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Israël prisonnier du complexe de Massada

Rony Brauman | Samedi 17 Janvier 2009 à 07:00 | Lu 8211 fois

Ex-président de Médecins sans Frontière, Rony Brauman ne se contente pas de dénoncer la guerre à Gaza. Il décrypte l'aveuglement israélien qui consiste à ne considérer que la dimension militaire du conflit avec les mouvements palestiniens. D'où la catastrophe à laquelle peut mener ce véritable «complexe de Massada»: soit Israël accepte, comme Rabin en son temps, de négocier avec les représentants des Palestiniens, soit ce sera la destruction mutuelle des deux peuples.



(photo : Amir Farshad Ebrahimi - Flickr - cc)
(photo : Amir Farshad Ebrahimi - Flickr - cc)
« Une fois admise la vertu des bottes de sept lieues, tout s’enchaîne avec une parfaite logique, l’essoufflement de l’ogre comme la célérité du Petit Poucet. » (G. Burdeau, La politique au pays des merveilles, PUF 1979.)

Qu’est-ce qu’une « riposte proportionnée »? Une action militaire à la mesure de l’attaque à laquelle elle répond. Le droit humanitaire proscrit les pratiques provoquant des victimes dans la population civile et des dommages aux biens civils excessifs par rapport à « l’avantage militaire concret et direct attendu ». Convenons d’emblée qu’on serait bien en peine de définir la limite au-delà de laquelle le principe de proportionnalité, qui vise à limiter les destructions et pertes humaines « inutiles », est violé, que ce soit à Gaza ou ailleurs. La retenue dans la conduite de la guerre est un principe élémentaire d’humanité, mais il est vrai qu’une fois les hostilités engagées, la définition de la juste proportionnalité demeure une affaire pour le moins floue, sujette à des interprétations et à des paradoxes infinis. Reste que le rapport de un à cent entre les morts de chaque côté, sans même parler des blessés et des destructions, signale la démesure de l’opération « Plomb durci ». A défaut de savoir ce que serait une juste proportion, chacun peut constater ce qu’est une perte de tout sens de la mesure. La « troisième phase » qui débute au moment où ces lignes sont écrites ne devrait pas être moins cruelle que les deux premières. Mais peut-être le cabinet de sécurité israélien considérera-t-il, au vu des réactions internationales, que ses buts ont été atteints et mettra-t-il un terme à la boucherie plus tôt que prévu...

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