Si l'on en croit Lionel Jospin, le séisme du 21 avril n'est qu'un accident de parcours conjointement dû à la division de la gauche et à la méchanceté de Chevènement, compte tenu de la frivolité de l'électorat ! Pour le reste, sa politique était bonne; malgré quelques faux pas, sa ligne était juste; les 35 heures constituaient un acquis formidable; la gestion de la droite est d'ores et déjà catastrophique; et la gauche, si elle reste unie derrière Hollande, reprendra vite le pouvoir. Les bas salaires bloqués ? La minimisation des méfaits du globalisme néolibéral ? Pas un mot ! La sécurité ? Oubliés les arbitrages systématiques en faveur de Guigou et contre Chevènement... Soudain, d'ailleurs, le «Che», honni, redevient le critère d'un «réalisme retrouvé» et notre politique sécuritaire était excellente, la preuve en est que c'est Chevènement qui la menait. Mais, alors, pourquoi un tel réalisme ne s'est-il pas traduit dans les faits ? Parce que les Verts, les communistes, les gauchistes et certains socialistes s'y sont opposés, reconnaît Jospin. La presse «libérale-libertaire» aussi. Mais pourquoi avoir cédé à ces pressions ? Autant de questions restées en l'air. Ainsi que la dernière: à quoi sert exactement la contribution de Lionel Jospin ?