment, dans les revendications de 68, certaines d'entre elles étaient profitables à tous. Mais rappelons tout de même que 5% des fils d'ouvriers (à cette époque) fréquentaient l'université. Sur ce suel point, qui est essent...

96.Posté par jack52 le 14/07/2009 14:20

92. Posté par Elie Arié le 14/07/2009 13:41
@ 90 Jack52

Tu commences à me les briser, en parlant de "mes amis de la droite", en bon facho-stalinien que tu resteras toujours (il ne manque que "vipère lubrique").
Pour les magouilles électorales de la droite aux élections de juin 68 (découpage des circonscriptions pour changer le résultat), petit rappel en nombre de voix:

Pour les tripatouillages électorales avec la droite tes potes étaient les c...

95.Posté par jack52 le 14/07/2009 14:16

92. Posté par Elie Arié le 14/07/2009 13:41

Moi je parlais de la présidentielle avec Pompidou, et Poher au deuxiéme tour....tes petits copains qui avaient refusé un accord au premier tour avec le pCF candidat jeacues Duclos, tu sais "bonnet blanc et blanc bonnet" et qui au deuxième tes potes avait appeler à voté Poher.....A part cela ce ne sont pas tes amis.
Oui les faits son tétus, et toi cité Lénine.... tu es gonflé alors que tu es un bon an...

94.Posté par jack52 le 14/07/2009 14:11

93. Posté par Elie Arié le 14/07/2009 13:41
Le doudou qui s'énerve et en arrive aux insultes, c'est pas beau pour une personne aussi instruite que toi.....Tu devrais montré l'exemple et apprendre à te contrôler.
Les prolos parlent mieux que toi.

93.Posté par Elie Arié le 14/07/2009 13:41

@ 90 Jack52

Tu commences à me les briser, en parlant de "mes amis de la droite", en bon facho-stalinien que tu resteras toujours (il ne manque que "vipère lubrique").

Pour les magouilles électorales de la droite aux élections de juin 68 (découpage des circonscriptions pour changer le résultat), petit rappel en nombre de voix:

Total majorité présidentielle: 12 875 134
(UDR 8 442 413 PDM 2 289 849 RI 1 225 119 Divers droite 917 753)

Total gauche...

92.Posté par jack52 le 14/07/2009 12:35

87. Posté par Elie Arié le 14/07/2009 10:15
Au juste tu oublie les congés payés supplémentaires, tu oublie les RTT pour la métallurgie, qui date des accords de Grenelles, et j'en passe, ceci pour te dire que tu ne dit pas tout.
Je n'ai plus tout en tête faudrait que je recherche car il n'y a pas que cela.

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