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L'écologie, c'est surtout beaucoup d'énergie

Reversus - Blogueur associé | Samedi 5 Décembre 2009 à 15:39 | Lu 6304 fois

A l'occasion de l'ouverture du sommet de Copenhague, Reversus nous livre une réflexion fondée sur le livre de Jean-Marie Chevalier, Les Nouveaux défis de l’énergie.



Il est important de comprendre pourquoi la problématique énergétique est à ce point centrale en vue des négociations du sommet de Copenhague. La consommation d’énergie, au sens large (c’est-à-dire la génération d’électricité et de chaleur, le transport et l’industrie), est responsable des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) vraisemblablement responsable du réchauffement climatique .

La consommation d’énergie est nécessaire à la vie humaine, afin de se chauffer, de se déplacer, de faire fonctionner les industries, de générer l’électricité indispensable dans les économies développées… Pourtant 80% de l’énergie que nous utilisons provient des énergies fossiles, qui sont par définition émettrices de GES et Ã©puisables. Cette situation engendre fatalement des tensions économiques, mais aussi géopolitiques car les réserves fossiles sont très localisées.

L’objectif que Jean-Marie Chevalier s’est assigné tout au long de son ouvrage est d’aborder les défis énergétiques à travers le prisme des trois grandes crises que nous traversons actuellement : la crise énergétique, la crise économique mondiale et la crise climatique. Pour cela, l’auteur est assisté de professeurs et de doctorants de l’université Paris Dauphine, principalement issus de l’équipe du Centre de Géopolitique de l’Energie et des Matières Premières (CGEMP).

La structure du livre a été pensée de telle sorte que chaque chapitre correspondent à une zone géographique du monde bien particulière : l’Asie, la Russie, l’Afrique, le Moyen-Orient, les Etats-Unis et l’Europe . Un découpage intelligent car les problématiques sont extrêmement différentes selon les régions du globe dans lesquelles on se trouve même si chacune est impactée d’une façon qui lui est propre par les trois crises précédemment évoquées.


Par exemple les pays en développement cherchent la croissance, ce qui passe par l’utilisation d’énergie pour produire de la valeur (des produits manufacturés), mais ils privilégient la solution la moins onéreuse qui se révèle souvent la plus polluante en terme d’émissions de GES et autres : le charbon . C’est ainsi que les économies asiatiques deviennent dépendantes du carbone.

D’autre part les pays producteurs de pétrole ou de gaz souffrent toujours de la maladie hollandaise (il n’y a guère que la Norvège qui ait réussi à éviter la « malédiction pétrolière Â»), ce qui nuit énormément à leurs économies intérieures. Cela est à mettre en parallèle avec la dépendance énergétique des pays développés, notamment celle des Etats-Unis . Les concepts de sécurité de la demande et des approvisionnements sont ici centraux dans la géopolitique de l’énergie.


Le rôle de la finance demeure déterminant dans ce monde énergétique caractérisé par une forte volatilité des prix. La flambée du prix du pétrole et sa brutale chute en 2008 ne plaide pas en  faveur des marchés financiers. Les auteurs de ce chapitre restent en tout cas mesurés dans leurs conclusions et tout en reconnaissant des avantages, pointent du doigt certains dysfonctionnements possibles qui perdurent.

Ce livre est donc essentiel si l’on veut avoir un panorama du monde énergétique actuel car il est à la fois synthétique et très documenté avec de nombreux chiffres et graphiques à la clé. Cependant le lecteur qui désirerait obtenir une vision historique de la scène énergétique mondiale devra se rabattre sur le précédent livre écrit par Jean-Marie Chevalier à savoir Les grandes batailles de l’énergie. Un ouvrage lui aussi essentiel qui permet de mieux comprendre l’inertie de certains comportements politiques actuels .



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