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Kessler patron du Medef? Chiche! Et un Conti chef de la CGT!

Lundi 18 Janvier 2010 à 17:00 | Lu 12396 fois I 58 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Dans un long entretien aux Echos, le président du Siècle affirme ne pas être candidat à la succession de Laurence Parisot. Mais tout le reste de l’interview laisse pourtant entendre le contraire. En voilà une bonne nouvelle…


«J'ai rejoint le CNPF en 1991, et ai participé au Medef de 1998 à 2002 : je ne suis donc pas un perdreau de l'année. J'en connais les heurs et malheurs. Je ne suis pas candidat, mais je continue à être passionné par le rôle des entreprises dans la société française à un moment de mutation très intense. On peut être mélomane sans être musicien. » Et peut-on sincèrement ne pas vouloir prendre la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef et accepter, dans le même temps, une pleine page d’entretien sur la crise et ses conséquences dans Les Echos. Il est gentil, Denis Kessler, mais ne nous prendrait-il pas, nous, pour des « perdreaux de l’année » ? Ces jours derniers, les médias l'annonçaient tous comme l'un des challengers possibles de Parisot et maintenant il fait mine de nier.


Mais dans cette même interview, il reconnaît tout de même que le Medef a besoin de changement. Il le dit à sa façon, en avançant masqué : « La crise est difficile pour toutes les organisations. Beaucoup d'entreprises ont dû s'adapter en profondeur à la crise. Le moment est sans doute venu que l'organisation qui les représente procède à la même démarche. » Voilà donc l’actuel PDG de SCOR et président de cette très « noble » et très « humaniste » organisation qu’est Le Siècle qui avance ses pions. À la manière d’un Strauss-Kahn : ne surtout pas se dévoiler, susciter le désir et finir par apparaître aux yeux de tous comme l’homme providentiel (DSK et DK ont d’ailleurs débuté leur carrière ensemble)…


Si tel devait être le cas, il ne faudrait pas imaginer voir l’organisation patronale sous Kessler prendre un virage progressiste. Loin de là. Notre homme a beau avoir joué les étudiants marxistes par le passé, il est aujourd’hui plus libéral que jamais. Qui, fin 2007, dans un éditorial publié dans Challenges trouvait l’« architecture » de notre modèle social « complètement dépassée, inefficace, datée », « ne [permettant] plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. » Qui encore estimait que cette « architecture » se « traduisait par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires » ? Celui-là même qui, aujourd’hui, dans les colonnes des Echos répond à la question « Nicolas Sarkozy réalise-t-il les bonnes réformes ? » de la sorte : « Trente ans d'absence de véritables réformes ne se rattrapent pas en deux ans ! Notre pays n'est plus adapté au monde qui s'ouvre. Il faut tout remettre à plat : les universités, l'organisation administrative, les retraites, la protection sociale… cela prendra du temps. Pour y arriver, tout le monde doit être sur le pont, y compris les entreprises et le patronat. »


Et Kessler, aussi, apparemment. On appréciera le serment d'allégeance prêté en passant. Mais qu’importe. Si les patrons veulent pour représentant le PDG de SCOR, qu’il en soit ainsi. Il faudrait alors que Bernard Thibault cède, lui, sa place à la tête de la CGT au plus mordant des Contis. Telle devrait être la logique implacable de la lutte des classes : Un enragé au Medef = Un enragé à la CGT. Et on se retrouvera dans la rue ! Pour faire bonne figure et botter les fesses à Kessler, un Xavier Mathieu, c’est un minimum !



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