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La Défense : comment Jean Sarkozy a mis Devedjian dehors

Hervé Nathan - Marianne | Jeudi 8 Octobre 2009 à 11:01 | Lu 26830 fois

La lutte pour la présidence de l’établissement public d’aménagement de la défense a été longue et souterraine. Le « vieux » Devedjian a dû céder au « Prince Jean ».




C’est un combat entre le vieux lion d’Antony, Patrick Devedjian 65 ans, ministre de la Relance, président du conseil général des Hauts de Seine, et le jeune tigre de Neuilly,  Jean Sarkozy, 24 ans, jeune marié, conseiller général et président du groupe UMP du 9.2. L’enjeu : la grosse cagnotte de la Défense, c’est-à-dire la place de président de l’Etablissement public chargé de construire et de céder les millions de mètres carré de bureaux du premier pôle tertiaire d’Europe…

Dieu sait que Devedjian tenait à cette place. Pour des raisons de pouvoir (c’est la principale opération d’aménagement de l’Ile de France, et même de France tout court), et sentimentale, puisqu’il est né…à La Défense, celle d’avant, quand c’était encore un carrefour routier mal pavé entouré de pavillons populaires… Le président des Hauts-de-Seine pensait avoir trouvé le moyen de continuer longtemps à régner sur les tours de l’Ouest parisien, et même d’étendre son pouvoir.

La Défense était jusqu’à présent constituée de deux territoires : celui regroupant des morceaux des communes de Puteaux et Courbevoie, sous l’égide de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense d’une part et celui situé sur  Nanterre (Etablissement public d’aménagement Seine Arche, Epasa). L’Epad était à droite, au département de 9.2. L’Epasa, à gauche, à la municipalité communiste de Nanterre.  En 2007, la droite sarkoziste décide de donner un coup de fouet à la construction de tours à la Défense, en mettant la main sur le territoire de l’Epasa, plus vaste, indispensable pour de nouvelles infrastructures (gares…) et  pour densifier le bâti.

Monsieur Jean va va cotoyer le gratin de la finance internationale


La Défense, c’est le cœur de l’Ile-de-France pour les élus de droite. Il faut donc un nouvel établissement public regroupant Epad et Epasa, qui sera sur pied en décembre prochain, éjectant au passage les élus de Nanterre de toute responsabilité. A l’occasion de la rédaction du décret indispensable, Patrick Devedjian  a tenté à plusieurs reprises de faire sauter la limite d’âge (65 ans), actuellement imposée pour la présidence de l’Epad. Mais rien n’y fit : à chaque fois que le projet de texte revenait du ministère de l’équipement, la barre fatidique figurait bel et bien ! Et dire que le président Sarkozy imagine de faire examiner le report de l’âge de la retraite à 67 ans en 2010…
 

Pourquoi donc attendre décembre ? s’est dit Sarkozy-le-jeune, qui n’a vraiment aucun respect pour les aînés. La barre de 65 ans valable pour l’EPAD est déjà dépassée depuis l’anniversaire de Devedjian, le 26 août.  Profitant de l’absence de Devdejian, parti à DuBaï pour rechercher des investisseurs pour la Défense, il bat le rappel de la sarkozie locale, les Balkany en tête, qui lui apportent le soutien du groupe UMP des Hauts-de-Seine, ultra majoritaire. Le tour se jouera le 4 novembre prochain. De son bureau de La Défense, Jean Sarkozy pourra donc côtoyer le gratin de la finance et de l’industrie française (Total, EDF, Société Générale…), et celui de l’immobilier international. Encore imberbe, il sera « Monsieur 550000 mètres carré » (la surface de bureaux à construire). « Jean Sarkozy n’a aucune légitimité pour assurer la présidence de l’Epad. Il n’en est même pas administrateur. De plus, Neuilly, dont il est conseiller général, ne se situe pas dans le périmètre d’aménagement de l’opération d’intérêt national. Il s’agit de d’assurer la pérennité du clan », s’insurge Patrick Jarry, maire de Nanterre.



Mais le coup est bien parti : Jean Sarkozy aura un rôle majeur dans l’aménagement de l’Ile-de-France, grand oeuvre présidentiel. Gageons que les deux premiers grands chantiers seront la liaison ferroviaire La Défense-Roissy et la couverture de la RN 13 qui traverse Neuilly. Et puis Jean Sarkozy pourra contempler le siège du conseil général. En 2011, la présidence sera à prendre. 


 Article actualisé à 12h30





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