Kouchner en martyr des médiasRégis Soubrouillard - Marianne | Mardi 10 Novembre 2009 à 11:01 | Lu 14261 fois
Invité de la matinale de France-Inter, Bernard Kouchner a passé un moment difficile, obligé de se prononcer sur la présence du chef de l'Etat à Berlin le 9 novembre alors que l'heure est aux célébrations, d'expliquer la mission de Jack Lang en Corée du Nord, les échanges de l'UMP avec le PC Chinois, les lenteurs des diplomaties françaises et européennes. Kouchner a fini par craquer réclamant des questions sympathiques. Après tout, il paie des impôts, il a droit à une interview gentille!
Rude tâche que celle de chef de la diplomatie…surtout quand on la pilote pas vraiment. Tout se passe à l’Elysée et Sarkozy se réserve les jolis coups susceptibles de bâtir l’histoire d’un quinquennat.
Le président de la République aurait au moins pu laisser son ministre des affaires étrangères s’occuper des basses œuvres diplomatiques. Pas même. Le président raffole des missionnaires. Chacun son continent, chacun son pays. Robert Bourgi pour l’Afrique, Jack Lang en Corée du Nord. Restait à Bernard Kouchner le coup de colère médiatique et le talent de la mise en scène et pourquoi pas le récit des grandes rencontres. Tu parles ! Il n’a même plus ces os à ronger. L’exercice diplomatique oblige à la réserve et les médias ne raffolent pas des seconds rôles. Kouchner a donc choisi une autre posture, celle du martyre médiatique. Invité ce matin de France-Inter a tenté, tant bien que mal, de jouer son rôle marquant son accablement dès les premières questions. Quant au récit des grands moments d’histoire. Avec Sarkozy, tout prend une saveur particulière. Le président a la mémoire qui « flanchouille » sur la date de sa présence exacte à Berlin en 1989. Et voilà comment un moment d’histoire devient une bataille de calendriers. Kouchner est las : « ce n’est pas une polémique intéressante. Vraiment c’est pas intéressant comparé à ce qu’il s’est passé cette nuit J'ai entendu le président. Vous ne m'apprenez rien et vous n'apportez aucune preuve ». Le journaliste tente une relance : « mais vous n’êtes pas troublé… ». Kouchner énervé « Monsieur, je ne suis pas troublé et je ne veux pas vous répondre, c’est dérisoire ! Monsieur, voulez-vous me rendre muet, ça n’est pas intéressant !». Kouchner veux des questions sympathiques !!
Un répit sur le futur haut-représentant de l’Union Européenne, une force européenne politique : « Pourquoi pas Kouchner » pour l’incarner. Le ministre pouffe.
La suite de l’émission sera un long calvaire. Et Xavier Bertrand qui va serrer la paluche aux dirigeants du PC Chinois ? Et Clotilde Reiss en Iran, et Florence Cassez au Mexique, ça avance ? Et Ben Ali réélu pour la cinquième fois en Tunisie avec 90% des voix ? Et Jack Lang qui part en Corée du Nord ? Et Besson qui renvoie trois Afghans dans un pays en guerre, c'est la solution ? Et le Mur Israelien, pourquoi il tient celui-là? A deux doigts de bouder, Kouchner craque pour de bon : « vous n’avez pas des questions sympathiques et positives à me poser ! ». Les journalistes en studio en restent cois. « C'est vraiment trop inzuste » ce monde avec ses guerres et ses crises...
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