Marianne2 2012

Karachi : le document qui accuse Bruguière

Vendredi 7 Octobre 2011 à 18:01 | Lu 11636 fois I 9 commentaire(s)

Frédéric Ploquin - Marianne

Marianne publie demain une enquête sur la façon dont l'investigation judiciaire concernant l'attentat de Karachi a été menée. Apparemment, un rapport important écartant la piste d'Al-Qaida a été écarté par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière. Pourquoi ?


Dans l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui a causé la mort de 11 ingénieurs de la Direction des chantiers navals en 2002, il y a deux temps : avant et après 2007. Avant, c’est le célèbre juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière qui mène l’instruction.

A son départ à la retraite, et alors qu’il entend se présenter aux législatives sous l’étiquette UMP, le juge Jean-Marc Trévidic prend le relai. Son approche du dossier change radicalement. Largement inspiré par les notes de la DST, comme on appelle alors le contre-espionnage français, le juge Bruguière ne voit qu’une hypothèse possible : celle d’un attentat commandité contre la France par l’organisation chapeauté par Ben Laden : Al Qaeda.  Son successeur, sollicité par les familles des victimes et leur avocat, Olivier Morice, ouvre la porte vers une autre hypothèse, celle d’une vengeance après l’arrêt du paiement des commissions liées à la ventre de sous-marins français au Pakistan.

Le juge Trévidic met ainsi à jour plusieurs éléments troublants concernant la gestion de l’instruction. Notamment celui-ci : l’évaporation  du rapport de deux légistes français chargés d’autopsier les restes de celui qui a été, un peu vite peut-être, présenté comme le kamikaze.  Lors de son audition, le 16 mai dernier, le juge Bruguière est formel : on ne lui a jamais remis ce rapport. Une note déclassifiée de la DST, datée du 13 juillet 2002, stipule pourtant que les experts français « ont récemment rendu leur rapports de mission aux magistrats ».

Une autre pièce, plus gênante encore, vient d’être versée au dossier : une demande de commission rogatoire internationale adressée par la DST au juge Bruguière, faisant clairement référence aux expertises. Le juge a-t-il orienté l’enquête pour plaire à la fois au camp Chirac, qui dirige désormais le pays, et au camp Balladur, soupçonné d’avoir détourné une partie des commissions pour financer la campagne présidentielle de 1995 ? Enquête complète à paraître dans Marianne demain.

Karachi : le document qui accuse Bruguière








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez