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L'Emprunt national, un grand classique

Mercredi 24 Juin 2009 à 07:50 | Lu 11303 fois I 23 commentaire(s)

Bernard Maris - Blogueur associé

AVec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Rente Pinay, emprunt Giscard, emprunt Balladur, l'emprunt est une vieille technique de gouvernement française. Il est plus coûteux s'il s'adresse aux marchés financiers plutôt qu'aux Français.


opendemocracy (www.flickr.com/photos/opendemocracy) - Flicker - cc -
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Le grand emprunt n’est pas une nouveauté, c’est même une tradtion en France. Et quand on parle d’emprunt, on pense à Pinay. 1952-1953 : Antoine Pinay entend rompre avec la politique d'investissements publics que ses prédécesseurs mènent depuis 1948 et entame une politique d’économies budgétaires, de déflation. Pour favoriser les rentrées de capitaux, il fait voter une amnistie fiscale et procède, le 29 mai 1952, à l'émission de « la rente Pinay », elle est indexée sur l'or et bénéficie d'une exemption fiscale totale (taxe proportionnelle, taxe progressive, surtaxe et surtout droits de succession). C’est par la rente Pinay que la bourgeoisie franaçise va échapper à l’impôt sur les successions. Pinay réussit à casser la croissance de la France, bien supérieure à la croissance de l’Allemagne. La France, qui était en train de se réindustrialiser à toute vitesse, passe derrière l’Allemagne. En 58 Pinay remet ça avec un nouvel emprunt indexé sur l’or et une nouvelle amnistie.

Il y a eu ensuite l’emprunt Giscard, un emprunt genre Pinay, indexé sur l’or aussi, donc très favorables aux rentiers, et qui, comme les précédents coûte très cher aux contribuables, parce que l’Etat rembourse beaucoup plus qu’il ne paye. L’emprunt Balladur aussi, en 1993, s’était révélé extrêmement coûteux pour l’Etat à cause des exonérations fiscales destinées à le rendre attractif. C’était déjà un emprunt destiné à favoriser l’investissement public, comme le sera l’emprunt Sarkozy.

Qui va prêter à l’Etat ?
Il faut savoir que ce sont les personnes aisées qui souscrivent à un emprunt. Mais veut-on que ce soit les Français qui souscrivent, ou se contentera-t-on d’aller sur les marchés financiers ? Dans le premier cas il faudra des cadeaux : un taux d’intérêt plus élevé que sur les marchés et des exonérations fiscales. De sorte que l’emprunt, qui est destiné à éviter les hausses d’impôts aboutira non pas à une hausse d’impôt, mais un transfert d’impôt. Il faudra bien que le Trésor public rembourse, et il le fera avec la TVA, la TIPP, bref par les impôts payés par ceux qui n’ont pas souscrit. Comme pour la dette publique, (l’Etat va émettre près de 150 milliards d’euros d’emprunts cette année pour boucler son budget) l’emprunt sera un transfert de richesse de certaines catégories peu aisées vers d’autres.

En fait l'intérêt de cet emprunt est d'abord  symbolique. On peut fédérer les Français autour de l’éolien, du solaire, du ferroutage, que sais-je... souvenez-vous des emprunts Russes, massivement souscrits par les Français, et qui finançaient les chemins de fer de la Russie tsariste. L’emprunt national traduit un élan vers la croissance... Espérons qu’elle sera verte !

La phrase : « La politique est peut être le seul métier pour lequel on estime qu’aucune préparation n’est nécessaire » Stevenson, cité par Alain Rey, dans son beau livre A bas le gênie ! Fayard.








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