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La fin de la crise ? Ce sera 2015, si tout va bien...Régis Soubrouillard | Mercredi 1 Avril 2009 à 08:34 | Lu 19985 fois
Alors que ministres et conseillers s'évertuent à diffuser la parole optimiste qui voudrait qu'à la fin de l'année, la crise ne sera plus qu'un mauvais souvenir, l'économiste James Galbraith publiait un texte dans une revue américaine démontant les visions angélistes de la crise, critiquant la faiblesse de la relance américaine, et appelant à un plan d'une envergure comparable à l'effort de guerre américain après la crise 1929.C'est un texte qui ne suscitera pas l'optimisme, pas plus qu'il ne redonnera confiance aux ménages. N'en déplaise à Alain Minc. Il est l'oeuvre de James Galbraith, le fils de son père, célèbre économiste d'obédience keynésienne, conseiller des présidents Roosevelt, Johnson et Kennedy. Ce mois-ci, James Galbraith donc, lui-même économiste, publiait un long texte dans la revue Washington Monthly, dans lequel il remet en cause la pensée économique mais aussi les modèles informatiques issus de l'après guerre qui ne seraient « pas aptes à rendre compte de la crise et à en prévoir les développements, en raison de la durée qui sera nécessaire au désendettement des ménages, au nettoyage des écuries d’Augias bancaires, à la disparition des surcapacités et au rétablissement de la confiance ». Galbraith prend pour exemple la faiblesse du plan de relance américain que d'aucuns qualifient « d'impressionnant ». Sans comparaison avec le plan de relance mis en place par l'administration Roosevelt après la crise de 1929: « Si l’on prend en compte la caractéristique financière hors norme de cette crise, la relance par le crédit, même une fois « réparé » le système bancaire, n’est qu’une illusion, juge-t-il, et l’intervention de l’Etat devrait alors changer de braquet. A quel point ? Galbraith rappelle en quelques chiffres: l’ampleur des efforts déployés par Roosevelt : 60% des chômeurs employés par les grands travaux de l’Etat. Un milliard d’arbres plantés. 2500 hôpitaux, 45 000 écoles, 7 800 ponts, plus d’un million de km de réseau routier et un millier d’aéroports construits ou rénovés. Sans oublier l’embauche de 3000 artistes, dont Pollock et de Kooning ». Obama: aucune pensée économique C'est là que Galbraith entreprend de démonter le scénario du Congressional Budget Office, l’organisme public sur lequel s’appuient les législateurs pour évaluer la situation de l’économie et préparer leurs projets de budget. Il prévoyait un redémarrage débutant à la fin de cette année, avec un retour à la normale l’économie aux alentours de 2015. Inutile de gaver les banques Galbraith fait un utile retour en arrière: « si nous assistons à un véritable effondrement de la finance, les modèles ne serviront à rien. Il est donc utile d’effectuer un retour en arrière, en deçà des années d’après-guerre, pour remonter jusqu’à l’expérience de la Grande Dépression. Et seule une analyse de type qualitatif et historique le permet. Nos modèles informatiques modernes ne tiennent tout simplement pas compte de l’élément clé de cette crise qui est, précisément, l’effondrement du système financier. Si le système bancaire est paralysé, alors pour être efficace le secteur public doit faire beaucoup plus ».Il sera difficile de faire aussi « bien », car c'est uniquement l'effort de guerre qui a relancé l'économie américaine. Même « la relance du secteur financier privé a pris vingt ans, durant lesquels la guerre s’est déroulée ».
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