Jeux en ligne: et Bruxelles dérégulait, dérégulait…Laurent Pinsolle - Blogueur associé | Lundi 12 Octobre 2009 à 11:28 | Lu 3454 fois
La décision de la majorité UMP de libéraliser les jeux en ligne a été prise au nom de l'état de fait. Comme l'explique Laurent Pinsolle, à l'instar du changement de statut de La Poste, c'est une directive européenne qui est à l'origine du projet de loi.
Ça y est, l’Assemblée s’apprête à voter le projet de loi qui autorisera les paris en ligne. Cette évolution, imposée par la réglementation européenne, ne rencontre malheureusement guère d’opposition.
Les défenseurs de ce projet évoquent tout un tas de raisons contradictoires. Tout d’abord, le marché existe déjà, même s’il n’est pas légal, grâce à la couverture que procurent les paradis fiscaux notamment (qui semblent finalement bien s’accommoder des déclarations du G20…). Ensuite, la plupart des autres pays ont libéralisé ce marché. Enfin, comment l’Etat peut-il vouloir limiter les activités des jeux alors qu’il possède la Française des Jeux et le PMU? Mais la réalité derrière cette évolution est à nouveau une réglementation européenne. Alors que la Commission devrait sans doute davantage se préoccuper d’emploi ou du taux de change de l’euro par rapport au dollar, on se demande bien quelle peut être la raison pour laquelle elle contraint les pays de l’Union Européenne à libéraliser les paris en ligne. En quoi cela peut-il correspondre à l’intérêt des citoyens des pays européens de pouvoir parier de manière virtuelle? Les jeux d’argent sont-il une activité comme une autre ? Aux yeux des néolibéraux, il s’agit sans doute d’une activité comme une autre, comme le commerce des reins humains pour The Economist (il ne s’agit malheureusement pas d’une blague, l’hebdomadaire anglais ayant poussé son dogmatisme jusque là…). Pourtant, les jeux d’argent sont une activité qui ne procure pas vraiment de bénéfices à la société. Il s’agit en outre d’une activité dangereuse, qui peut provoquer une addiction destructrice chez certains. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux ne pas confier à des entreprises privées de telles activités. En effet, quand la recherche de profit entre en résonance avec une activité potentiellement addictive qui peut ruiner des personnes, la seule chose que l’on risque de maximiser, c’est le nombre de victimes des excès du jeu. Dès lors, il convient de strictement encadrer cette activité pour limiter au maximum ses conséquences néfastes. Et c’est pourquoi la libéralisation des paris en ligne est une mauvaise décision. Entre l’intérêt des citoyens européens et le dogmatisme néolibéral, Bruxelles et le gouvernement choisissent à nouveau le second. Il serait temps que l’Europe soit du côté des citoyens et pas des intérêts financiers et autres lobbys. Sinon, c’est l’Europe elle-même que les citoyens rejetteront. Retrouvez les articles de Laurent Pinsolle sur son blog
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