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Jouyet: petits actionnaires, tendez l'autre joue!

Régis Soubrouillard - Marianne | Mercredi 10 Février 2010 à 11:12 | Lu 14693 fois

Invité ce matin de Nicolas Demorand sur France Inter: Jean Pierre Jouyet, président de l'Autorité des Marchés Financiers. Considéré comme le gendarme de la Bourse, il est surtout apparu comme un gendarme sans arme sinon celle de pointer les lacunes et l'amoralité du système.



Présidée par Jean-Pierre Jouyet, l’Autorité des Marchés Financiers est aussi surnommée le gendarme de la Bourse. A sa création, elle avait pour principales missions de « veiller à la protection des épargnants dans le cadre des entreprises faisant appel public à l'épargne ou dans le cadre d'introduction d'instruments financiers sur les marchés financiers », « veiller à la régularité de l’information donnée aux acteurs des marchés financiers » et « veiller au bon fonctionnement des marchés financiers ». Plus d’un an après la crise, le témoignage de Jean-Pierre Jouyet le matin sur France Inter a prouvé que le « machin » régulateur est d’abord et avant tout un gendarme sans arme.

Tout reste à faire. Jouyet, le super gendarme n’a ni flingue, ni troupes, pas même un service de renseignements. « Avez-vous les noms des gens qui sont derrière ces attaques spéculatives ? ».
Réponse contrite : « On a des bruits de marché, mais pas d’enregistrements officiels parce que ces marchés ne sont pas régulés. Il est nécessaire qu'il y ait une certaine transparence sur les ordres qui sont passés. On en est loin et c'est une des lacunes de la régulation ». Pauvre de nous qui pensions qu'après la crise et les G20-qui-changent-tout, la Glasnost financière était en marche...

L'AMF, gandarme sans pouvoir

« Alors, on va se les payer les hedge-funds ?» demande Demorand. Ouh là! Gendarme peut-être. Mais n'est pas GIGN qui veut :« face à ce genre d'agissements nous n'avons aujourd'hui pas de pouvoir.  D'où des effets de surprise qui mettent en péril des autorités publiques mais aussi le sort de populations. Et cela me paraît amoral Â».
Témoignage d'un auditeur, Philippe est un jeune retraité qui a choisi de placer ses économies en actions: EADS et Natixis « Mal m'en a pris Â», commente-t-il désabusé. 
Que peut l'AMF en pareil cas ? Pas grand chose. Envisager des sanctions contre les dirigeants: « Je n'ai pas de pouvoir d'appel quand la commission des sanctions de l'AMF rend une décision. C'est anormal. Il faut réparer cette lacune. Il serait sage que nous ayons des pouvoirs renforcés à l'égard des banques.Et il faut une meilleure indemnisation des victimes épargnantes Â».

Jean-Pierre Jouyet annonce quand même la mise en place à l'AMF d'une direction de relation avec les épargnants mais, attention, tempère aussitôt Jouyet « si vous dégoûtez les épargnants, vous n'aurez pas de financements de l'économie, pas de retours sur le marché action et pas de reprise Â». Bref, hors de question de s'emballer d'autant que le président de l'AMF admet qu'il faudra attendre encore un certain temps pour que le volontarisme affiché par le gouvernement en matière de régulation se traduise en mesures concrètes pour les épargnants.




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