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Karachi n'a pas livré tous ses secrets

Samedi 14 Août 2010 à 05:01 | Lu 6894 fois I 14 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Corruptions, services secrets, politique, financement de campagnes électorales et représailles sanglantes, l’affaire de Karachi est un thriller politique. Sanglant. L'affaire n'a rien d'un roman. Onze ingénieurs Français y ont laissé la vie. Au centre de l'intrigue, Edouard Balladur et son ministre du Budget de l'époque Nicolas Sarkozy qui auraient perçu des commissions liées au contrat d’armement signé avec le Pakistan en 1994.


Karachi n'a pas livré tous ses secrets
Karachi, c’est le Sarkogate d’avant l’affaire Woerth. Une façon comme une autre de résumer que le président de la République accumule les soucis. Et pas les plus légers.

Corruptions, services secrets, politique, financement de campagnes électorales et représailles sanglantes, l’affaire de Karachi est un thriller politique. Sanglant. La France aurait payé de la vie de 11 ingénieurs français de la Direction de la construction navale dans un attentat perpétré en 2002 dans la métropole pakistanaise la rupture d’un «deal» (un système de «rétro-commissions») avec les services secrets pakistanais.

L’affaire rebondit au début du mois de juin 2010, le site Médiapart révèle qu’un rapport de synthèse de policiers luxembourgeois fait apparaître pour la première fois le nom de Nicolas Sarkozy.

A quelques jours d’un repos bien mérité au Cap-Nègre, Nicolas Sarkozy, recevait justement le président pakistanais Asif Ali Zardari, déjà présent dans le gouvernment de son épouse  Benazir Bhutto, en 1994 quand la France balladurienne céda 3 sous-marins nucléaires à son pays.

Surnommé  «Monsieur 10%», « à l'image du pourcentage de commissions occultes qu'il était censé réclamer sur chaque gros contrat » selon Sarkofrance, l’affaire aura ainsi occupé les derniers jours de travail du chef de l’Etat avant son repos estival.

Aujourd’hui le juge anti-terroriste Marc Trividic privilégie l’hypothèse d’une vengeance pakistanaise suite à l'arrêt du versement des commissions occultes décidées par Chirac en 1995. Il soupçonne aussi un financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, par rétro commissions, dont Nicolas Sarkozy était alors le directeur de campagne.

A Sarkozy qui qualifiait ces hypothèses de «fable» en juin 2009, la police luxembourgeoise a depuis rappelé que l'actuel président français avait supervisé la création de la société offshore en charge des commissions pakistanaises quand il était ministre du Budget d'Edouard Balladur.

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