A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique
L'Angleterre menace de taxer les joueurs de footRégis Soubrouillard | Samedi 16 Mai 2009 à 07:01 | Lu 7000 fois
Dominateurs du foot européen depuis le début des années 90, les clubs de premier league craignent de voir leur hégémonie prendre fin avec la mise en place d'une nouvelle taxe pour tous les salaires supérieurs à 166.000 euros annuels et la dévaluation de la livre.
Didier Drogba (cc flickr by Chrystian Cruz)
Le football le plus riche du monde bientôt au pain sec et à l’eau ? Nous n’en sommes pas là . En revanche, le modèle de la premier league anglaise qui attirait les milliardaires de Russie ou du Moyen-orient et débauchait les plus grands manieurs de ballons à coups de dizaines de millions d’euros, trustant les meilleures places européennes a du plomb dans l’aile. Dans la dernière étude du cabinet Deloitte, le foot anglais explosait les records de chiffre d’affaires avec 2,3 milliards d'euros. Loin devant la bundesliga (1,4 milliard), la liga espagnole (1,32 milliard), le championnat italien (1,16 milliard) et la ligue 1 française (970 millions).
Avec une masse salariale galopante proche de 1,3 milliard d’euros, peu de clubs anglais affichent des comptes à l’équilibre. Et en temps de crise, difficile d’exempter les hyper-fortunés footballeurs des efforts demandés au reste de la population. Le gouvernement britannique s’est résolu à augmenter les impôts -une sorte d’ISF…- passant le niveau des taxes de 40% à 50 % pour les revenus annuels supérieurs à 166.000 euros, soit la moyenne des revenus mensuels (!!) des footballeurs anglais. Les nababs du foot moins généreux
Cette nouvelle taxe qui entrera en vigueur en 2010 a déjà fait bondir les entraîneurs et propriétaires de clubs qui craignent de voir leur hégémonie européenne remise en question. De leur côté agents et joueurs font déjà leurs calculs afin de savoir si leur indéfectible attachement à la perfide Albion et leur amour du public anglais méritent finalement tant de sacrifices.
« Ces mesures d'augmentations d'impôts entraîneront une fuite de nos joueurs professionnels vers l’Espagne, où un taux de l'impôt sur le revenu de 24 pour cent s'applique » selon l’analyse d’Andrew Shaw, consultant fiscal spécialisé pour un groupe spécialisé et interrogé récemment dans le Birmingham Post. Et les ennuis ne font que commencer pour les clubs anglais car la nouvelle loi fiscale vise également à empêcher les employeurs de réduire artificiellement la charge fiscale sur le bénéfice du logement fourni par leur employeur. Or, les clubs les plus fortunés prennent souvent en charge les logements de leurs vedettes. S’ajoute à cela une crise qui fait fuir les sponsors et diminue de beaucoup la générosité des nababs qui tenaient à bout de bras certains clubs. Le manager français d’Arsenal, Arsène Wenger, est déjà monté au créneau s’inquiétant qu’une dévaluation de la livre ne vienne aggraver la situation. La plupart des joueurs originaires de la zone euro risqueraient alors de demander des augmentations de salaire substantielles. La crise n'épargnera donc personne !
Voir les 20 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager

