L’arc républicain chasse Aeschlimann d’AsnièresPropos recueillis par Pauline Delassus | Dimanche 16 Mars 2008 à 21:00 | Lu 10650 fois
À Asnières, la liste de «l'arc républicain», qui regroupe la gauche, le Modem et la droite républicaine semble bien sur le point de battre le maire sortant UMP Manuel Aeschlimann. PS, Modem et divers droite vont sans doute gérer la ville ensemble. Principal objectif : assainir la démocratie et les finances.
Josiane Fischer a été, jusqu’en 2001, adjointe au maire UMP Manuel Aeschlimann à Asnières, dans les Hauts-de-Seine. Elle est désormais fortement opposée à la gestion de la ville par ce dernier, un proche de Nicolas Sarkozy aux méthodes très contestables et contestées, dont Marianne a déjà rendu compte à plusieurs reprises. Sa liste divers droite a remporté au premier tour 12,4% des voix, quasiment à égalité avec celle du Modem (12,3%), derrière celle du Parti socialiste (33,7%). Josiane Fischer est à l’origine d’une alliance républicaine des trois listes qui a permis d’éviter la réélection de Manuel Aeschlimann, à la tête de la ville depuis 1999.
1-Comment s’est formée cette alliance ? Josiane Fischer: Pendant la campagne, le mécontentement face au maire se faisait déjà sentir parmi les militants. Nous avons lancé l’appel au rassemblement contre la politique menée par Aeschlimann après le premier tour lorsque nous avons constaté qu’avec un score de 41%, les citoyens, eux aussi, désavouaient leur maire. À partir de là, nous avons travaillé sur un programme commun. Ça a été facile, nos idées pour la ville sont proches. Le constat est le même sur la politique d’Aeschlimann, tout comme les solutions proposées. De plus, nous avions déjà mené des actions communes avec le PS et le MoDem pour dénoncer le refus du maire de publier le rapport de la chambre régionale des comptes. 2- Quelles sont les mesures phares de ce programme ? J.F. : Tout d’abord, lutter contre la corruption de la démocratie. À Asnières, la liberté d’expression était jusqu’ici bafouée, il n’y avait pas de réunion publique, ni de comptes-rendus des conseils de quartiers. Nous voulons également lutter contre la corruption financière : ne plus gaspiller l’argent public et réduire les dépenses. Depuis 1999, la dette a doublé et les impôts locaux ont augmenté alors que l’investissement dans la ville est très en dessous de la moyenne (400 euros par habitant au lieu de 800). Enfin, il faut rattraper le retard en matière d’équipements : écoles, crèches, espaces verts, sport, culture et parkings. Proportionnellement aux résultats du premier tour, le socialiste Sébastien Pietrasanta sera maire, je serais moi-même première adjointe chargée de l’urbanisme et de l’équipement et le MoDem Christian Leblond sera également adjoint. 3- Cette alliance est-elle transposable au niveau national ? J.F. : C’est avant tout un arc républicain face aux dérives de la démocratie dans la ville d’Asnières. L’alliance reflète le suffrage des électeurs, et pour une fois le conseil municipal sera représentatif du plus grand nombre. En cela nous sommes peut-être des précurseurs, les élus s’engagent pour leur ville, sans souci des étiquettes politiques. C’est une vision moderne de la politique qui rappelle d’ailleurs l’appel républicain de Marianne. Notre alliance est exactement dans le même esprit, sauf que nous ne nous positionnons pas par rapport au Président Sarkozy. Ce dernier a d’ailleurs complètement lâché Aeschlimann, tout comme l’UMP. 4- Ce soir, quel est votre sentiment ? J.F. : Nous sommes très heureux, mais nous avons énormément de travail. Notre première mesure sera d’organiser un audit des finances puisque jusqu’ici le maire a maintenu l'opacité sur la réalité de la situation financière de la ville.
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