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Jérôme Ferrari scande le conte cruel de l'Occident égaréSylvain Lapoix | Dimanche 11 Janvier 2009 à 12:45 | Lu 7792 fois
Dans son nouveau roman (Un dieu un animal, paru chez Actes sud), Jérôme Ferrari explore l'errance occidentale à travers le sort d'un soldat égaré dans le culte de la défaite et de son amour d'enfance avalé par les mythes modernes de l'entreprise. Une fresque poétique et cruelle sur la quête de sens dans un monde sans idéaux.
Dans son village d'origine, le héros du dernier roman de Jérôme Ferrari erre comme dans un cimetière. Engagé volontaire, il a sillonné dans l'armée française le monde des nouvelles guerres jusqu'à perdre la raison et son meilleur ami dans un attentat à la voiture piégée en Afghanistan dans « une armée sans drapeau ». D'un oeil cruel, le narrateur suit ce chevalier sans nom le long d'une chanson de geste où la princesse a été kidnappée par le mouvement de sa carrière, aspirée par l'entreprise, digérée par le culte de la performance. Après un deuxième roman marqué par les mémoires reconstituées de ceux, nationalistes corses, ethnologues ou immigrés forcés, ne se satisfont pas de la réalité, Jérôme Ferrari reprend le couteau pour peindre les veaux d'or qui hantent et torturent les personnages de Un dieu un animal. De sa petite province balnéaire, le héros ne supporte plus que la fontaine où il embrassa, adolescent, Magali, qui ne revint jamais mais qu'il cherche désespérément. Désespéré autant qu'elle, étudiante en psychologie devenue chasseuse de têtes, récompensée d'un trophée en toc pour ses performances par des managers qui pleurent d'émotion en invoquant l'entreprise « comme un être invisible ». Elle a tout donné, tout perdu, égarée dans une petite ville de province, acceptant toutes les règles pour rien. Un chevalier qui vénére la débâcle
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