La Société générale: alerte, vendez tout, sauf l'or!Sylvain Lapoix - Marianne | Samedi 21 Novembre 2009 à 12:42 | Lu 19190 fois
Passé quasi inaperçu, le rapport d'un analyste de la Société générale met en garde contre les nouveaux risques généré par le surendettement des états et invite ses clients à adapter ses placements à une éventuelle nouvelle crise.
«A l'heure qu'il est, personne ne peut affirmer avec certitude si nous avons effectivement échappé à un effondrement économique mondial.» N'allez pas chercher ces propos dans la bouche d'un altermondialiste quelconque : elles sont extraites d'un rapport de la Société générale, repéré par le quotidien britannique Daily Telegraph !
Signé par un cadre de la division Cross Asset du pôle Credit and investment banking (trading et opérations de marchés), le texte de 68 pages énumère trois scénarios catastrophes, allant du dévissage global («Bear case») à la stagnation durable, et invite ses clients à changer leur fusil d'épaule. Présenté le 5 novembre par la banque, il ne professe qu'une seule certitude : la crise est loin d'être finie ! Vendez tout... sauf l'or et le sucre !
Les conseils de placement sont clairs : vendre le dollar, les monnaies plombées par les dettes publiques, les valeurs cycliques (technologie, automobile...)... Et surtout «voyagez» : les «pays émergents», si chers au cœur des économistes médiatiques, ne seront pas épargnés selon le spécialiste de la Société générale. La banque est d'autant plus encline à conseiller à ses clients huppés de vendre leurs actions que celles-ci ont gagné entre 30 et 50% depuis février 2009.
Que garder alors ? De l'or ! Seule valeur refuge face aux aléas des monnaies, le métal pourrait «grimper encore, encore et encore», selon ce rapport. Egalement à conserver les «farm commodities», autrement dit les produits alimentaires, notamment le sucre : même au chômage, on mange ! Des bons du trésor américains, Daniel Fermon ne fait pas grand cas, là encore, à cause de l'endettement public : «nous avons presque atteint le point de non retour en terme de dette des Etats.» A côté du discours ambiant, qui, à l'instar de la ministre de l'Economie française, se gargarise de l'imminente «reprise», les perspectives tracées par ce document à l'intention des investisseurs confirme que, derrière la com, les banquiers ne sont pas plus rassurés que ça. Mais pourquoi annoncer la couleur et décourager la Bourse quand la machine à spéculer garantit de si beaux résultats trimestriels ?
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