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Internet, bouc émissaire de la crise de la presse

J.Azémar, A. Griveau, L.Grisvard et C.Thomas (IUT de Cannes) | Dimanche 25 Novembre 2007 à 00:05 | Lu 7829 fois

Pour Hervé Gattegno, Internet affranchit les sites d'information des règles du journalisme. Elisabeth Lévy l'a interpellé sur ce point : les journalistes du Net ne sont pas pires que ceux de la presse écrite.



en partenariat avec l'IUT de Journalisme de Cannes
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Sur la Croisette, à deux pas de chez Ralph Lauren, le web s’est fait tailler un costard. C’est la première table ronde des IIIème Rencontres de Cannes, « L’année de tous les dangers, de tous les possibles » qui a mis le feu à la toile. La guerre sainte des médias traditionnels s’est portée sur la crédibilité des informations révélées sur le net. Sous prétexte de pouvoir par la suite les modifier, les journalistes du web ont été accusés de diffuser de fausses informations. Erreur fatale qui n’aurait jamais été commise par les éléphants de la presse ou de la télé... Qui se souvient de la fausse interview de Fidel Castro par PPDA ? Du faux charnier de Timisoara sous la dictature roumaine filmé par toutes les chaînes françaises ? A priori personne, ce qui arrange les médias traditionnels inquiétés par les nouveaux supports. Car pour mener croisade, mieux vaut pointer le canon sur l’ennemi.


Extrait du débat : L'année de tous les dangers, de tous les possibles.




Elisabeth Lévy

Ennemi illégitime, puisque ses vices ne sont pas nouveaux. Ils découlent directement de pratiques journalistiques courantes, pas toujours très reluisantes. Depuis longtemps la presse court derrière le scoop, et préfère souvent l’exclusivité à l’analyse. Invitée des Rencontres de Cannes, la journaliste Elisabeth Lévy a d’ailleurs tenu à remettre les pendules de ce faux procès à l’heure : « Les journalistes Internet ne sont pas pires que ceux de la presse, ils peuvent même faire mieux. » Mais si le web n’est que le miroir grossissant des dérives des médias, pourquoi s’en prendre à lui ? Parce qu’il fait peur.


Hervé Gattegno

Accusé de mal faire son travail, le web fait mal à la concurrence, surtout celle qui n’a pas investi en lui. Hervé Gattegno, rédacteur en chef du Point, a pointé plus aisément du doigt le manque de déontologie du web que le formidable « espace de liberté » défendu par Elisabeth Lévy. « Si dans la presse, un journaliste publie une fausse information, la profession va s’en émouvoir, et il en découlera une rectification, voire une sanction, assure Hervé Gattegno. Or, sur Internet, il n’y a pas de manquements car il n’y a pas de règles, c’est la jungle ». Jungle ou jardin d’Eden, la toile est populaire et c’est peut-être aux mastodontes de l’information de se poser des questions sur la désertion des lecteurs et des téléspectateurs.


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