La gauche du « non » se réveille… avec la gueule de boisAnna Borrel | Samedi 20 Octobre 2007 à 00:02 | Lu 8643 fois
Les opposants de gauche à la Constitution européenne tentent de se mobiliser face au traité simplifié. Mais le PS craint tellement de rouvrir les plaies à peine cicatrisées de 2005 qu’il pourrait bien faire capoter l’opération.
Ce serait comme un groupe qui tenterait de se reformer quelques années plus tard… mais le chanteur n’aurait plus de voix. Mardi 16 octobre, les partisans d’Attac, accompagnés d’Yves Salesse (Fondation Copernic), de Claude Debons (CFDT), d’Alain Krivine (LCR) et des représentants de différentes mouvances de la gauche (Cactus la gauche, Mars, les alternatifs…), ont – enfin - déclaré la guerre au projet de Traité simplifié. Objectif : empêcher qu’un texte qu’ils considèrent comme un Traité constitutionnel bis ne repasse par voie parlementaire, exiger un référendum et déployer un argumentaire percutant pour s’opposer au projet. Il était temps, le nouveau Traité doit être validé cette semaine par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne réunis à Lisbonne. Mais difficile de mobiliser quand les partisans les plus virulents du « non » au référendum du PS se font soudain si discrets. A cette réunion unitaire, on attendait Jean-Luc Mélenchon, et on ne vit que sa représentante, Audrey Galland. Côté PS, seuls Marc Dolez, député du Nord, et Gérard Filoche avaient fait le déplacement.
Oui, non, bof Rue de Solférino, la cacophonie pointe sous une chape de non-dits. Les fabiusiens s’expriment par voie de presse pour demander un nouveau référendum. Mais, même sur cette exigence démocratique minimale, « inscrite dans le projet du PS de 2006 et reprise par la candidate », comme le rappelle le remplaçant de Laurent Fabius au bureau national, Guillaume Bachelay, des dissonances troublent le message. Dans un entretien à Libération, la fabiusienne Pervenche Berès expliquait, jeudi 18 octobre, qu’en cas de référendum, « le PS devrait prôner l’abstention ». « Il est étrange de dire d’avance ce que l’on appellerait à voter sur un texte dont on ne dispose pas encore », nuance Guillaume Bachelay. Et surtout sans discussion préalable entre les différents courants. Sur la question européenne, depuis 2005, on marche sur des œufs. Même pour savoir s’il faut appeler à un référendum, les discours patinent. Timidement, Benoît Hamon, Harlem Désir, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon se prononcent pour. Mais le président du groupe à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault, et surtout Pierre Moscovici, sont favorables à une ratification parlementaire. Allumer la mèche... du pétard mouillé ? « C’est à nous, les unitaires, d’allumer la mèche pour donner un peu de courage politique aux nonistes du PS. S’ils voient que le débat prend forme, ils nous rejoindront, veut croire Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste. Mais ils sont tétanisés par la recomposition des courants et des tendances qui ne prendra fin qu’avec leur Congrès, en octobre 2008. » Focalisés sur le jeu politique interne jusqu’à la désignation d’un nouveau Premier secrétaire, les socialistes, emmenés par François Hollande, pourraient donc finalement opter pour la position la moins engageante possible : réclamer mollement un référendum et prôner l’abstention. A l’exception de George Sarre, qui n’est plus au PS depuis 1991, et qui a frontalement attaqué le Traité dans une tribune du Monde cette semaine, les uns et les autres pourraient mettre leurs convictions de côté, au profit de calculs tacticiens et de jeux d’alliances qu’ils espèrent profitables. Au risque de faire capoter le débat sur l’Europe et de passer à côté de l’actualité politique. Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager
Digg
Del.icio.us
Wikio
Facebook
Google
MySpace
Twitter
LinkedIn
Viadeo







