Marianne2 2012

Karl Zéro cinéaste de la bouffonnerie complaisante

Jeudi 8 Mai 2008 à 00:07 | Lu 13437 fois I 43 commentaire(s)

JR

Par JR. Le faux trublion des médias Karl Zéro signe un nouveau film, peu inspiré. En s'appelant Zéro, au moins Karl ne trompe personne sur la qualité de son film.


Puisque personne ne parle du film Starkozy, le dernier navet écrit par Karl Zéro, je veux bien me dévouer. Starkozy, c'est le film donné en cadeau bonux avec VSD dans sa livraison d'il y a quinze jours et qui sera diffusé sur la chaîne 13° Rue le 9 mai. Le principe, déjà éprouvé par Zéro (un peu plus inspiré) avec Chirac, est simple : on prend des images d'actualité sélectionnées par un documentaliste on les fait commenter par un imitateur du personnage principal, sur un texte sans doute écrit par Zéro. Résultat pour Starkozy, un texte plat sur des images que tout le monde a déjà vues. Et un léger malaise, comme toujours avec Zéro, l'amuseur des puissants : l'impression persistante que pour l'auteur, Sarkozy n'est pas une cible, mais un copain qu'on aime chambrer à son mariage en lui montant un film rigolo pour l'occasion.


Pour Zéro, la politique c'est rigolo
Zéro aime Sarko. Il est comme lui. Zéro aime la caméra, il aime tutoyer, il aime les pipoles, il aime bosser avec sa femme et la montrer à la télé. Il connaît bien les médias et, quand il fait un truc, il sait se faire inviter sur les plateaux des chaînes de télé et faire monter le buzz sur le net.
Zéro aime comme lui qu'on parle de lui et il est prêt à tout pour avoir l'air d'un héros. Bien sûr il ne va pas sauver des gentils otages des mains de vilains terroristes mais, pour apparaître comme le champion de l'information qui va dénoncer les puissants et dire la vraie vérité dans son Vrai journal, tous les moyens sont bons : y compris payer une voiture à une fille pour qu'elle raconte son histoire en exclusivité chez lui.
Comme Sarko, Zéro trouve que la politique c'est drôlement rigolo. Et coïncidence, comme Sarko, Zéro et la bande rigolote de sa jeunesse, Jalons, a fait un bout de chemin avec un bon manager de comiques politiques, Charles Pasqua.

Zéro, c'est marqué dessus
Enfin comme Sarko, Zéro sait jusqu'où il ne faut pas aller avec les puissants : rappelez-vous l'épisode du film de Pierre Carles Pas vu pas pris sur la connivence entre politiques et journalistes. Finalement, Zéro laissera tomber son ami Carles et contribuera à enterrer le film. Parce que cette connivence que ce film dénonçait, au fond, c'est sa marque de fabrique, son fond de commerce assumé, lui qui aime tant tutoyer tout le monde.
La connivence favorise rarement le talent chez les journalistes ou chez les comiques. Zéro n'est ni l'un ni l'autre. Comme Sarko qui n'est ni vraiment président ni vraiment show-biz, Zéro se cherche. Bouffon complaisant de son maître, il a produit une oeuvre qui n'a qu'une qualité : signée Zéro, on n'est pas trompé sur la qualité. Comme le Port-Salut c'est marqué dessus.







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