Marianne2 2012

La Poste: c'est aujourd'hui qu'on «votationne»

Samedi 3 Octobre 2009 à 07:01 | Lu 8990 fois I 101 commentaire(s)

Jessica Thomas - Marianne

La Poste ne changera pas de statut sans rien dire. Le 3 octobre, c'est LE grand jour de la votation citoyenne. Un vote sans validité juridique, mais à haute valeur symbolique: «Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Etes-vous d'accord avec ce projet?». Le Non devrait sortir vainqueur, sans surprise. Une seule inconnue, très attendue: la participation.


« S'il y a un gouvernement qui veut privatiser La Poste, je cours au premier bureau de la CGT voter contre ». Christian Estrosi est donc attendu les bras ouverts dans un des 4000 bureaux de votes improvisés pour la votation citoyenne du 3 octobre. Le ministre de l'Industrie entend en réalité mettre en cause la légitimité de cette votation citoyenne sur le changement de statut de La Poste, organisée à l’appel du comité national contre la privatisation de La Poste. « Quant on voit qu'un scrutin voit sa question posée par M. Besancenot et que ce sont les socialistes qui sont chargés de dépouiller, j'émets de sérieux doutes sur la crédibilité et la légitimité de ce scrutin ».

Surtout que cette consultation n'est pas un vote. Elle n'a pas de valeur juridique. Et c'est aussi ça que Christian Estrosi remet en cause. Mais Nicolas Galepydes, animateur du collectif à l'origine de la votation, interrogé par l'Associated Press, répond tranquillement. « Je veux bien qu'on me dise que ça n'a aucune valeur juridique, pas plus qu'une manifestation ou une grève. Mais il y une vraie vague. C'est un vrai mouvement social. Le gouvernement a vraiment touché à quelque chose. Il y a une vraie crainte ». Pour le reste, il est confiant. Les résultats du scrutin devraient être annoncés lundi, et il s'attend à une large victoire du Non. « Les chiffres qu'on attend, c'est le nombre de votants ».

Alors, pourquoi une votation? Et pourquoi faut-il y aller?

Parce que les salariés de La Poste n'ont pas de moyens de pression réels sur le changement de statut de l'entreprise. La grève du 22 septembre a été très peu suivie. Un peu plus de 20% selon la direction, 35 à 40% selon les syndicats. Ils ont besoin du soutien populaire. Et un sondage CSA, publié par l'Humanité, montre qu'on ne veut pas de ce changement de statut: 75% des Français voteraient « Non ». La votation citoyenne est un moyen de faire entendre ce « Non » un peu plus fort.

Parce que le seul moyen d'empêcher le changement de statut de La Poste serait un référendum d'initiative populaire. Et que ce moyen-là entre dans le domaine de l'utopie. Il faut obtenir l’adhésion d’un cinquième des membres du Parlement et un dixième des personnes inscrites sur les listes électorales, soit environ 4,5 millions d’électeurs. Et, sérieusement, c'est inatteignable. Ce qui n'empêche pas d'essayer ! Deux pétitions à signer dans cet objectif : d'abord celle du président de la région PACA, Michel Vauzelle, la Charte des services publics, pour que les services publics soient inscrits dans la consitution. Elle a déjà recueilli 300 000 signatures, dont 250 parlementaires, et espère atteindre le million...
Signer ici

Celle lancée par Marianne pour réclamer l'organisation d'un référendum d'initiative populaire sur l'ouverture au privé du capital de La Poste, et qui a recueilli près de 10 000 signatures.
Signer ici

Les enjeux du changement de statut

Et puis, parce que le changement de statut de La Poste, contrairement à ce que prétend le gouvernement, est un premier pas vers la privatisation. et qui dit privatisation, dit fermeture des bureaux « non rentables », licenciements, inégalité d'accès aux services postaux... que du bon!

Les articles de Marianne2 sur le sujet

La Poste: Le Figaro plus estrosiste qu'Estrosi! Par Régis Soubrouillard
Sûr de son fait, le nouveau ministre de l'Industrie, Christian Estrosi a affirmé que le changement de statut de La Poste était une obligation qui découlait de la directive européenne de 1997. Affirmation largement relayée par Le Figaro qui omet de préciser que ce changement de statut n'est en rien une obligation mais une décision politique et industrielle assumée par le gouvernement et la direction de la Poste.

La Poste est et restera publique, qu'ils disaient... Par SuperNo
Secteur Public et Secteur Privé sont dans un bateau. Secteur Public ouvre la porte, qu'est-ce qu'il reste? SuperNo nous raconte l'histoire de La Poste, et ses doutes quand il entend Christine Lagarde promettre de ne pas la démanteler...

La Poste: changement de statut ou de société? Par Régis Soubrouillard
Les promesses de Christine Lagarde de ne pas liquider La Poste n'ont pas convaincu SuperNo. Pas plus que les mariannautes, très attentifs à la rhétorique de la locataire de Bercy. Evoquant la mission de La Poste, Christine Lagarde ne parle déjà plus de « service public » mais de « service universel ». L'expression, inoffensive, au premier abord fleure bon la novlangue.

Services publics: La Poste et le désert français Par Xavier Théry
A en croire Xavier Théry, l'Etat s'est engagé dans une lutte à mort avec le service public. Après EDF et France Télécom, il s'attaque à un symbole: La Poste. Mais privatiser la Poste, c'est risquer d'accentuer encore la désertification de miliers de bourgs et de villages. C'est aussi, en creux, la promesse de démanteler tous les autres reliquats du service public.

Les dirigeants de La Poste font leur tournée en BMW Par Gérald Andrieu
Les cadres « stratégiques » de La Poste peuvent désormais disposer de BMW série 5 en guise de véhicules de fonction. Voilà une fine idée à l’heure où les employés craignent pour leur avenir…

Pétition pour La Poste: il n'est jamais trop tard pour dire Non Par SuperNo
4,5 millions de signatures... si la pétition de Michel Vauzelle accède à ce lointain Graal, La Poste sera peut-être sauvée. SuperNo soutient cette action, mais cède à la tentation d'un petit rappel: Michel Vauzelle n'a pas toujours été contre l'Europe libérale. En 1992, il avait milité pour le Traité de Maastricht.

Défendre la Poste, le service public? Le PS s'en fout un peu! Par Gérald Andrieu
À l’heure où La Poste est attaquée, le Parti socialiste dispose d’une arme redoutable : une Charte des services publics élaborée par Michel Vauzelle, le président de la région PACA. Mais cette arme, aussi redoutable soit-elle, les dirigeants du PS ne semblent pas vouloir s’en saisir. Encore moins la brandir fièrement.

La Poste 100% public ou quand Estrosi s'emmêle les pinceaux Par Sylvain Lapoix
100% publique La Poste ? En choisissant la forme sociale d'une Société anonyme et en n'injectant « que » 2,7 milliards d'euros pour préparer le groupe à la concurrence européenne, Christian Estrosi lève un sérieux doute : et si on nous refaisait le coup de GDF ?


Alors? Aux urnes!

La carte des bureaux de vote









LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez