La fable de la québéquoise sanctionnée à cause de FacebookSeb Musset - Blogueur associé | Mardi 24 Novembre 2009 à 07:01 | Lu 7755 fois
A la télévision, le moindre fait divers impliquant l'internet est l'occasion de rappeler les dangers supposés de la dissémination d'informations privées sur la toile. Mais comme le dit Seb Musset, l'enjeu est moins dans la présence d'informations que dans l'usage qui en est fait.
Mollesse nationale et familles emprisonnées dans leurs 4X4, avec mômes et Cofinogas au milieu d'embouteillages sur la route du Kipositive : le week-end est le moment idéal pour saturer les ondes de faits-divers et d'anecdotes à haute valeur symbolique ajoutée, vaselinant le passage pour de futures taxes ou lois liberticides. « Une salariée québécoise en congés maladie pour dépression s'est vue suspendre ses allocations car son assureur a observé une photo d'elle souriante sur facebook. » Stupéfiante nouvelle : Les indemnités journalières de la salariée dépendent d'un assureur privé. Zut aucun des trois médias (Europe 1, France2, M6) ne s'attarde sur ce point.
Le top est atteint dans le 19.45 d'M6 le 22 novembre (à 11.30) « Les réseaux sociaux sont-ils un danger pour la vie privée ? »
Réponse : OUI à 71% Sondage réalisé avec la collaboration de Msn (qui a foiré le virage internet du réseau social) Et hop ! Voilà comment, en profitant d'une information à peine évoquée, je te balance en 20 secondes ma publicité anti-réseau social, je fais le boulot d'une agence de presse gouvernementale au terme d'un week-end de bourrage de crâne et je te culpabilise l'audience avec sa complicité. « Si les femmes restaient chez elles, vêtues d'un sac à patates cadenassé, seraient-elles moins violées? » Sermonner à l'internaute que les réseaux sociaux sont dangereux, qu'il est irresponsable et qu'ils doivent tous se brider parce que l'un d'eux a été abusé, c'est comme d'affirmer à toutes les femmes, au prétexte que l'une d'entre elles s'est fait violer par un obsédé à 5000 kilomètres de là, que la plage est un lieu de haut péril, que les maillots deux pièces sont des armes de catégorie 5 et que bon, être femme c'est chercher les emmerdes. Cette information (hors-actu in-propagande) de M6 est en parfaite adéquation avec l'humeur politique et législative du moment : Faire porter la responsabilité mentale des crimes sur l'ensemble des victimes potentielles au lieu de s'occuper sérieusement des coupables et, encore moins, des raisons de leurs agissements.
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