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Identité nationale: pour une fois, Sarkozy préfère se taire

Bénédicte Charles - Marianne | Mardi 1 Décembre 2009 à 17:39 | Lu 12357 fois

Nicolas Sarkozy devait prononcer, vendredi prochain, un discours sur l'identité nationale. Il vient de déclarer forfait. C'est François Fillon qui, une fois de plus, devra s'y coller. Dur, après la votation suisse de dimanche!



Identité nationale: pour une fois, Sarkozy préfère se taire
Nicolas Sarkozy devait prononcer, vendredi 4 décembre prochain, le discours de clôture du colloque organisé par l’Institut Montaigne sur le thème « Qu’est-ce qu’être français ? »

L’intervention était prévue de longue date. Eric Besson avait même quasiment construit son débat sur l’identité nationale autour de ce qui devait en être le point d’orgue. D’ailleurs, le discours de Sarkozy à l’Institut Montaigne était programmé à l’issue d’une table ronde intitulée : « Comment, concrètement, réhabiliter le sentiment d’appartenance à la communauté française ? » et réunissant Louis Schweitzer, président de la Halde, Patrick Braouezec, député (PCF) de Seine-Saint-Denis et… Eric Besson.

Bref, même s’il y avait peu d’espoir que la question « Qu’est-ce qu’être français ? » trouve une réponse au cours de ce colloque (pour s’en convaincre, il suffit de se référer au programme ci-dessous), cette journée devait être la journée d’Eric Besson. Une sorte de consécration. Nicolas et lui enfin réunis, regardant dans la même direction, main sur le cœur, drapeau tricolore flottant au dessus d’eux… La photo promettait d’être belle.

Raté. Besson devra se contenter du regard las de Fillon. C’est en effet le Premier ministre qui prononcera, vendredi prochain, le discours de clôture du colloque à la place du président de la République. C’est ce que Matignon a annoncé hier en fin de journée.

Identité nationale: pour une fois, Sarkozy préfère se taire
Nicolas Sarkozy a-t-il eu peur de se faire huer, comme au congrès de l’Association des maires de France où il avait, le mois dernier, fort courageusement envoyé François Fillon pour servir de victime sacrificielle à des milliers d’élus locaux que la réforme territoriale avait mis en fureur ?

C’est peu probable, vu le public habituel des colloques de l’institut Montaigne, think tank libéral présidé par un Claude Bébéar qu’on ne saurait soupçonner d’être punk.

La présidence de la République n’a d’ailleurs pas, cette fois-ci, invoqué de problème d’agenda — lors du congrès de l’AMF, Sarkozy avait op portunément programmé un voyage en Arabie Saoudite — mais expliqué tout simplement que « le chef de l'Etat avait déjà beaucoup traité du sujet » à l'occasion de son déplacement à La Chapelle en Vercors (Drôme), le 12 novembre dernier. Argument étonnant de la part d’un président qui aime tant à se répéter — mêmes blagues, mêmes erreurs, voire discours copiés-collés. D’autant plus étonnant que Henri Guaino, auteur du discours de La Chapelle e n Vercors, est plutôt intarissable sur le sujet. Et puis même ? Certaines choses ne méritent-elles pas d’être répétées ?

En fait, il semblerait que Nicolas Sarkozy ait décidé de ne pas se rendre au colloque de l’Institut Montaigne à cause du résultat de la votation suisse sur les minarets, et des effets que cela pourrait avoir, en France, sur le débat sur l’identité nationale.
Apparemment, le président de la République n'a pas trouvé le courage d’aller répéter le 4 décembre devant des dizaines de journalistes ce qu’il avait dit, dans l’indifférence quasi générale, le 12 novembre dernier dans la Drôme. Notamment ceci :

« Devenir français, c’est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs, à des mœurs (…)
La France est un pays où l’Eglise est séparer de l’Etat, où les croyance de chacun sont respectées. Mais la France est un pays où il n’y a pas de place pour la burqa, où il n’y a pas de place pour l’asservissement de la femme. La France est un pays où il n’y a pas de place pour la confusion du spirituel et du temporel. La France est un pays de tolérance et de respect. Mais elle demande aussi qu’on la respecte
».
« Dois-je aussi dire que je persiste et je signe s’agissant du droit à la caricature ? Je préférerai toujours les excès de la caricature à l’absence de droit à la caricature, qui est la marque de tous les régimes totalitaires.. Dans l’affaire des caricatures du Prophète, j’ai choisi le camp de la liberté d’expression parce que, pour moi, c’est cela le cœur de l’identité française ».



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